bienvenue à toi ... métal, vélo et forêt

"J’avais vu mourir trop de monde pendant cinq ans pour ne pas imaginer facilement la mort d’Elzéard Bouffier, d’autant que, lorsqu’on en a vingt, on considère les hommes de cinquante comme des vieillards à qui il ne reste plus qu’à mourir. Il n’était pas mort."

17 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

pollution, gilets jaunes et taxe carbone !

 

En Inde, la pollution fait perdre jusqu’à dix ans d’espérance de vie aux habitants de New Delhi, selon une étude

L’Inde suffoque. La pollution atmosphérique, en particulier dans la capitale, réduit l’espérance de vie des habitants. Les plus modestes, qui n’ont pas les moyens de se protéger, sont particulièrement touchés.

La pollution fait des ravages en Inde et la population en est bien consciente. À cause de la pollution atmosphérique, un habitant perd plus de quatre années d’espérance de vie. Cela peut aller jusqu’à dix années de vie en moins pour un habitant de la capitale New Delhi. Ce sont les conclusions d’une université américaine, qui vient de publier un rapport en enquête sur les conséquences de la pollution en Inde.

Résultat, un nouveau marché, très lucratif, de produits anti-pollution est en train de naitre à New Delhi. Ceux qui en ont les moyens investissent pour se protéger de la pollution.

Du masque au filtre à narine pour se protéger

Les masques ont le vent en poupe. Il y en a de toutes sortes et pour tous les prix : depuis le simple tissu protecteur bon marché, qui ressemble à un masque chirurgical, jusqu’aux plus perfectionnés, qui ont des filtres à carbone intégrés et des coques dures. Ces derniers coûtent entre 30 et 50 euros, soit un prix élevé pour un salaire moyen.

Pour ceux qui ne veulent pas couvrir tout leur visage et avoir l’air de vivre dans un monde apocalyptique, il y a maintenant plus discret pour se protéger les poumons quand on marche dans la rue : des filtres à narines, qui se collent sous le nez. Plusieurs sont maintenant produits en Inde, et vendus pour des prix relativement abordables. Ils offriraient une bonne protection, car il faut savoir que nous respirons 90% de notre air à travers le nez, donc couvrir la bouche ne serait pas essentielle.

Deuxième niveau de protection très à la mode : le purificateur d’air. C’est une machine assez légère et de la taille d’une grande télévision. Et c’est vraiment devenu le nouveau produit électroménager essentiel pour les Indiens de classe aisée. L’investissement est conséquent : chaque purificateur d’air coûte au moins 150 euros. Pour une bonne protection, il faut en avoir un dans chaque pièce de vie et changer leur filtre tous les trois ou quatre mois. Entre les masques et les filtres, certaines familles investissent près de 300 euros afin de tenir pendant les quatre mois d’hiver, particulièrement pollués dans le nord de l’Inde.

Les plus pauvres, premières victimes de la pollution

Une grande partie de la population ne peut pas se le permettre ces dépenses conséquentes. On constate une réelle différence suivant les quartiers de New Delhi. Dans le Sud, plus riche, les personnes se baladent avec leurs masques et beaucoup ont des purificateurs d’air. Dans le Nord ou l’Est, des quartiers pourtant plus denses et où l’air est plus pollué, la population n’a pas les moyens de s’équiper. Cette frange de la population, plus modeste, ignore d’ailleurs souvent les dangers de cette pollution, car ce poison est invisible et tue à petit feu.

 

Elle ne fait pas l’unanimité en France. Pourtant, la taxe carbone emporte l’adhésion de bien d’autres pays.

Approuvée dans les pays nordiques

C’est le cas des pays nordiques : que ce soit en Finlande depuis 1990, en Norvège et en Suède depuis 1991 ou encore au Danemark depuis 1994, la population est soumise à une taxe carbone. Il s’agit même des premières taxes carbones dans le monde. Cette écotaxe vise à imposer les émissions de carbone pour encourager les entreprises et les particuliers à se tourner vers des alternatives moins néfastes pour le climat.

Dans la plupart des cas, ces taxes sur les combustibles fossiles ont été accompagnées de baisses d’autres impôts. Dans le cas du Danemark, l’ensemble des taxes environnementales ont rapporté l’équivalent de 1590 euros par personne, en 2016.

En Colombie-Britannique, les habitants paient une taxe populaire. Le taux fixé en 2008 était de 6,60 euros par tonne de CO2 et augmente de 3,30 euros chaque année pour encourager les changements de pratiques. Cinq ans après son application, les résultats étaient déjà visibles. Elle a permis une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre sans perturbation majeure de l’économie.

Rejetée en France

À l’inverse, les Américains ne sont pas concernés par une telle taxe. Les États-Unis sont d’ailleurs les plus gros émetteurs de carbone de la planète avec 5312 mégatonnes de CO2 par an. Concernant la France, la taxe carbone est le fruit des mécontentements. Intégrée en 2014 à une taxe pré-existante sur les produits énergétiques, elle était à l’origine de 7 euros par tonne de carbone. Son augmentation progressive devait la porter à 86,2 euros par tonne de CO2 en 2022. Mais à l’automne 2018, le mouvement des gilets jaunes s’oppose à la hausse des taxes sur le carburant.

Face au mouvement, le gouvernement a annoncé, le mercredi 5 décembre, une annulation de la hausse de la taxe carbone qui aurait dû passer de 44,60 euros à 55 euros au 1er janvier.

 

 

 

À Lille, les pics de pollution aux particules très fines vingt fois supérieurs aux recommandations de l’OMS

 

La métropole lilloise a connu vendredi son 60e pic de pollution aux particules très fines (PM 2,5) depuis le début de l’année. C’est vingt fois plus que ce que recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Par Valentine GraveleauPublié le 15/12/2018 à 12:06 Mis à jour le 17/12/2018 à 09:50

Gorge qui gratte, yeux qui piquent… Deux possibilités : soit le rhume pointe le bout de son nez, soit c’est la pollution de l’air qui commence à peser sur votre organisme. À Lille, difficile de trancher cette semaine. La métropole a connu son soixantième pic de pollution aux particules très fines (PM2,5) depuis le début de l’année 2018, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser cette limite plus de trois fois par an.

Pour évaluer la pollution de l’air, les pouvoirs publics regardent la concentration de « PM10″ présent dans l’air. Les PM10, ce sont des particules de poussière qui mesurent moins de 10 micromètres de diamètre. Les pouvoirs publics donnent l’information et le pic de pollution est déclenché quand la concentration de PM10 excède les 50 µg/m3. C’est justement ce qu’il s’est passé cette semaine, pour la quatrième fois depuis le début de l’année pour la station de Lille-Fives.

Pas de niveau d’alerte pour les particules très fines

Là où ça devient plus inquiétant, c’est quand on regarde les particules fines. Les « PM2,5″ mesurent elles moins de 2,5 micromètres de diamètre. L’Organisation mondiale de la santé conseille de ne pas dépasser plus de trois jours par an le seuil de 25 µg/M3 de PM2,5 dans l’air. Or, à Lille, quand on regarde les données de la station Lille-Fives, on a déjà dépassé ce seuil… 60 fois depuis le 1er janvier 2018.

En réalité, comme le précise Nicolas Meilhan, conseiller scientifique pour France Stratégie et membre du think-tank des Éconoclastes, « il s’agit du 65e jour où le taux est dépassé, car il y a certains jours où on n’a pas les données de Lille-Fives, mais on voit clairement qu’il y a un pic sur les autres stations. »
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Sauf que, contrairement aux PM10, il n’existe aucun seuil de pollution aux particules très fines au-dessus duquel les pouvoirs publics se décident à avertir la population et à prendre des mesures pour réduire la pollution de l’air. Pourtant, les particules très fines, bien que plus petites, sont beaucoup plus dangereuses

Pourquoi c’est dangereux ?

Les particules très fines sont assez petites pour atteindre les poumons. Si on connaît mal leurs effets précis sur la santé, les scientifiques sont tous d’accord pour dire qu’elles ont un impact néfaste sur la santé, en particulier chez les personnes les plus vulnérables (femmes enceinte, enfants, personnes âgées…) et qu’elles pourraient favoriser le développement du diabète et de nombreuses maladies cardiorespiratoires.

À Lille et dans la métropole, la pollution de l’air serait responsable de 1700 décès prématurés par an. Lille est une des villes les plus polluées de France, et les Hauts-de-France une des régions d’Europe où la qualité de l’air est la moins bonne, avec Rhône-Alpes, le Piémont et la Lombardie en Italie.

17 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

le « village écolo » de Langouët

« On nous écrit de l’étranger ! » : comment le « village écolo » de Langouët est devenu un exemple de développement durable

Loin de Katowice et de la COP24, à une vingtaine de kilomètres de Rennes, la commune de Langouët a fait le pari du développement durable et attire de nombreux candidats à l’installation.

À l’occasion de la COP24, qui s’est achevée le 15 décembre à Katowice, en Pologne, franceinfo s’intéresse à ces initiatives qui existent partout en France en faveur de la transition écologique, comme en Bretagne, dans le petit village de Langouët, situé à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Depuis 20 ans, la commune mène une politique centrée autour du développement durable, et ça fonctionne.

Une cantine 100% bio et moins chère

Dans la région, on le surnomme le village écolo : à Langouët et ses 602 habitants, tout le monde se connaît. Il y a Daniel, le maire du village, Sarah qui travaille sur l’urbanisme et la récupération de matériaux, Sylvain, enseignant et directeur de l’école. Et aussi Marie-France, cuisinière à la cantine de l’école, 100% bio, créée en 2004. « Quand les parents ont appris qu’on allait faire une cantine bio, indique Jocelyne Perier, adjointe en charge de l’école, ils ont craint que ça ne leur coûte plus cher. On leur a démontré que c’était le contraire. En 2003, le coût du repas était de 5,39 euros. Dix ans après, avec un nombre de repas supérieur, il est de 5,29 euros ! »

Car, dans le même temps, l’école est passée de 46 élèves à 81 et une nouvelle classe a même été ouverte cette année. Les parents, et surtout les enfants, comme Anouk en CM1, sont séduits par le menu : « C’est rare de trouver des cantines où on mange aussi bien ! », s’exclame l’écolière.

Et il faut faire de plus en plus attention à l’écologie, sinon la planète va être toute chaude et pas bien…

Anoukà franceinfo

Pour éviter que la Terre ne soit  »trop chaude », tout Langouët joue le jeu du développement durable : centrale solaire, logements sociaux passifs, maisons potagers et voitures électriques partagées et gratuites. Les réalisations et les projets ne manquent pas. Pourtant Langouët était bien seule il y a 20 ans, se souvient le maire, Daniel Cueff. Mais depuis, la réussite écologique du village a fait des émules dans toute la région. « Nous sommes partis à trois communes, en 2005, pour s’entraider sur le développement durable, se souvient l’édile. Et le réseau est aujourd’hui composé de 163 communes sur les cinq départements de la Bretagne historique. Ça commence à faire des exemples, et le réseau commence à peser sur les décisions en Bretagne concernant les questions environnementales. »

Tous les ans, 300 candidats à l’installation

Langouët est victime de son succès, à tel point que chaque année environ 300 personnes demandent à s’y installer.  »Il y a même des gens qui nous écrivent de l’étranger, s’enthousiasme le maire. Des Américains, des Californiens qui nous ont trouvé sur internet et qui souhaitent s’installer. »Malheureusement les terres sont rares dans ce village bientôt autonome sur le plan énergétique qui espère désormais atteindre l’indépendance alimentaire.

15 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

les gilets jaunes : 300 000 personnes, le reste des français : 64 millions !!!

POINT DE VUE. Les « gilets jaunes » représentent-ils vraiment le peuple ?

Certains affirment depuis un mois que  »les ‘gilets jaunes’ sont le peuple ». C’est un raccourci problématique à plusieurs égards, pour Olivier Costa, de Sciences Po Bordeaux, qui estime néanmoins que la crise des « gilets jaunes » est sans doute l’occasion de repenser tout cela.

Une manifestation de \"gilets jaunes\" à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 8 décembre 2018.
Une manifestation de « gilets jaunes » à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 8 décembre 2018. (LILIAN AUFFRET / PHOTOGRAPHER)

Olivier Costa, auteur de cet article, est directeur de recherche au CNRS et directeur des études politiques au Collège d’Europe, Sciences Po Bordeaux. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.


On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la démocratie est censée être, du côté des « gilets jaunes » et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.

Au nom du peuple…

Certains affirment à satiété depuis un mois que « les gilets jaunes sont le peuple ». C’est un raccourci problématique à plusieurs égards. Dans un système démocratique, « le peuple », c’est la communauté formée par l’ensemble des citoyens. C’est une abstraction, un idéal qui permet de penser le vivre en commun.

Il reste à savoir ce que veut le peuple. Par convention, on peut s’en approcher par le suffrage universel. A la présidentielle de 2017, rappelons que 37 millions de citoyens se sont rendus aux urnes. On peut insister sur l’importance de l’abstention et du vote blanc et nul, mais 37 millions, cela reste 100 fois plus que les plus importantes mobilisations de gilets jaunes.

La règle majoritaire est une approximation de ce que « veut » le peuple. En France, pour certaines élections du moins, notamment pour les présidentielles, le mode de scrutin veille à ce qu’une majorité se dégage. Au second tour, on contraint les électeurs à choisir entre deux candidats seulement, de sorte que le vainqueur puisse clamer avoir été élu par une majorité. C’est là encore une illusion, mais les électeurs jouent habituellement le jeu. Ainsi, ils confirment toujours le résultat de l’élection lors des législatives, car ils savent que – en France du moins – l’existence d’une majorité claire est indispensable au bon fonctionnement des institutions et à la conduite de l’action publique.

Certes, cette majorité est un peu artificielle, et Emmanuel Macron a sans doute perdu de vue qu’il a été élu par de nombreux citoyens qui entendaient, avant tout, s’opposer à Marine Le Pen. En outre, la démocratie ne s’épuise pas dans le vote, et la majorité ne peut pas tout imposer. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer entre deux élections. C’est la raison pour laquelle la démocratie garantit le droit de s’exprimer, de s’engager dans un parti, un syndicat ou une association, de manifester, de faire grève, de signer une pétition. Par ailleurs, les droits des minorités doivent être défendus par la Constitution et le droit, et par les autorités.

Distinguer les revendications légitimes

En France, la démocratie reste largement fondée sur la représentation. Les mécanismes de démocratie participative jouent un rôle modeste, les corps intermédiaires sont traditionnellement considérés avec suspicion, les juges ont une influence relativement modeste, et les élus ont une grande autonomie d’action. En effet, les députés ne sont pas censés représenter leurs électeurs, mais la nation, et le président jouit d’importantes prérogatives, dans une approche de sa fonction très gaullienne, voire bonapartiste.

La crise des « gilets jaunes » est sans doute l’occasion de repenser tout cela, et de donner plus de poids à des mécanismes de démocratie participative et délibérative. Elle est aussi une salutaire mise en garde pour les gouvernants qui ont trop fait abstraction de la manière dont certaines mesures ont été perçues par la population. Réforme de l’ISF, baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, limitation à 80 km/h ou fiscalité sur le gazole sont autant de décisions qui ont suscité de fortes récriminations qui n’ont pas été entendues, au nom de l’idée que le président avait un mandat clair et un projet pour la France, et qu’il devait garder le cap.

Il n’en reste pas moins qu’une minorité, même très mobilisée, même bénéficiant d’un soutien de l’opinion publique, ne peut pas se substituer à la majorité et effacer les résultats des élections. Les « gilets jaunes » sont un mouvement d’ampleur, mais on n’a jamais eu plus de 300 000 personnes dans la rue. La foule n’est pas le peuple et 300 000 personnes ne peuvent pas décider pour le peuple.

Que faire, en effet, si 300 000 personnes défilent pour demander l’interdiction de la chasse, et si la semaine d’après 300 000 défilent pour demander son maintien ? Quand les opposants au mariage pour tous ont défilé en masse, et durablement, le gouvernement aurait-il dû retirer sa loi ? Comment distinguer les revendications légitimes, qui doivent être prises en compte, des autres ?

Dans le cas du mouvement des « gilets jaunes », le gouvernement aurait dû comprendre plus tôt qu’il était l’expression d’un fort mécontentement chez une partie substantielle du corps électoral. Les premières réactions – ou l’absence de réaction – n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu et cultiver chez les citoyens mobilisés l’idée qu’ils étaient déconsidérés.

Il n’en reste pas moins que, dans une démocratie représentative, on ne peut laisser la rue gouverner, sinon toute réforme – qui fait généralement des gagnants qui s’ignorent et des perdants qui se mobilisent – serait exclue.

La logique du « tout ou rien »

En outre, comment intégrer la violence à cette équation ? Une manifestation violente est-elle plus ou moins légitime qu’une manifestation pacifique ? Certains estiment que la violence est un indice du degré de mécontentement des manifestants (de « désespoir », diraient ceux qui les soutiennent) et que le gouvernement doit être plus à l’écoute en cas de débordements. Mais, une fois encore, peut-on gouverner un pays ainsi ?

Ce qui caractérise le mouvement des « gilets jaunes » depuis le premier jour, c’est la méconnaissance des règles habituelles de la mobilisation, qui doit opérer à travers un ensemble d’outils démocratiques et pacifiques : pétitions, tribunes dans la presse, manifestations (déclarées et encadrées), contacts avec les élus, grèves…

Le mouvement avait trouvé, avec le gilet jaune, un marqueur de mobilisation très astucieux : chaque automobiliste français était équipé de cet accessoire visible, facile à porter ou à mettre en évidence sur son tableau de bord. Mais les initiateurs du mouvement ont choisi d’emblée d’opter pour des formes d’action illégales : manifestations non déclarées en préfecture et dépourvues de responsable et de service d’ordre, blocages de routes et de commerces, violences envers les automobilistes récalcitrants et les forces de l’ordre, dégradations et incendies volontaires…

Ils ont en outre, par principe, refusé de rencontrer les représentants de l’État et cherché à imposer leurs revendications de manière unilatérale, dans une logique du « tout ou rien ». Si n’importe quelle organisation – mouvement politique, syndicat, association, collectif – s’était rendue coupable du dixième des exactions commises par le mouvement des « gilets jaunes », elle aurait sans doute été rapidement dissoute.

En l’espèce, l’impunité règne, car le mouvement n’a pas de structure et de représentants officiels : chacun peut s’improviser porte-parole des « gilets jaunes » auprès de médias très complaisants, sans endosser la moindre responsabilité, ou se livrer à une surenchère sur les réseaux sociaux.

La question de la violence, nœud du conflit

Certains commentateurs relativisent cette violence structurelle. Ils opposent la violence du gouvernement, qui étrangle de taxes les classes laborieuses et fait montre d’arrogance, et celle des manifestants. Ils comparent les débordements des « gilets jaunes » à ceux des supporters de foot les soirs de victoire ou à ceux du Nouvel An. Ils renvoient dos à dos casseurs et forces de l’ordre. Le citoyen qui se promène aujourd’hui dans les rues désolées de Paris, Bordeaux, Saint-Etienne ou Toulouse, entre carcasses de voitures brûlées, barricades et devantures de magasins défoncées, pourra difficilement considérer que ce ne sont que les inévitables effets collatéraux d’un mouvement fondamentalement non violent.

La question de la violence est le nœud de ce conflit. Elle en constitue alternativement la légitimité (« Il faut prendre en compte les revendications de ces gens en colère ») et l’illégitimité (« On ne cède pas aux casseurs et aux factieux »). Car, sitôt que le pouvoir accède à des revendications exprimées avec violence – et le gouvernement n’a eu d’autre choix que de le faire, pour que la pression retombe –, on encourage d’autres groupes sociaux à adopter des comportements inciviques et délictueux.

Pourquoi faire grève des semaines durant ou se réunir pacifiquement – à la manière du mouvement Nuit debout – pendant des mois sans rien obtenir si, en mettant à sac les Champs-Elysées ou en incendiant une préfecture, l’on provoque un recul immédiat du gouvernement ? La manière dont certains lycéens se sont récemment « mobilisés » – en brûlant des voitures et en s’équipant pour en découdre avec les forces de l’ordre – montre que le recul face à la violence crée des effets de contagion difficilement contrôlables.

Les sondages, un outil à manier avec prudence

Les partisans des « gilets jaunes » argueront que le gouvernement n’a pas cédé à la violence, mais à l’opinion publique. Que les sondages établissent que les citoyens ont pris fait et cause pour les gilets jaunes, contre le président. Mais qu’en est-il réellement ? D’abord, que veut dire « soutien aux ‘gilets jaunes’ » ? On ne reviendra pas ici sur l’inanité de certains sondages. Interroger les gens sur leur comportement passés ou futurs (« pour qui avez-vous/allez-vous voter ? » ou sur leurs préférences « quelle est votre sensibilité politique ? ») a du sens, mais interroger les gens sur des questions vagues ou très complexes, donne des résultats qui doivent être considérés avec prudence.

Eprouver une forme de sympathie pour des citoyens qui protestent contre la hausse des taxes, réclament plus de pouvoir d’achat et de services publics, s’élèvent contre des réformes impopulaires, et dénoncent le mépris des élites, ne revient pas à valider l’ensemble de leurs revendications ou à souscrire à un changement de pouvoir ou de régime.

On rappellera alors que 80% des Français désapprouvent l’action du président. Mais qui peut se dire satisfait de son action alors que la France vit une situation insurrectionnelle, que les citoyens sont empêchés de circuler à leur guise ou de travailler, que les chaînes de télévision passent en boucle des images de guérilla urbaine ? Le citoyen de bonne foi ne peut que constater que le président s’y prend mal pour gouverner le pays.

Pour autant, est-ce que les 80 % de sondés seraient prêts à porter Jacline Mouraud ou Éric Drouet au pouvoir, ou l’un des leaders de l’opposition ? Jean‑Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Olivier Faure soufflent sur les braises depuis le début du mouvement, en espérant tirer leur épingle du jeu et rejouer la présidentielle, mais les citoyens ne sont pas dupes : les sondages les plus récents montrent qu’aucun ne tire bénéfice du mouvement et ne constitue une alternative politique crédible.

 

Une majorité attachée aux institutions et à la paix sociale

Nul ne sait où va ce mouvement. La mobilisation est numériquement en baisse, mais les plus radicaux pensent leur heure venue et ne vont sans doute pas relâcher la pression. Les échauffourées ne sont plus le fait de gilets jaunes, mais d’extrémistes, de casseurs et d’opportunistes.

Les chercheurs en sciences sociales n’aiment pas faire de prédictions : ils sont scientifiquement mal équipés pour cela et préfèrent plus prudemment « prédire le passé », en analysant le déroulement d’événements dont on connaît l’issue. On peut néanmoins penser que, à ce stade du mouvement, l’opinion publique va se retourner.

L’émotion passée, les citoyens français, dont la vaste majorité est attachée aux institutions, à l’ordre public et à la paix sociale, s’entendront sans doute pour considérer qu’une insurrection hebdomadaire n’est pas le moyen le plus sûr d’améliorer le sort des Français, et que le coup de semonce à l’endroit du gouvernement était suffisant. Désormais, rares sont les personnalités et les acteurs de la société civile qui affichent leur soutien à un mouvement marqué par une ligne politique confuse, par sa fascination pour la violence et par son refus de la négociation.

Les Français ont, dans un premier temps, largement approuvé les « gilets jaunes » parce qu’ils partageaient leurs revendications, étaient déçus par le gouvernement ou manifestaient une certaine sympathie pour un mouvement inédit. Certains étaient sans doute aussi mus par une forme de suivisme, de culpabilité de classe, de griserie médiatique ou de romantisme révolutionnaire. D’autres refusaient d’afficher leur soutien à un gouvernement sourd aux revendications, et désapprouvaient le discours de ceux qui affichaient leur mépris pour cette mobilisation populaire ou dénonçaient un peu rapidement la « peste brune ».

On rappellera aussi que le mouvement des « gilets jaunes » n’a, initialement, guère laissé le choix au quidam. Face à un barrage, il était contraint, plus ou moins aimablement, d’enfiler son gilet jaune, de prêter allégeance à la cause, d’y contribuer éventuellement par une obole, afin de pouvoir aller travailler ou conduire ses enfants à l’école. Nombreux étaient les automobilistes qui arboraient un gilet jaune dans leur véhicule, « au cas où ».

« Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous… »

Face à ces pressions, face à la quasi-unanimité des responsables politiques, des commentateurs et des leaders d’opinion, il semblait difficile pour le citoyen de faire part de ses doutes. Mais, sauf à penser que l’électorat modéré, qui a dominé les élections l’an passé, s’est subitement volatilisé ou a radicalement changé d’orientation politique, on peut faire l’hypothèse qu’une partie des citoyens a dissimulé ses préférences.

Il y a près de deux siècles, Tocqueville avait révélé les falsifications auxquelles pouvaient conduire certaines contraintes, en prenant l’exemple du sentiment religieux durant la Révolution française. Selon lui, les pressions qui s’exerçaient sur les croyants, qui jugeaient malvenu d’exprimer leur attachement au christianisme, avaient fait apparaître l’opinion publique comme antireligieuse, alors qu’elle ne l’était pas.

Ce phénomène s’entretenait de lui-même, la faiblesse supposée du nombre des croyants au sein de la société française les incitant à continuer de taire leurs convictions :

« Ceux qui niaient le christianisme élevant la voix et ceux qui croyaient encore faisant silence, il arriva ce qui s’est vu si souvent depuis parmi nous, non seulement en fait de religion, mais en tout autre matière. […] Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous, et sembla dès lors irrésistible aux yeux mêmes de ceux qui lui donnaient cette fausse apparence. » (De la démocratie en Amérique. Laffont, p. 1045)The Conversation


Olivier Costa, Directeur de recherche au CNRS / Directeur des Etudes politiques au Collège d’Europe –, Sciences Po Bordeaux

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

13 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

Poutine et le crime du MH17

Poutine et le crime du MH17 : que faire avec la vérité ?

  • 15 JUIN 2018 A 12:07      PAR MYKOLA CUZIN

Les enquêteurs internationaux ont annoncé que le missile qui avait abattu le vol MH17 en juillet 2014 au dessus de l’Ukraine provenait d’une unité russe.

 

Alors que les regards sont braqués sur la Russie pour la Coupe du monde de foot, le président du comité Ukraine 33 et du Comité pour la défense de la démocratie en Ukraine rappelle ici la responsabilité de Poutine dans l’attaque du Boeing 777 des Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014 (298 victimes).

Le 17 juillet 2014, un Boeing 777 des Malaysia Airlines (vol MH17) était abattu près de la ville de Torez, au-dessus du territoire occupé à l’est de l’Ukraine par les milices prorusses et l’armée russe. 298 personnes – passagers et personnel de bord, originaires principalement de Malaisie, des Pays-Bas et d’Australie – perdirent la vie dans des conditions effroyables. Le fait que cette attaque terroriste se soit déroulée en plein jour et dans une région relativement peuplée explique que, dans les jours qui suivirent, le déroulé précis de cette tuerie et la nature exacte de l’arme du crime aient été connus d’un public élargi et attentif (cf. notre tribune du 1er août 2014), avec de nombreuses confirmations ultérieurement (cf. article du 17 mai 2016).

Conclusions définitives

L’identité de l’entité donneuse d’ordre du tir meurtrier d’un missile antiaérien – établie grâce à l’interception des transmissions cellulaires – ne faisait guère de doute non plus : il s’agissait du GRU (renseignement militaire russe). Il a pourtant fallu attendre près de quatre ans pour que la commission d’enquête internationale (1) rende ses conclusions définitives, le 24 mai dernier, à savoir que le missile de type BUK qui avait abattu cet appareil civil assurant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avait bien été tiré depuis la ville de Snizhne contrôlée par les Russes, sous la direction de personnel militaire russe et à l’aide d’un matériel provenant de la 53e brigade antiaérienne de la garnison russe de Koursk. Bien avant cette déclaration, la plateforme lance-missiles incriminée avait déjà été méticuleusement identifiée et répertoriée (lire ici) et près d’une centaine de suspects comptabilisés. À ce jour, toutes les identités n’ont pas été révélées, afin de ne pas compromettre l’aboutissement d’une enquête rendue très difficile en raison du manque évident de coopération de Moscou.

Veto, refus, tentatives de discrédit, saturation : la Russie utilise tous les moyens pour se disculper

Et l’État russe pendant ce temps-là ? Du point de vue judiciaire, il a toujours prétendu avoir été exclu de l’enquête générale. S’agissant de l’enquête technique, la Russie n’avait pas à être partie prenante puisqu’elle n’était ni le pays de départ ou d’arrivée du vol, ni le fabricant de l’avion détruit, pas plus qu’elle ne comptait de ressortissants parmi les victimes. En revanche, elle a toujours opposé son veto à la création d’un tribunal spécial sous l’égide de l’ONU, destiné à l’origine à identifier les coupables de cet acte de terrorisme. Elle a par ailleurs toujours refusé de fournir certaines données réclamées par la JIT – notamment les enregistrements des contrôles aériens proches des lieux de la catastrophe –, en contradiction totale avec ses engagements auprès de l’ONU.

Dans le même temps, elle a multiplié les tentatives pour se disculper et faire accuser l’Ukraine en utilisant la désormais célèbre tactique du “foisonnement”, qu’elle maîtrise parfaitement, qui consiste à saturer les canaux d’information de données contradictoires tendant à donner au public l’impression qu’il n’existe plus une vérité, mais des vérités de valeur inégale… Parmi les hypothèses fantaisistes relayées par les médias russes mainstream, l’une mettait en cause un avion de chasse ukrainien SU25, sur la base d’un photomontage réalisé à partir d’une image Googlemap datant de 2012 !

La Russie a par la suite tenté de discréditer les conclusions préliminaires de l’enquête en construisant des rapports d’expertise qui mettaient en cause la possibilité que les dégâts observés sur le cockpit reconstitué du Boeing aient pu être causés par un missile BUK. Puis, lorsque cette thèse n’a plus été soutenable, les services de renseignement russes ont rejeté la responsabilité du tir de ce missile sur l’armée ukrainienne, oubliant au passage que l’agence Tass avait pompeusement relayé le jour du crash l’information selon laquelle les “séparatistes” avaient abattu un avion militaire ukrainien Antonov AN26 au-dessus de Torez, avant d’étouffer rapidement l’affaire.

Le summum de la désinformation et de l’horreur a été atteint lorsque des sites et des blogs pro-Kremlin ont commencé à diffuser très largement (dès septembre 2014) des rumeurs, des articles et des photomontages prétendant que l’avion malaisien était en fait rempli de cadavres “plastinés” provenant d’une usine chimique allemande et qu’il avait était abattu uniquement dans le but de mettre en cause la Russie (lire ici).

La Coupe du monde comme écran ?

À présent, le temps n’est plus aux spéculations. Le 29 mai, la représentation des Pays-Bas aux Nations unies a fait une déclaration officielle appelant sans aucune ambiguïté la Russie à reconnaître sa responsabilité et à coopérer avec la justice (2). La patronne de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, ont également demandé à la Russie de cesser de s’opposer à la manifestation de la vérité. Les familles des victimes, quant à elles, avaient depuis longtemps des convictions profondes que les conclusions de la JIT ont permis de transformer en certitudes. Elles n’attendent plus que justice soit faite et commencent à le faire savoir bruyamment. Un accord passé en 2017 entre Kiev et Amsterdam prévoyant que les coupables seraient jugés à La Haye vient d’ailleurs d’être ratifié par les députés néerlandais.

Mais si, depuis quatre ans que la Russie tue, pille et emprisonne en toute impunité en Ukraine, dans le Donbass et la Crimée, le monde n’a jamais été aussi proche de pouvoir demander des comptes à Vladimir Poutine, un événement sportif majeur, la Coupe du monde de football 2018, organisée par la Russie, risque malheureusement de ramener la tragédie du MH17 au rang de vérité dissimulée “dans l’intérêt commun international”, comme le fut pendant cinquante ans le massacre de Katyn. Je ne peux que citer l’un des derniers tweets de Galia Ackerman, journaliste, écrivaine et historienne franco-russe : “Demain, l’ouverture du Championnat du monde de foot. Les yeux tournés vers la Russie. Oubliés, les prisonniers politiques, oubliée, l’agression contre l’Ukraine, oubliée, l’ingérence dans des processus électoraux en Occident.” Il est effectivement fort regrettable que le dictateur Poutine bénéficie, à quatre ans d’intervalle, d’une seconde compétition sportive pour pouvoir, par la grâce de quelques images bien tournées, faire oublier ses crimes les plus abjects.

  1. JIT MH17 (Joint international criminal investigation team MH17), composée de juristes professionnels originaires des pays des ressortissants victimes de la catastrophe : Pays-Bas, Australie, Malaisie, Belgique, Ukraine. Ses communiqués de presse sont disponibles à l’adresse https://twitter.com/jitmh17
  2. “My government has established the Buk missile that shot down MH17 belonged to Russian army ; we hold Russia accountable for downing of the flight. We call on Russia to accept its responsibility and cooperate with criminal probe, per UN rez.” (Netherlands FM to UNSC)

 

Vol MH17 abattu: le missile était « bien sûr » russe : merci Poutine !

 25/05/2018 à 17h02 Mis à jour le 25/05/2018 à 17h05 
Vladimir Poutine

Vladimir Poutine assure que le missile qui a abattu le vol MH17 n’était pas russe. – AFP
et comme tout le monde le sait, Vladimir dit toujours la vérité !!!

Jeudi des enquêteurs internationaux ont annoncé que le missile qui avait abattu le vol MH17 en juillet 2014 au dessus de l’Ukraine provenait d’une unité russe.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré ce vendredi que le missile qui avait abattu le vol MH17 de la Malaysia Airlines en 2014 au-dessus de l’Est de l’Ukraine n’était « bien sûr » pas russe, contrairement aux conclusions des enquêteurs internationaux.

« Bien sûr que non », a répondu Vladimir Poutine, interrogé pour savoir si le missile était russe ou non, lors d’une conférence économique à Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

ah … ce bon vieux KGB !

 

 

 

et si on abattait les avions russes nous aussi ?

on s’en fout, même si les enquêteurs internationaux et l’ONU nous accusent, ils ne peuvent rien faire !

10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

Un projet magique et fou

LE PHOTOGRAPHE SEBASTIÃO SALGADO REBOISE 700 HECTARES DE FORÊT AU BRÉSIL

Depuis 20 ans, avec sa compagne, le célèbre photographe redonne vie à la forêt de son enfance. Un projet magique et fou.

Publié le 6 décembre 2018 à 9:48 - Mis à jour le 7 décembre 2018 à 8:13

Un projet magique et fou sebastiao-salgado-reboisement-bresil-foret-terra-une-1

Source : Shutterstock

Il y a une vingtaine d’années, avec sa compagne, Sebastião Salgado a décidé, comme le souligne France Inter, de replanter la forêt de son enfance. Située à 600km au nord de Rio, celle-ci avait été ravagée par la déforestation. Il a donc fallu lui redonner son allure d’origine en y replantant des arbres. Ainsi naissait l’Institut Terra, en charge de cette mission.

En vingt ans, 300 espèces de plantes ont été réintroduites et 2 500 000 arbres ont été replantés, couvrant 95% d’un parc de 700 hectares. De plus, l’institut Terra veille sur 300 000 sources d’eau !

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Source : Instituto Terra

Une œuvre monumentale et nécessaire racontée ici dans un reportage de France Inter.

Par ailleurs sachez que, à l’occasion de la COP24, la station a lancé le podcast Agir pour ma planète où l’on retrouve toutes les émissions et les chroniques consacrées au changement climatique (accessible sur iTunesDeezer ou en fil RSS).
Reportage à Aimores au Brésil. L’institut Terra a contribué la reforestation d’un parc protégé avec 300 espèces d’arbres.
Le photographe Sebastiao Salgado avec sa femme Lelia Wanick Salgado

Le photographe Sebastiao Salgado avec sa femme Lelia Wanick Salgado © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Le photographe brésilien Sebastião Salgado  contribue à une prise de conscience mondiale sur la dégradation de la planète.

Après des années à prendre l’horreur des hommes en photo, il a eu cette idée folle de ramener la vie là où il n’y avait plus que mort et rocaille, en l’occurrence dans son pays, au Brésil.

La déforestation au Brésil, qui compte la plus vaste surface amazonienne du continent américain, s’est accrue de 13,72% entre août 2017 et juillet 2018 selon des chiffres officiels, soit l’équivalent d’un million de terrains de football, a estimé Greenpeace. La surface déboisée sur cette période est de 7.900 km2 – ce qui représente 5,2 fois la ville de Sao Paulo – selon l’Institut national d’études géographiques, un organisme gouvernemental.

Vue depuis l'Institut Terra le soir

Vue depuis l’Institut Terra le soir © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Pour Salgado, un retour sur les terres d’enfance

Sur les terres de sa famille ravagées par la déforestationSebastião Salgado  a décidé avec sa compagne de replanter la forêt de son enfance. Vingt ans plus tard son pari fou est en partie réussi.

Alors que s’ouvre la COP24, cet exemple de reforestation montre que tous les espoirs ne sont pas perdus et que l’homme peut reconstruire ce qu’il a détruit.

L'Institut Terra a contribué à accroître la biodiversité

L’Institut Terra a contribué à accroître la biodiversité © Radio France / Nathanaël Charbonnier

À la sortie d’Aimores, petite ville de 24 000 habitants à 600 kms au nord de Rio, dans l’état du du Minas Gerais, apparaît, coincé au milieu de la terre aride, l’institut Terra. L’institut Terra, c’est 700 hectares de forêt, là où 20 ans plus tôt il n’y avait plus rien.

Isabella, gère l'Institut Terra

Isabella, gère l’Institut Terra © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Isabella qui gère l’institut estime qu’il y a désormais « une très très belle île verte au milieu de rien. C’est ce qu’on appelle la vallée de Rio doce… Et maintenant nous avons une jeune forêt ici. Il y a un esprit dans cette forêt. Je pense que c’est un endroit où il y a un esprit parce que quand vous êtes dans un endroit où vous pouvez sentir la vie vous toucher tout le temps. C’est très spirituel »

Conservation des semences d'espèces d'arbres plantés par l'Institut Terra

Conservation des semences d’espèces d’arbres plantés par l’Institut Terra © Radio France / Nathanaël Charbonnier

L’Institut Terra peut se vanter de quelques résultats et une réelle modification du paysage.

  • 2 500 000 arbres replantés
  • 300 espèces de plantes réintroduites et une forêt qui recouvre
  • 95% du parc protégé recouvert de forêt

L’Institut Terra veille aussi sur l’eau.  Il protège 300 000 sources dans la vallée avec la participation de certains agriculteurs.

La forêt replantée est un habitat pour de nombreux animaux

La forêt replantée est un habitat pour de nombreux animaux © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Peu à peu ce sont les animaux qui sont venus, attirés par l’abri que représente cette forêt pour eux . Ce retour des reptiles oiseaux et félins dans la vallée d’Aimores c’est la preuve qu’aime brandir Isabelle la directrice des lieux, la preuve que rien n’est jamais perdu.

10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

LA DEFORESTATION du président brésilien Jair Bolsonaro : La forêt brésilienne disparaît au rythme d’un million de terrains de foot par an !

Forêt amazonienne : alerte maximale

PAULO ARTAXO / professeur de physique de l’environnement Le 23/11 à 10:25
En matière d'environnement, programme nouveau président brésilien tient seul mot : exploitation.
En matière d’environnement, le programme du nouveau président brésilien tient en un seul mot : exploitation. - Shutterstock

LE CERCLE/POINT DE VUE – La plus grande forêt tropicale du monde est menacée par la politique anti-environnementale du président brésilien Jair Bolsonaro.

Le mois dernier, les Brésiliens ont élu un nouveau président : le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro. Disposant du soutien sans réserve des 5 % des Brésiliens les plus riches et des grands propriétaires terriens, il a obtenu un fort soutien populaire en jouant  sur les préjugés et les peurs de la population. Lors de sa campagne il a pris pour cible les groupes les plus vulnérables et s’est engagé à réduire, voire à supprimer, la protection dont bénéficient les minorités, les femmes et les pauvres.

En ce qui concerne l’environnement, son programme tient en un seul mot : exploitation. Il veut réduire ou abolir les lois de protection de l’environnement en Amazonie, la plus grande forêt tropicale humide de la planète. Il veut également diminuer considérablement la protection des terres indigènes appartenant aux descendants des premiers habitants de cette région. De même, il assouplira la législation qui restreint l’utilisation des pesticides et la construction d’infrastructures.

« Là où il y a de la terre indigène, a-t-il déclaré, il y a de la richesse dans le sous-sol ». Cette idée en tête, il a affirmé qu’aucune nouvelle réserve indigène ne sera délimitée et que celles qui existent seront ouvertes à l’exploitation minière.

Déforestation record

Son programme va accélérer de manière spectaculaire la dégradation de l’environnement. Entre septembre 2017 et septembre 2018, la déforestation a touché une surface totale de 4.859 km², un record depuis juillet 2008. L’Institut national de recherche spatial du Brésil, l’INPE, signale une hausse de la déforestation annuelle de l’ordre de 50 % en septembre.

Beaucoup de ceux qui se livrent à la coupe du bois en Amazonie le font en toute illégalité et risquent de ce fait des amendes ou des sanctions. L’idée que le nouveau gouvernement n’appliquera pas la loi les pousse probablement déjà à intensifier leur activité. Une fois la législation sur la déforestation affaiblie ou abolie, on peut s’attendre à ce qu’elle redouble d’intensité. L’encouragement de l’activité minière en Amazonie par le gouvernement (entre autres pour l’or) aggravera encore la situation.

Il n’y a guère de raison de croire que Bolsonaro ne pourra pas appliquer son programme destructeur de l’environnement, d’autant que les élus d’extrême-droite alliés aux puissants lobbies des affaires dominent au sein du nouveau Congrès brésilien.

Des postures anti-environnementales

Pour faciliter encore davantage la destruction de l’environnement, Bolsonaro s’était engagé  à fusionner le ministère de l’Environnement et celui de l’Agriculture, avant de faire machine arrière. Il est maintenant à la recherche d’un ministre de l’Environnement allié aux ruralistas, les grands propriétaires terriens, et il a nommé un ministre de l’agriculture qui veut supprimer les restrictions qui s’appliquent aux produits chimiques dangereux dans son secteur.

Durant la campagne il avait également promis que le Brésil se retirerait de l’accord de Paris sur le climat. Il a aussi fait machine arrière sur cette question, mais il vient de nommer à la tête du ministère des Affaires étrangères un diplomate hostile à la science, qui nie le réchauffement climatique. Dans ce contexte, la candidature du Brésil pour être l’hôte de la Conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP25) qui aura lieu l’année prochaine pourrait susciter des réticences.

Feux de forêt

Au-delà de la vulnérabilité croissante des ressources naturelles du Brésil face leur exploitation commerciale, du fait les réductions budgétaires auxquelles on peut s’attendre en ce qui concerne l’environnement, il sera plus difficile au Brésil de faire face à des catastrophes naturelles comme les feux de forêt.

Le pays a déjà connu une augmentation de ces feux et des incendies en raison de l’expansion de l’agriculture, d’un contrôle de plus en plus laxiste et du démantèlement des brigades de pompiers. Le programme de Bolsonaro ne fera qu’exacerber ce problème.

Il aggravera la situation dans d’autres domaines. Les inégalités vont augmenter. Le gouvernement facilitant la mainmise des grandes entreprises sur les forêts humides, les citoyens ordinaires, notamment les petits propriétaires paysans et les habitants des bidonvilles urbains, vont souffrir.

Ecosystème en péril

L’importance de l’écosystème du Brésil s’étend bien au-delà de ses frontières, car il comporte la plus grande forêt tropicale qui existe et l’on y observe la plus grande biodiversité sur Terre. L’Amazonie recèle un plus grand nombre d’espèces de plantes et d’animaux que tout autre écosystème terrestre. Ses forêts humides et ses rivières alimentent une grande partie de l’Amérique du Sud, et ses centaines de milliards d’arbres stockent d’énormes quantités de carbone. Cet écosystème a donc un impact sur l’ensemble de la planète.

Au cours des 100 dernières années, le Brésil a réduit la surface de sa forêt atlantique de plus de 90 % et procédé à la déforestation de 50 % du Cerrado (la savane brésilienne) et de 20 % de l’Amazonie. Au moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous avertit de l’urgence qu’il y a à réduire les émissions de gaz à effet de serre, Bolsonaro veut faire exactement le contraire. Malheureusement pour le Brésil et le reste du monde, il n’y a pas de raison de penser qu’il n’y parviendra pas.

Paulo Artaxo est professeur de physique de l’environnement et chef du département de physique appliquée à l’Université de São Paulo.  Ce texte est publié en collaboration avec Project Syndicate.

La forêt brésilienne disparaît au rythme d’un million de terrains de foot par an !

La déforestation au Brésil, qui compte la plus vaste surface amazonienne du continent américain, s’est accrue de 13,72% entre août 2017 et juillet 2018 selon des chiffres officiels. La surface déboisée sur cette période est de 7.900 km2 - ce qui représente 5,2 fois la ville de Sao Paulo – selon l’Institut national d’études géographiques, un organisme gouvernemental.

Pour Greenpeace, « c’est plus ou moins un million de terrains de football déforestés en seulement un an », a affirmé à l’AFP le coordinateur des politiques publiques de l’ONG au Brésil, Marcio Astrini. Selon lui, la situation pourrait empirer si le président élu d’extrême droite Jair Bolsonaro concrétise ses promesses électorales d’amender certaines réglementations environnementales. « Il a dit qu’il mettrait fin aux aires protégées, aux terres réservées aux Indiens, qu’il réduirait les inspections et les sanctions contre les crimes environnementaux. Tout ce qui pouvait réduire la déforestation auparavant. S’il élimine tout cela, ça peut déclencher une situation inimaginable. » Le Brésil avait enregistré une baisse progressive de la déforestation entre 2004 et 2012, grâce notamment aux moyens de contrôle gouvernementaux.

10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

l’aberration de l’ONF

Enquête : Le massacre de la forêt française

Depuis le XIXe siècle, notre pays a presque doublé sa surface forestière. Mais quelle forêt ? Défenseurs de l’environnement, propriétaires et agents forestiers se mobilisent contre les méthodes de l’office national des forêts.

Par Gérard Leclerc I Publié le 6 Décembre 2018

 


Des voix s'élèvent contre la sylviculture intensive et les méthodes de l'ONF. (Crédit : Shutterstock)

Des voix s’élèvent contre la sylviculture intensive et les méthodes de l’ONF. (Crédit : Shutterstock)
Retrouvez l’intégralité de cet article dans le dernier numéro de We Demain. Disponible en kiosques et sur notre boutique en ligne.
Il y a neuf ans, Michelle M. a hérité d’une centaine d’hectares de bois en Poitou. L’année suivante, mauvaise surprise : un gestionnaire forestier, agréé par l’Office national des forêt, vient… couper à ras une dizaine d’hectares, dont 180 chênes centenaires ! Michelle découvre ainsi qu’elle a également hérité d’un plan de gestion de la forêt, obligatoire pour toute propriété de plus de 25 hectares sauf à rentrer dans des procédures compliquées pour vendre du bois et à perdre les avantages fiscaux sur les droits de succession et l’impôt sur la fortune. Elle accepte de mauvaise grâce.

Deux ans plus tard, les tronçonneuses sont de retour. Michelle proteste et propose que l’on pratique au moins une coupe sombre (on ne coupe que quelques arbres de façon à ce que la lumière n’atteigne pas directement le sous-bois). Refus du forestier : ça prendrait trop de temps, il est plus rentable que les engins coupent tout là où ils sont. « J’apprends par la même occasion que mes chênes ne sont pas destinés à l’ébénisterie mais au bois de chauffage. Je dois “nettoyer” le sol de tous les noisetiers et autres arbustes, et replanter des espèces qui produiront des troncs les plus hauts possibles, sans branches basses pour éviter les nœuds qui gênent les industries du bois. »

Michelle se rebiffe, prend contact avec des associations et propose un plan de sénescence qui vise à préserver la forêt en la laissant évoluer. Mais les experts forestiers ne l’acceptent que pour 20 % de la propriété… La propriétaire poitevine vient de découvrir ce que l’ONF, appelle « la sylviculture dynamique ». Une industrialisation de la forêt contre laquelle s’élèvent de plus en plus défenseurs de l’environnement, propriétaires et agents de l’ONF…

10 décembre 2018 ~ 1 Commentaire

« LE TERRORISME ROUTIER A ENCORE FRAPPÉ »

Dramatique accident à Lyon: un suspect interpellé

L’accident s’est produit à 4h30, ce dimanche, avenue Maréchal-Foch: une voiture est venue percuter violemment celle de trois jeunes. Deux jeunes filles sont grièvement blessées, le troisième jeune plus légèrement. Le conducteur de la voiture a pris la fuite. Un homme a été interpellé plusieurs heures plus tard.

  • Le 09/12/2018 à 18:15
La collision s'est produite à 4h20, ce dimanche. Photo Eric MORENO
Le véhicule du fuyard, abandonné sur place sur place. Photo Eric MORENO

La collision s’est produite à 4h20, ce dimanche. Photo Eric MORENO

DERNIERE MINUTE : un suspect interpellé par la police.

Ce dimanche, les policiers ont identifié le conducteur qui serait à l’origine de ce terrible accident, grâce à la plaque d’immatriculation de son véhicule qu’il avait abandonné sur place. L’homme a été interpellé au cours de la journée et placé en garde à vue. Le suspect est âgé de 33 ans et réside à Vaulx-en-Velin.

LE TÉMOIGNAGE BOULEVERSANT DES PARENTS DE CLÉMENTINE

La famille Boursier, dont la fille Clémentine (22 ans), compte parmi les victimes de l’accident, a souhaité témoigner :

« Notre fille est entre la vie et la mort. Nous sommes tous, sa famille, mère, père, tante, effondrés et dévastés par les circonstances dans lesquelles s’est produit ce drame. Nous sommes suspendus au pronostic. Notre colère est puissante. On souhaite une médiatisation de cette affaire. Nous espérons que la justice fera de cet accident un exemple vis-à-vis du chauffard, ainsi que de toutes les personnes qui l’ont aidé dans sa fuite.

La justice et les hommes politiques devront faire preuve d’aucune clémence contrairement aux cas précédents.

Notre fille, qui habite rue Crillon, était à 200 mètres de chez elle quand l’accident s’est produit. Elle était révoltée par le drame d’Anne Laure Moreno. Elle prépare un Master à Marseille et devait partir en stage à l’étranger dans quelques semaines.

Nous tenons à remercier les pompiers, le Samu et les soignants de la réanimation du pavillon H qui font tout pour sauver notre fille qui se bat alors que des meurtriers sont en fuite. »

Un effroyable accident s’est produit cette nuit à 4h25 sur l’avenue Maréchal-Foch à Lyon, à l’angle Foch-Duquesne. La Citroën C1 de trois jeunes a été percutée par une Audi A5, qui venait de griller au moins un feu rouge. Le conducteur a pris la fuite à bord d’une autre voiture qui le suivait. il est actuellement activement recherché, comme ses complices, par les forces de l’ordre.

Il aura fallu près d’une heure d’intervention aux 22 sapeurs-pompiers qui se sont rendus sur place, épaulés par une équipe du Samu pour désincarcérer les trois blessés, âgés de 25, 22 et 21 ans.

Deux jeunes filles grièvement blessées

Deux jeunes filles sont grièvement blessées, le troisième jeune plus légèrement. Tous trois ont été conduits à l’hôpital Edouard-Herriot. Les deux jeunes filles ont été transportées à l’unité de déchocage et le conducteur au pavillon traumatisme.

La police nationale, sur place également, a procédé aux premières constatations.

Les images tournées par Eric Moreno, coprésident de  » Et 6 c’était vous »

ERIC MORENO RÉAGIT : « LE TERRORISME ROUTIER A ENCORE FRAPPÉ »

Eric Moreno, aux côtés de Gérard Collomb, lors de la marche blanche après le décès de sa fille. Photo d'archives Joël PHILIPPON
Eric Moreno, aux côtés de Gérard Collomb, lors de la marche blanche après le décès de sa fille. Photo d’archives Joël PHILIPPON

Dans un communiqué envoyé ce dimanche matin, Eric Moreno, coprésident de l’association « Et 6 c’était vous », le père d’Anne-Laure Moreno, décédée fauchée par une voiture folle, tandis que son amie était gravement blessée, réagit. Il s’est rendu sur les lieux de l’accident cette nuit.

« Après l’affaire Vitton-Garibaldi du 23 octobre 2016, ce 9 décembre 2018, 4 heures, le terrorisme routier a encore frappé au carrefour Duquesne-Foch. Les premiers témoignages et les circonstances semblent attester de multiples circonstances aggravantes.

Excès de vitesse, non respect des feux rouges, délit de fuite [...] non assistance et mise en danger de la vie d’autrui, pour le moment. De quoi alimenter la réflexion du législateur.»

Eric Moreno demande notamment d’installer un radar de feux, mais aussi un radar de vitesse et un réhaussement du carrefour comme il est prévu de le faire au niveau du carrefour Vitton-Garibaldi.

« Arrêtons les mesures prises par les élus politiques, telles que panneaux lumineux, marquage au sol, etc., car elles ne concernent que les honnêtes gens. Pour stopper les délinquants de la route, il faut des ralentisseurs mécaniques et durcir la justice », martèle-t-il dans son communiqué, avant de préciser : «Heureusement qu’aucun piéton ne ne trouvait sur le trottoir au moment de l’accident. »

Le communiqué de l’association « Et 6 c’était vous »

Georges Kepenekian, le Président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld et le maire du 6e Pascal Blache en discussion au carrefour très dangereux de la rue Garibaldi et du Cours Vitton. Photo d'archives Pierre AUGROS
Georges Kepenekian, le Président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld et le maire du 6e Pascal Blache en discussion au carrefour très dangereux de la rue Garibaldi et du Cours Vitton. Photo d’archives Pierre AUGROS

Pascal Blache, maire du 6e : « La particularité du 6e, ce sont les grands axes propices à la vitesse »

Pascal Blache, maire du 6e arrondissement, sous le choc, a été prévenu cette nuit par la police et les riverains. Il réagit : « Je compte refaire de la pédagogie, car la particularité du 6e arrondissement, ce sont les grands axes propices à la vitesse telles que le cours Garibaldi et la rue Vitton. Il faut des panneaux lumineux plus grands et il faut durcir les sanctions de la justice pour les délinquants de la route. »

SERGE BENSSOUSAN, PRÉSIDENT DE « ET 6 C’ETAIT VOUS » : « UN NOUVEAU DRAME ROUTIER EFFROYABLE »

Le président de l’association réagit également : « C’est un nouveau drame routier effroyable qui s’est produit dans le 6e cette nuit. On a affaire si j’ose dire à un « classique du genre ». Un automobiliste qui cumule plusieurs faits aggravants, vitesse, feux grillés, délit de fuite, non assistance à personne en danger, et qui peut très probablement en cumuler d’autres comme l’alcool et la prise de stupéfiants. Cependant, nous avons une grande confiance dans les investigations très rapides de la police pour cette affaire.

Notre association, qui soutient moralement les victimes de chauffards ou les ayants droits en grande difficulté, s’occupe de l’accident du parc de Parilly, qui a fait un mort et un blessé grave du fait d’un conducteur sans permis qui conduisait la voiture du père de son ami, lui-même sans permis.

Plus que jamais notre association reste vigilante et soutient les familles touchées. On rayonne au-delà de Lyon puisqu’une famille du département 56, nous a appelés pour le cas de deux frères adultes fauchés sur un trottoir par un délinquant drogué et dont l’accident a fait un mort et un blessé.

On incarne les remontées des citoyens exaspérés face à l’augmentation croissante de cette délinquance.

A croire qu’il ne faut plus mettre le nez dehors, le soir après 22 heures en ville et surtout les week-end, comme vient de le prouver ce dernier accident !  »

25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

PROJET SILVA

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Organisé pour :  Davincicorp®

 

PROJET SILVA

Création d’une forêt indigène

 

« La première règle de l’écologie, c’est que les éléments sont tous liés les uns aux autres. »

Barry Commoner

 

►A propos du projet

 

L’écologie, c’est avant tout la défense des éco-systèmes, composés par une multitude d’organismes. Pour adopter une démarche écologique, il est important de comprendre l’équilibre de la relation entre l’homme et la nature, de l’aimer et de le protéger.

Les arbres favorisent la biodiversité en fournissant abri, nourriture et protection à de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes, de petits mammifères, de champignons…

La disparition d’une seule espèce végétale peut entraîner à elle seule l’extinction de 30 espèces animales.

La richesse biologique et écologique des forêts est la source du vivant.

Chaque année, entre 13 et 15 millions d’hectares de forêt disparaissent, (surface de la Belgique) . La déforestation est à l’origine de 17 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (source GIEC).

En France, la forêt regagne du terrain depuis le milieu du XIXème siècle. Mais le reboisement se fait mal, souvent une seule espèce est plantée et la biodiversité ne fait que diminuer.

Seul 0,2% de la forêt française est qualifiée de naturelle; c’est à dire non touchée par l’homme depuis environ 100 ans.

 

Notre idée est simple, sur un sol vierge, dans un but écologique et citoyen, nous voulons créer une forêt indigène. Planter différentes essences locales, de grands feuillus aux petits arbustes, dans le respect de l’environnement, sans produits chimiques.

Notre but : compenser jotre empreinte carbone, favoriser la biodiversité et montrer au plus grand nombre que des solutions sont possibles.

 

Chaque être humain a donc une empreinte carbone qui varie selon son mode de vie.

Un français émet en moyenne 11,9 T de CO2. Sachant qu’un arbre stocke en moyenne 30kg de CO2 chaque année, il faudrait environ 393 arbres pour compenser sa seule pollution.

 

►Une forêt, un documentaire

Cette idée originale et unique mérite qu’on la montre au plus grand nombre. C’est pourquoi du premier jour ou l’idée nous est apparue jusqu’au 3ème hiver après la plantation, Alexandre Leuger, réalisateur, filmera le projet caméra au poing.

C’est donc deux projets en un, une forêt, un documentaire.

 

►La forêt

 

Le projet SILVA consiste à créer une forêt indigène selon la méthode Miyawaki.

Qui est Akira Miyawaki ?

Le professeur Miyawaki est né en 1928, c’est un botaniste japonais expert en écologie retrospective aplliquée à la restauration des forêts natives. Il a ainsi mis en place une méthose et depuis a planté plus de 40 millions d’arbres.

 

En quoi consiste la méthode Miyawaki?

Recommandations générales:

Flexibilité: s’adapter aux conditions locales et utiliser les moyens disponibles pour que la plantation réussisse.

Faire prendre conscience aux locaux de l’importance du projet et les impliquer lors de la plantation.

Calme: faire les choses sereinement afin d’assurer la pérennité de la forêt.

→Etape 1 : Recherche de la Végétation Potentielle Naturelle

Identification des communautés d’essences 20 km autour de la zone de reforestation.

Diversification des essences d’arbres avec au moins 50 espèces différentes.

→Etape 2 : Préparation du terrain

Nettoyage et pr »paration du terrain

→Etape 3 : Plantation de la forêt par les volontaires et la communauté

Planter de manière dense entre 3 et 5 espèces par m²

Appliquer un paillage de protection pour imiter l’humus de la forêt.

 

Une plantation selon la méthode Miyawaki est 30 fois plus dense qu’une revégétalisation classique, la biodiversité est 100 fois plus riche et la croissance des arbres 10 fois plus rapide environ 1 mètre par an et au bout de trois ans la forêt devient autonome.

 

Ce sera la plus grande plantation selon la méthode Miyawaki en Europe !

 

Le lieu : près d’une ferme sur la commune du Garric dans le Tarn.

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La parcelle : elle fait un hectare et est actuellement plantée en luzerne. Orientée Nord, Nord-Est, elle offre une diversité de sol intéressante.

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Les arbres indigènes que l’on veut planter :

Acer campestre Erable champêtre

Quercus ilex Chêne vert

Acer monspessulanum Erable de Montpellier

Quercus petraea Chêne sessile

Alnus glutinosa Aulne glutineux

Quercus humilis Chêne pubescent

Arbutus unedo Arbousier

Quercus robur Chêne pédonculé

Betula pendula Bouleau verruqueux

Castanea sativa Châtaignier

Salix alba Saule blanc

Crataegus monogyna Aubépine monogyne

Salix caprea Saule marsault

Fagus sylvatica Hêtre

Sorbus aria Alisier blanc

Fraxinus angustifolia Frêne oxyphylle

Sorbus aucuparia Sorbier des oiseleurs

Fraxinus excelsior Frêne commun

Sorbus domestica Cormier

Ilex aquifolium Houx

Tilia cordata Tilleul à petites feuilles

Tilia platyphyllos Tilleul à grandes feuilles

Populus alba Peuplier blanc

Ulmus glabra Orme de montagne

Populus nigra Peuplier noir

Ulmus minor Orme champêtre

Prunus avium Merisier

Morus Murier

Crataegus laevigata Aubépine épineuse

Cornus mas Cornouiller male

Corylus avellana Noisetier

Cydonia oblongua Cognassier

Juniperrus communis Genevrier

Pyrus communis Poirier sauvage

Rosa canina Eglantier

Rubus idaeus Framboisier

Sambucus nigra Sureau noir

 

 

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►Le documentaire

 

Note d’intention du réalisateur :

L’objectif initial du film est de raconter les étapes de la création d’une forêt. J’aimerais aller plus loin.

Mon intention de citoyen part d’une prise de conscience démarrée il y a plus de dix ans. Elle s’est traduite par des attentions quotidiennes sur mon environnement et sur ma consommation. Aujourd’hui, je suis dans la démarche de me tourner vers la Nature, d’aller à sa rencontre, de l’observer et d’interagir avec elle. Cela m’a amené à faire des rencontres, à expérimenter, et bien sûr à apprendre. Avec l’idée de créer une forêt, je vois là l’occasion de m’investir encore davantage auprès de la Nature et d’apprendre encore davantage grâce aux rencontres et à l’expérimentation.

 

Accompagné de ma caméra, je souhaite partager cette démarche dans l’espoir toujours un peu naïf que le film inspire le spectateur.

 

Mon intention de réalisateur s’inscrit dans la continuité de ma démarche citoyenne. Si nous partons à la découverte ou la redécouverte de la Nature et de sa biodiversité, c’est que nous désirons interagir avec Elle. Ainsi se développe une relation entre la Nature et l’Homme.

Cette expérience, c’est comme un retour vers ce que nous ne connaissons pas. Cette aventure inédite nous amène à nous intéresser à la Nature, et donc aussi à l’Homme.

Alors je vais m’intéresser à ceux qui vont contribuer au projet de création d’une forêt, ceux qui vont faire la démarche de la bâtir avec nous. Nous sommes curieux à tout âge, c’est pourquoi chacun est le bienvenu pour entrer dans l’aventure.

 

La biodiversité, les arbres, les plantes, les insectes, les animaux, l’eau, l’air. Autant de sujets interdépendants de l’Homme, autant d’éléments dont nous dépendons d’une façon ou d’une autre. La disparition des espèces, la pollution de l’air, autant de drames dont nous sommes coresponsables et qui entraînent une prise de conscience collective de notre action sur la destruction de la Nature. Aujourd’hui je vous invite à entrer dans le Projet Silva, le projet qui réintroduit l’Homme auprès de la Nature. Et si on partait à sa redécouverte, ensemble ?

 

►A quoi va servir le financement

 

L’argent récolté servira à planter la forêt. En comptant la préparation du terrain, l’achat du plant, la plantation et l’entretien de la forêt, il nous faut 65 000 euros pour réaliser le projet.

 

BUDGET GLOBAL NECESSAIRE

Pour planter la forêt et ses 30 000 arbres il nous faut 65 000 euros

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1er palier : 25 000 euros permet de commencer le projet et de planter 1/3 de la forêt

2ème palier : 35 000 euros permet de planter la moitié de la forêt

3ème palier : 50 000 euros permet de planter les 2/3 de la forêt

4ème palier : 65 000 euros permet de planter la totalité de la forêt

 

►À propos du porteur de projet

 

Yann Roques le porteur du projet a 29 ans, passionné d’Histoire depuis l’enfance il est secrétaire du Centre Archéologique des Pays Albigeois et conférencier. Il aime transmettre son savoir au public. Depuis presque une dizaine d’années il fait des films, là aussi par passion. Après un documentaire historique en 2011 (Coroarios), un film documentaire historique en 2014 (Makrian) et une fiction en 2017 (Le sang des hommes libres), il a crée le projet Silva, un projet écologique qui lui tient à coeur.

 

Alexandre leuger, le réalisateur, a 29 ans, il est diplomé de l’Ecole Supérieur de Réalisation et de l’Audiovisuel de Paris, il a travaillé pour la télévision puis après avoir eu deux enfants il s’est reconverti en tant qu’éducateur social auprès de personnes handicapés. Aujourd’hui il est revenu à ses premières amours à savoir le Cinéma. Il dirige une entreprise de réalisation de films. Sa conscience écologique est là depuis toujours, mais avec le Projet Silva il va pouvoir la mettre en pratique. Il suit déjà le projet depuis le jour où l’idée a germé dans la tête de Yann.

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►Contacts 

 

https://www.facebook.com/projetsilva

twitter : @DavincicorpFr

instagram : projet_silva

email :

 

 

https://www.leetchi.com/c/projet-silva

 

25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

un mauvais présage …

Haute-Savoie : le lac d’Annecy est au plus bas à cause de la sécheresse

Le lac d’Annecy (Haute-Savoie) n’a jamais atteint un niveau aussi bas qu’à l’heure actuelle. Les protecteurs de l’environnement s’inquiètent en ce début d’automne 2018.

On s’y promène désormais les pieds dans l’eau, les yeux rivés sur la montagne. Pourtant, en temps normal, cette partie du lac d’Annecy (Haute-Savoie) n’est accessible qu’à la nage. Cet automne, la sécheresse a changé la donne. Les loueurs de bateaux doivent désormais remorquer leurs embarcations à pied. Jamais, même lors de la canicule de 2003, le niveau du lac n’avait été aussi bas.

Pas de pluie avant la fin du mois de septembre !

En cause, le faible débit des ruisseaux qui l’alimentent, mais aussi ses vannes, qui restent grandes ouvertes en période de pluie pour empêcher le niveau du lac de monter. Certains élus critiquent cette régulation. Laisser les eaux monter et descendre librement est une décision qui relève de l’État. Pour l’heure, la pluie se fait attendre, le niveau du lac pourrait encore baisser d’une dizaine de centimètres d’ici la fin du mois de septembre.

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