bienvenue à toi ... métal, vélo et forêt

"J’avais vu mourir trop de monde pendant cinq ans pour ne pas imaginer facilement la mort d’Elzéard Bouffier, d’autant que, lorsqu’on en a vingt, on considère les hommes de cinquante comme des vieillards à qui il ne reste plus qu’à mourir. Il n’était pas mort."

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

l’Europa et l’ecologie …

POLLUTION, DÉCHETS… COMMENT L’EUROPE AMÉLIORE NOTRE ENVIRONNEMENT

JEAN BOTELLA  PUBLIÉ LE 17/05/2019 À 12H52
Pollution, déchets… comment l’Europe améliore notre environnement

 

Même si des lobbies y font encore parfois la loi, Bruxelles est devenue au fil des ans un acteur majeur du développement durable.

Difficile à croire mais rien, dans le traité de Rome de 1957, ne concernait les questions d’environnement. Il a fallu attendre la fin des années 1960 pour qu’une première directive sur les déchets installe les bases d’une politique commune. Mais depuis lors, quel chemin parcouru ! Malgré les obstacles, les lenteurs et les conflits d’intérêts latents, l’Union européenne est devenue au fil des décennies un acteur primordial en matière d’environnement. Certes, le chemin reste chaotique, semé de controverses scientifiques et d’innombrables chausse-trappes tendues par les lobbies.

L’interdiction de la culture des OGM au nom du principe de précaution (le Vieux Continent est le seul endroit de la planète où les plantes génétiquement modifiées n’ont pratiquement pas droit de cité) continue, par exemple, d’être contestée par une partie de la communauté scientifique. Et, sur les dossiers des pesticides, Bruxelles a mis des années à se décider à réagir, du fait des enjeux économiques considérables pour les agriculteurs et de la folle pression de l’entreprise Monsanto. Mais dans l’ensemble, personne ne pourra nier que l’UE pousse les feux du développement durable. «C’est simple, elle nous tire vers le haut», admet l’avocate Corinne Lepage, ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé de 1995 à 1997. Voici quelques exemples de son action.

 

Qualité de l’air

Depuis quelques mois, des dizaines de milliers de jeunes Européens sèchent les cours une fois par semaine pour protester contre l’«inertie des autorités» dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sur ce sujet brûlant, commissaires bruxellois et élus de Strasbourg se tourneraient-ils les pouces ? Pas du tout. Voilà déjà bien longtemps qu’ils vont au charbon ! La mise en œuvre des normes européennes «Euro», qui régissent les émissions de polluants atmosphériques des moteurs essence, diesel et GPL, date par exemple de 1988. «Au début, il s’agissait surtout de réglementer les polluants néfastes pour la santé», commente Joseph Beretta, président de l’Avere-Association nationale pour le développement de la mobilité électrique. Puis la question du climat s’est imposée et les normes se sont durcies, au grand dam de l’industrie automobile.

 

 

Rappelons les principes : l’accord de Paris de 2015 vise à contenir l’élévation de la température mondiale au-dessous de 2 degrés par rapport à l’époque préindustrielle. Pour y contribuer, l’UE table sur une réduction de 80 à 95% de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050, avec une étape en 2030. A cette date, la loi européenne a fixé un objectif de 40% de réduction des GES par rapport à 1990. En mars dernier, les députés européens ont adopté une résolution (certes non contraignante) pour aller jusqu’à 55% de baisse. Bruxelles a aussi relevé les objectifs initiaux en matière de réduction de consommation d’énergie (32,5% contre 30% au départ) et d’utilisation des renouvelables (32% contre 27%).

En 2018, le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, a aussi réformé son système d’échange de quotas d’émissions pour gagner en efficacité. Ce mécanisme complexe fixe un plafond de CO2 que l’industrie lourde (plus de 11000 usines concernées), le transport aérien et les centrales électriques de l’UE sont autorisés à émettre. A en croire le think tank britannique Sandbag, en dépit des doutes, tous les outils sont ainsi réunis pour que l’UE atteigne l’objectif de 2030. D’autant que les politiques climatiques nationales, notamment les plans de sortie du charbon, vont l’y aider. De l’air !

Réduction des déchets plastique

L’offensive date de 2015. Cette année-là, le Parlement européen avait élaboré un texte visant à réduire massivement l’utilisation de sacs en plastique, responsables d’une pollution de plus en plus insupportable. La mesure a été bien acceptée par les consommateurs et les commissaires européens ont décidé d’aller plus loin. En mars dernier, le Parlement a ainsi validé l’interdiction de certains plastiques à usage unique. D’ici à 2021, les pailles, Coton-Tige, touillettes à café et autres couverts de pique-nique deviendront non grata dans l’Union. Selon la Commission, ces ustensiles représentent 70% des déchets marins. Cette décision est une bonne nouvelle pour les tortues, les phoques, les baleines et les oiseaux, qui ingèrent du plastique en quantité astronomique. Mais ça l’est aussi pour les humains. Via les poissons et les mollusques, les résidus de plastique se retrouvent en effet dans notre chaîne alimentaire. Beurk !

 

En plus des interdictions limitées aux produits facilement substituables, la nouvelle directive assignera aux Etats membres des objectifs de réduction d’utilisation des récipients alimentaires et des gobelets. Ils devront aussi atteindre un objectif de 90% de bouteilles plastique collectées d’ici à 2025. Les fabricants, quant à eux, seront mis à contribution pour financer en partie les efforts de mise en œuvre de ces dispositions. D’après les calculs de la Commission, elles devraient permettre d’éviter des dommages pour l’environnement estimés à 22 milliards d’euros d’ici à 2030.

Protection des espèces

Disons-le tout net : en matière de protection des espèces et des milieux naturels, l’Europe n’a pas toujours été à la hauteur. Mais quelle serait la situation sans les directives «Habitat-Faune-Flore» (1992) et «Oiseaux» (1979 et 2009), qui fondent le programme Natura 2000 ? Celui-ci prévoit la création, dans chaque pays membre, de zones spéciales de conservation, où sont protégées des centaines d’«espèces d’intérêt communautaire» et d’écosystèmes : prairies, forêts, tourbières, dunes… Le maillage couvre 18,5% du territoire européen et 400000 kilomètres carrés d’espace marin, ce qui en fait le réseau d’aires protégées le plus vaste du monde. Originalité de Natura 2000 : le programme vise à concilier activités humaines (à condition qu’elles soient durables) et protection de l’environnement.

 

Sur chacun des 26000 sites concernés, un comité de pilotage, composé d’élus, de représentants des pouvoirs publics, d’associations, d’entreprises, d’agriculteurs et d’experts, définit des objectifs de protection. Des évaluations sont ensuite régulièrement menées pour vérifier l’état de conservation des zones et de leurs habitants à plume, à poil ou à écaille. De sévères amendes peuvent s’appliquer en cas de dérapages. A cet égard, la France n’est pas la meilleure des élèves. La Ligue pour la protection des oiseaux a d’ailleurs récemment déposé une plainte auprès de la Commission contre l’Etat, jugé trop laxiste envers les chasseurs qui continuent, par exemple, à canarder les oies sauvages au-delà de la période autorisée.

Réduction des risques industriels

Évidemment, les habitants de Seveso, en Lombardie (Italie), auraient préféré que le nom de leur commune reste dans l’histoire pour une autre raison. Le 10 juillet 1976, un nuage de dioxine s’échappait de l’usine chimique Icmesa. Bilan : des centaines de personnes évacuées, dont certaines souffrant de graves lésions dermatologiques, des dizaines de milliers d’animaux asphyxiés, des sols contaminés… La catastrophe poussera l’Union européenne à élaborer la première directive Seveso, destinée à recenser les sites présentant un risque majeur pour l’environnement. Le b.a.-ba, direz-vous, sauf qu’à l’époque, rien de tel n’existait.

Depuis, Bruxelles a pondu deux autres directives Seveso, de plus en plus strictes. La troisième mouture a été transposée en 2015 en droit français dans le Code de l’environnement, en même temps que le règlement CLP (classification, labelling, packaging) sur la classification et l’étiquetage des produits chimiques. Celui-ci a pour but d’éviter d’autres catastrophes, comme celle survenue à l’usine AZF de Toulouse, en 2001. L’explosion du site (qui a coûté la vie à 31 personnes) avait été provoquée par le contact entre du chlore et de l’ammonium, entreposés à la va-vite l’un à côté de l’autre alors qu’il s’agit d’un mélange détonant. Texte jugé efficace, la directive Seveso 3 impose un recensement régulier des installations à risque, soit environ 10000 établissements en Europe. L’exploitant est tenu à de nombreuses procédures de sécurité, mais aussi à la transparence. Quitte à se faire des frayeurs, chacun peut consulter sur Internet toutes les informations liées aux installations Seveso situées à côté de chez lui.

Interdiction de l’huile de palme

Les orangs-outans ont de bons lobbyistes. Une décision de Bruxelles annoncée le mois dernier leur est, en effet, très favorable : d’ici à 2030, elle vise à retirer l’huile de palme des matières premières servant à produire des biocarburants. Depuis 2009 et le vote de la première directive de l’UE sur le remplacement programmé des combustibles fossiles par de l’énergie verte, la vie des grands singes est devenue impossible.

 

En Indonésie et en Malaisie, les forêts qui les abritent se réduisent comme peau de chagrin, remplacées par des cultures d’oléagineux servant à la fabrication de carburants verts. Le remède est pire que le mal : à la déforestation, qui accentue l’émission de gaz à effet de serre, s’ajoute la disparition des zones humides, tandis que les fumées des brûlis rendent l’air irrespirable dans des régions entières. Le gouvernement de Djakarta est furieux et les lobbys s’agitent. Mais pour Bruxelles, on ne peut pas rouler vert à tout prix

Protection contre les substances chimiques

C’est un sacré filet de protection. Entré en vigueur en 2007 dans l’Union européenne, le règlement Reach (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques) vise un noble objectif : mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques. Ce dispositif unique à l’échelle internationale a permis des avancées notables. Les agences scientifiques des Etats membres peuvent en effet intervenir dans le cadre de Reach, pour faire reconnaître le caractère «extrêmement préoccupant» de certains composants. Les industriels et les distributeurs sont ensuite tenus de notifier à l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) leur présence dans les marchandises fabriquées ou importées dans l’UE.

 

C’est le cas du fameux bisphénol A (BPA), un produit de synthèse utilisé depuis longtemps dans l’industrie du plastique. «Il s’agit d’un perturbateur endocrinien aux effets délétères qui peut accroître les risques de diabète, d’obésité ou de cancers», explique Matthieu Schuler, directeur de l’évaluation des risques à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). En 2017, c’est sur proposition de l’Anses que l’Echa a placé le BPA sur la liste noire. Grâce aux Français, il avait déjà été interdit dans des contenants alimentaires et dans les tickets de caisse de supermarchés.

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

glyphosate dans les urines

A Lyon aussi, on retrouve du glyphosate dans les urines : où en est le débat ?

Le glyphosate est actuellement sous le feu des critiques, la molécule tient d’ardents détracteurs et des défenseurs au moins aussi investis, mais est aussi observée par des scientifiques qui tentent de se faire entendre. Des marches mondiales contre la firme Monsanto, qui produit et commercialise le glyphosate, se préparent par ailleurs ce week-end, dans plus de 30 villes en France dont Lyon. On fait le point sur le débat, dans le calme.
Par Camille Rouet publié le 16/05/2019 à 18h05
Mercredi 13 mars à la Maison de l’Environnement (7e) se déroulait la première campagne de prélèvements d’urines pour le secteur lyonnais de la Campagne Glyphosate.

Démarrée l’année dernière à l’échelle nationale, celle-ci se donne pour mission d’effectuer un maximum de prélèvement d’urine chez les citoyens afin de mener une action en justice contre « toute personne impliquée dans la distribution et la large diffusion dans l’environnement de molécules probablement cancérogène de glyphosate ».

Coordonnée par le collectif des Faucheurs Volontaires d’OGM, la campagne a déjà réalisé plus de 1500 prélèvements dans toute la France, dont 350 en Rhônes-Alpes selon le coordinateur local du mouvement, Olivier Crenn. On sait déjà que tous les prélèvements sont positifs et qu’au niveau national la moyenne des taux de glyphosate dans les urines s’élèverait à 1.04 ng/mL (nanogramme par millilitre).

 

Une huissière de justice est présente pour authentifier la validité des prélèvements d’urine. ©Camille Rouet

L’ambiance est matinale mais surtout conviviale : les organisateurs attendent les participants depuis six heures et les accueillent avec un petit-déjeuner.

Chacun peut participer en s’inscrivant au préalable, moyennant une cotisation de 135 € pour financer les frais organisationnels et de justice.

Arrivée au stand, petit-déjeuner, file d’attente, entretien pour étayer les statistiques de la campagne… et on rencontre enfin l’huissière de justice. Il ne reste plus qu’à se déshabiller dans une salle annexe, procéder au prélèvement d’urine, rendre son flacon et la participation est terminée.

L’équipe organisatrice s’occupe du reste : faire analyser les prélèvements et enfin monter l’action en justice.

Autour de 10 heures, la soixantaine de prélèvements est bouclée.

« Le glyphosate est présent, qu’on le veuille ou non »

Sylvain Willig est membre des Faucheurs Volontaires et reçoit ce jour-là la presse. Arborant également son badge du mouvement anti-pesticide « Nous voulons des coquelicots », il explique que la campagne « s’intéresse au glyphosate car c’est un marqueur, et reconnu comme probablement cancérogène. […] Ça met en évidence qu’on en absorbe. Il est présent qu’on le veuille ou non. C’est aussi une atteinte à la liberté individuelle ».

Il en profite pour rappeler que le discours des industriels serait de laisser le choix au consommateur entre la nourriture bio et non bio. La présence de glyphosate dans l’urine des personnes qui ne souhaitent pas en consommer viendrait donc à l’encontre des choix de consommation.

L’écologiste développe :

« Ce n’est pas uniquement notre petite santé à nous les écolos qui mangeons bio, et cetera. Le but c’est de mettre en évidence que c’est un ensemble de produits qui sont dangereux, dont on ne connaît pas forcément les effets.

On soumet depuis plusieurs décennies l’ensemble de la population du monde à de plus en plus de produits probablement toxiques. Quasiment comme si c’était une expérience à l’échelle mondiale, quoi. »

Pour appuyer la thèse du risque, diverses organisations dont la Campagne Glyphosate mènent ainsi des prélèvements d’urine chez les citoyens. Elles montrent que 100% des échantillons, dont ceux pris à Lyon, présentent des traces de glyphosate. Nombre d’arguments contre le glyphosate demeurent cependant contestés par des tenants de ce que l’on appelle la méthode scientifique.

Monsanto qui produit et commercialise

Mais qu’est-ce, au juste, que le glyphosate ? C’est une molécule qui fait parler d’elle, en premier lieu parce qu’elle est le principe actif herbicide le plus utilisé dans le monde. En France, 9100 tonnes de glyphosate auraient été utilisées en 2016.

Mais seule, la molécule n’a pas beaucoup d’utilité, c’est pourquoi elle est toujours associée à des co-formulants qui amplifient son effet, par exemple pour fabriquer le fameux Roundup de la multinationale Monsanto.

Le glyphosate est effectivement lié à cette entreprise car c’est elle qui l’a breveté et employé en premier comme herbicide dans les années 1970. Enfin, Monsanto produit et commercialise encore du glyphosate bien que son brevet soit tombé dans le domaine public en 2000.

Pourquoi un herbicide mérite-t-il qu’on aille le traquer jusque dans nos urines ? Sur le plan de la santé, on reproche le plus souvent au glyphosate qu’il ait été classé en 2015 comme « probablement cancérogène » par le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC), un organe international de recherche affilié à l’OMS et basé à Lyon.

Nous reviendrons sur la signification de la classification comme « probablement cancérogène » par le CIRC un peu plus tard. Car c’est bien en raison de cette classification, de son utilisation massive ainsi que de son affiliation à l’entreprise Monsanto que le glyphosate est autant contesté.

Où en est le débat politique ? Malgré la controverse suscitée par la classification du CIRC en 2015, le glyphosate est ré-autorisé pour une durée de cinq ans dans l’Union Européenne en novembre 2017.En France, alors que le gouvernement avait annoncé en 2017 que l’on se passerait de glyphosate d’ici 2020, le Président est revenu sur sa promesse en janvier en affirmant que la sortie du glyphosate à 100 % ne serait pas faisable. De son côté, le Parlement a refusé deux fois en mai et septembre 2018 de voter un amendement visant à inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate d’ici trois ans.

Par ailleurs, en janvier 2019, le tribunal administratif de Lyon a fait interdire la vente aux particuliers du Roundup 360, se basant sur la classification du CIRC et le principe de précaution.

« Plus on sera nombreux à porter plainte, et plus ça aura une chance d’avoir un poids »

Les mesures de glyphosate, positives chez tout le monde, poussent à dire que l’agriculture et les méthodes employées sont l’affaire de tous.

Pour autant, doit-on avoir peur de ces traces de glyphosate dans les urines ? Parmi les « glyphotestés » à Lyon, Annick est venue par curiosité et surtout pour le dépôt de plainte. Ecolo depuis les années 1980, elle se dit « à la fois heureuse et navrée qu’il ait fallu une génération pour réentendre ce qu’on disait déjà il y a quarante ans ». Vivant en ville, se nourrissant bien, peu exposée, elle n’est pas vraiment inquiète des effets du glyphosate sur sa santé.

Son action est avant tout politique :

« Pour la curiosité personnelle, c’est rigolo de savoir à combien on est, sachant que de toute façon, on a tous du glyphosate. Et sachant aussi que ça varie d’un jour à l’autre.

C’est le côté politique qui est beaucoup plus intéressant à mon avis. Plus on sera nombreux à porter plainte, et plus ça aura une chance d’avoir un poids. »

 

Début avril, les résultats des prélèvements à Lyon tombent : comme chacune des mesures effectuées à ce jour, elles sont toutes positives, mais légèrement en-dessous de la moyenne nationale de 1,04 ng/mL. Inquiet, on peut se demander si ces taux mesurés sont alarmants, ou pas.

Olivier Crenn, tout comme dans la vidéo de la Campagne Glyphosate, prend comme repère un seuil de 0,1 ng/mL qui correspond au seuil maximal admissible pour un pesticide dans l’eau potable. On peut alors prendre peur : en moyenne, notre urine dépasserait ce seuil de dix fois.

Comment comparer urine et eau potable

Seulement, ce raisonnement est-il pertinent ?

Le scientifique peut douter d’une comparaison qui évalue la qualité de l’urine, un déchet naturel du corps, au regard d’une source d’eau potable. Plus encore, cette limite de 0,1 ng/mL ne serait en fait pas un seuil sanitaire. En effet, on comprend dans un rapport sur la qualité de l’eau potable du Ministère de la Santé que ce seuil est en réalité une limite de qualité, non sanitaire et appliquée indifféremment à tous les pesticides :

« Ces limites ne sont pas fondées sur une approche toxicologique […] et n’ont donc pas de signification sanitaire ; elles ont pour objectif de réduire la présence de ces composés au plus bas niveau de concentration possible ».

Le même rapport indique que le risque sanitaire pour la population est basé sur les valeurs sanitaires maximales (Vmax) établies par l’Anses :

« La consommation pendant la vie entière d’une eau contenant un pesticide à une concentration inférieure ou égale à la Vmax n’entraîne, sur la base des critères toxicologiques retenus et en l’état actuel des connaissances, aucun effet néfaste pour la santé. »

Pour le glyphosate, la Vmax proposées par l’Anses monte à 900 ng/mL.

Prélèvements à répétitionL’idée de mesurer le glyphosate dans les urines n’est pas nouvelle. Parmi les premiers à utiliser cette méthode, on retrouve l’association française Générations Futures, qui publie un rapport en avril 2017 sur l’exposition des Français au glyphosate. Il dévoile alors que les prélèvements effectués sur leurs 30 « cobayes » contiennent tous « des résidus de cet herbicide classé cancérogène probable ».En janvier 2019, le sujet revient avec le reportage d’Envoyé Spécial « Glyphosate : comment en sortir ». Pour assurer sa communication, l’équipe avait diffusé sur les réseaux sociaux une séquence pendant laquelle des personnalités comme Jamel Debbouze, Lilian Thuram ou Julie Gayet se prêtaient au jeu du « glyphotest ».

Là encore, 100 % des prélèvements effectués ont montré une présence de glyphosate, et le résultat était présenté comme relativement préoccupant. Ces deux épisodes ont fait réagir la communauté du « scepticisme scientifique » (voir second encadré). Que ce soit le rapport de Générations Futures – voir la critique du blogueur Bunker D – ou le reportage de Envoyé Spécial – voir cet article de Théière Cosmique à l’onglet « glyphotest » -, le manque de rigueur scientifique était reproché, compte-tenu de l’angle adopté.

Au vu des résultats de l’Anses, on peut se rassurer quant à la présence de traces de glyphosate dans nos urines : en concentration, elles seraient environ 900 fois inférieures aux limites sanitaires dans l’eau potable.

Cependant, les mesures montrent tout de même que le glyphosate – classé « probablement cancérogène » par le CIRC – est aussi probablement présent dans le corps de chacun d’entre nous. Alors faut-il s’en inquiéter ?

Entre danger, risque et précautions

Pour comprendre la classification du CIRC, il faut garder à l’esprit que cet organisme cherche à évaluer le danger (soit la capacité potentielle de nuisance d’un produit) et non le risque (soit la probabilité de souffrir de la nuisance lors d’une exposition donnée à un produit).

C’est ce que rappelle le CIRC dans sa FAQ :

« La classification indique le degré de certitude des indications selon lesquelles un agent peut provoquer le cancer (techniquement appelé “danger”), mais il ne mesure pas la probabilité qu’un cancer surviendra (techniquement appelé “risque”) en raison de l’exposition à l’agent. »

Le glyphosate est probablement cancérogène selon le CIRC. Cela signifie qu’un lien de causalité entre l’exposition au glyphosate et la survenue de cancer existe probablement. De la même manière, les rayons ultra-violets sont classés « cancérogène certain » par le CIRC car un lien de causalité avéré existe entre l’exposition aux ultra-violets et la survenue de cancer.

Si l’existence d’un mécanisme de cancérogénicité est probable, existe-t-il un réel risque sanitaire lié aux expositions de glyphosate pour la population ? S’il ne se prononce par lui-même, le CIRC renvoie l’évaluation et la gestion des risques aux organes nationaux et internationaux.

En ce qui nous concerne, il s’agit de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail,), qui évaluent respectivement les substances actives au niveau de l’Europe et les produits formulés en France.

Or, selon Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de la revue Sciences & pseudo-sciences, interrogé par le Point, « toutes les agences sanitaires indiquent que le glyphosate, dans les conditions normales d’utilisation, ne présente pas de risque pour les agriculteurs ». Il ajoute que « la population générale est évidemment bien moins exposée que les professionnels ».

Dans une analyse du traitement médiatique du glyphosate, le blogueur Chèvre Pensante recense les avis de nombreuses agences scientifiques nationales et internationales sur le sujet. Dans l’ensemble, elles concluent toutes à une faible probabilité de risque de cancer pour les humains.

Le monde du scepticisme

En France et à l’étranger, une communauté de penseurs, blogueurs et vulgarisateurs est animée autour de l’esprit critique et de la science. Parfois appelé « zététique », scepticisme scientifique, ou simplement esprit critique, ce courant réunit des personnes variées qui ont pour point commun de militer en faveur de la méthode et de la pensée scientifiques.

Dans la francophonie, on retrouvera par exemple les vidéastes Hygiène Mentale, La Tronche en biais et Un Monde Riant, des blogueurs comme Chèvre Pensante, la Théière Cosmique et Bunker D ou encore la revue Sciences & pseudo-sciences et le podcast Scepticisme Scientifique.

Il est fréquent que des personnes se réclamant du scepticisme scientifique entrent en conflit avec des militants écologistes sur des sujets controversés. L’exemple du glyphosate dans les urines illustre bien cette tendance (voir premier encadré), mais on peut aussi penser à la controverse qui entoure les travaux sur les OGM du chercheur Gilles-Eric Séralini.

Les autorités scientifiques sont arrivées aux mêmes conclusions : ni l’Efsa, ni l’Anses ne valident le fait que le glyphosate soit un cancérogène présumé ou avéré.

Cependant et ce n’est pas anodin, l’Anses retire du marché en 2016 tous les produits associant le glyphosate à un co-formulant, la tallowamine, « des risques inacceptables, notamment pour la santé humaine, ne pouvant être exclus pour ces produits ».
L’Anses dispose de neuf laboratoires, dont un à Lyon, avenue Tony Garnier (7e). ©Camille Rouet

Systèmes d’évaluation défaillants

Les militants de la Campagne Glyphosate n’ignorent pas nécessairement les conclusions des agences réglementaires. Pour Sylvain Willig, les avis publiés par ces dernières ne sont pas valables car « les systèmes d’évaluation sont complètement défaillants ».

Pour étayer cet argument, Sylvain Willig pointe notamment du doigt les conflits d’intérêts de certains membres de l’EFSA, « membres ou ex-membres des sociétés productrices de pesticides » et le fait que les études réglementaires soient réalisées par les industriels et de façon trop opaque à son goût.

Ainsi, il précise l’objectif de la Campagne Glyphosate :

« Si la plainte est instruite par un juge d’instruction, et qu’on vient à avoir gain de cause, en remettant en cause les processus d’homologation, de fabrication et de diffusion du glyphosate, on aura réussi à pointer du doigt le fait que les décideurs sont responsables de leurs actes et ne peuvent plus se permettre de valider des mises sur le marché sans prendre la mesure de toute les conséquences.

Et donc, à travers le glyphosate, c’est l’ensemble des pesticides qu’on attaque. »

Finalement, le problème se déporte de la cancérogénicité du glyphosate à la légitimité des agences sanitaires, que la Campagne Glyphosate juge trop proches des industriels.

Comme le rappelle l’extrait de leur plainte, celle-ci vise notamment des responsables de l’Efsa et de l’Anses « pour mise en danger de la vie d’autrui » et « tromperie aggravée ».

06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

Elections Européennes : Yannick Jadot dévoile son programme

Yannick Jadot en février 2019.
Yannick Jadot en février 2019. | DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE

Ouest-France avec AFP

Modifié le 25/03/2019 à 16h55

Publié le 25/03/2019 à 16h38

La tête de liste Europe-Écologie-les-Verts (EELV) aux Européennes, Yannick Jadot a présenté ce lundi 25 mars leur « plan d’action pour l’Europe ».

Prônant une « Banque européenne du climat », EELV et sa tête de liste Yannick Jadot ont présenté ce lundi 25 mars leur « plan d’action pour l’Europe » en vue des européennes, avec « l’écologie » pour contrecarrer « un modèle économique prédateur » menant à l’extrême droite et une Europe « qui se disloque ».

« Nous considérons avec la modestie que vous connaissez que nous sommes le mouvement politique le plus lucide sur le monde tel qu’il va, sur un modèle économique prédateur, destructeur de la planète », a affirmé Yannick Jadot lors d’une conférence de presse dans ses locaux de campagne à Paris.

« Si on laisse ce modèle destructeur à l’œuvre, c’est le statu quo européen tels que les dirigeants européens le promeuvent, c’est la barbarie qui arrive, l’extrême droite qui prend le pouvoir partout en Europe, qui se disloque », a-t-il déclaré.

« Face à ce scénario noir, il y a un scénario de l’enthousiasme, des solutions, qui mobilise l’ensemble de la société européenne : celui de l’écologie », a ajouté Yannick Jadot.

« Notre Europe n’est pas celle du libre-échange mondialisé, mais du protectionnisme vert »

EELV réclame un « traité environnemental européen, qui fait de l’écologie la norme juridique supérieure » afin de « subordonner les critères économiques aux critères environnementaux ».

« Notre Europe n’est pas celle du libre-échange mondialisé, mais du protectionnisme vert qui met à ses frontières des taxes socio-écologiques : sur l’empreinte écologique des produits mais aussi sur les droits des travailleurs », a expliqué Marie Toussaint, numéro 4 sur la liste.

« Le temps des petits pas est fini, il faut être ambitieux », a estimé l’eurodéputée sortante Karima Delli, en sixième position, qui a présenté le projet de « Banque européenne du climat et de la biodiversité ». Celle-ci financera un « plan d’investissement fort », de 100 milliards d’euros, « orienté vers l’économie réelle, loin de l’écologie casino, de marché qui nous a menés dans le mur, et vers la transition écologique dans tous les secteurs. »

Plusieurs partis portent l’idée de cette banque

Emmanuel Macron s’était dit début mars favorable à la création d’une « Banque européenne du climat ». Le terme est nouveau chez les écologistes, mais les 100 milliards d’investissement étaient déjà dans les mesures demandées lors de la présidentielle de 2017 par Benoît Hamon, soutenu par Yannick Jadot, a précisé l’entourage de celui-ci auprès de l’AFP.

Récemment, c’est Paul Larrouturou (présent sur la liste PS-Place publique) qui avait porté cette idée avec le climatologue Jean Jouzel. Le but de leur projet de pacte Finance-climat européen est de récupérer un budget européen de mille milliards pour lutter contre le réchauffement climatique.

Selon un sondage Ipsos Game Changers publié lundi, la liste EELV est donnée à 8 %, devant la liste conduite par Raphaël Glucksmann et soutenue par le PS, et au coude-à-coude avec La France insoumise (entre 7,5 % et 8 % en cas ou non de liste Gilets jaunes.

 

 

La pollution de l’air tue, il est urgent d’agir

Le parti pris de certains industriels et de leurs lobbyistes consiste à faire croire à la population que leurs technologies sont sans risques, au mépris de la santé et de la planète, pour quelques dividendes de plus. Mais la société a changé et les études indépendantes viennent faire voler en éclat leurs campagnes de communication.

Grâce à une étude récemment publiée par le European Heart Journal, on sait aujourd’hui que 67 000 personnes meurent prématurément chaque année en France des effets de la pollution de l’air, soit 185 par jour ! Une réalité dénoncée de longue date par les écologistes, et combattue par les élu·e·s écologistes, dans les villes comme au Parlement européen.

Le dieselgate l’a démontré : les constructeurs sont conscients des dangers qu’ils imposent à la population. En s’alliant pour camoufler les émissions réelles de leurs véhicules, en s’épaulant les uns les autres pour cacher que la consommation de carburant des véhicules vendus est supérieure à celle annoncée et coûte en moyenne 400€ de plus par voiture et par an aux ménages, ou en plaidant pour l’assouplissement des normes, ces industries prouvent que le marché dérégulé est nocif pour l’environnement et la santé.

Si le gouvernement semble avoir choisi son camp, celui des constructeurs automobiles, nous sommes au côté des citoyen·ne·s qui se battent pour le droit de vivre en bonne santé. Les moyens sont connus, et il ne manque que la volonté politique.

Pour Europe Écologie – Les Verts, il est temps que cesse la connivence entre l’État et les constructeurs automobiles. Il faut faire réduire à la source les activités polluantes, et que les industries concernées soient taxées à proportion de la pollution générée. Enfin, une autre politique de transports est urgente, pour réduire l’usage de la voiture individuelle et le nombre de camions sur les routes et en ville. Alors que l’inaction tue, le gouvernement n’a pas d’excuse pour ne pas agir !

L’étude du European Heart Journal insiste également sur les principales sources de pollution de pollution : les combustions d’énergie fossile. Lutter contre la pollution de l’air, c’est aussi lutter contre le changement climatique, et c’est ce que demande la société, tout particulièrement la jeunesse. Il est urgent d’agir ! Europe Écologie – Les Verts  demande au gouvernement de se montrer à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de ce que sa jeunesse lui demande et d’agir enfin et réellement en mettant en œuvre un plan d’urgence pour le climat tant qu’il est encore temps.

Sandra Regol et Julien Bayou, porte-parole nationaux

 

  • Replacer nos priorités autour d’une alimentation saine et durable

    Les politiques agricoles des dernières décennies ont progressivement laissé à l’industrie agroalimentaire la question de l’alimentation. Les scandales alimentaires se mutliplient depuis plusieurs décennies, les derniers en date sur les œufs au Fipronil. Perturbateurs endocriniens, pesticides cancérogènes…etc les consommateurs ne peuvent plus être exposés de la sorte à l’irresponsabilité des firmes agroalimentaires et de nos dirigeants politiques, ces mêmes produits se retrouvant en bout de chaîne dans les cantines scolaires.

    Le temps est venu pour toutes et tous de se réapproprier cette question et de poser les fondements d’une politique alimentaire ambitieuse.

    Europe Écologie – les Verts propose d’approvisionner des cantines publiques et privées par l’agriculture paysanne ou biologique : écoles, hôpitaux, entreprises, etc.

    Notre mouvement prône la construction de nouveaux modèles économiques basés sur des systèmes alimentaires locaux et des filières agricoles qui créent de la valeur et la répartissent équitablement.

05 mai 2019 ~ 0 Commentaire

sagesse orientale

Si l’on se donne parfois en ce monde bien de la peine pour n’arriver à rien,  
Où veut-on arriver dans l’autre, sans en avoir pris nul soucis ?

 

Un chien qui se remue vaut mieux qu’un lion accroupi.

Chien qui court, vaut mieux que lion couché.

Le chameau ne regarde pas sa bosse, il ne regarde que la bosse des autres.

 

Tu ne peux être sage, si tu méprises plus petit que toi, ou si tu jalouses plus grand que toi,
Ou si tu le fais payer ta sagesse.

La vengeance ne répare pas un tort, mais elle en prévient cent autres.

Les yeux sont inutiles a un cerveau aveugle.

La véritable église est celle qui est construite au fond de l’âme.

Ceux qui savent repousser le mal par le bien hériteront du paradis.

Une bonne parole est comme un bon arbre dont la racine est solide et dont les branches vont jusqu’au ciel. Il donne ses fruits en chaque saison.

Toute âme est otage de ses actions.

Ceux que l’on raille valent peut-être mieux que les railleurs.

03 mai 2019 ~ 0 Commentaire

Un astéroïde pourrait s’écraser sur Terre au cours de notre existence

Non ce n’est pas un remake du film Armageddon avec Bruce Willis. C’est une hypothèse scientifique que la Nasa prend au sérieux.

Pour le patron de la Nasa, Jim Bridenstine: les chances de voir la Terre percutée par un astéroïde de grande taille au cours de notre vie sont très faibles, mais elles ne sont pas nulles, et sont plus importantes que ne le pense le grand public, nous apprend RTL.

« Ce n’est pas Hollywood, ce n’est pas un film. J’aimerais pouvoir vous dire que ces événements sont exceptionnels. Mais ils ne sont pas rares, ils se produisent », a ainsi mis en garde le plus haut fonctionnaire de l’agence spatiale américaine.

Ce dernier a appeler les décideurs à « protéger la seule planète que nous connaissons pour héberger la vie, la planète Terre. Les dinosaures n’avaient pas de programme spatial, c’est un fait. Mais nous, nous en avons un et nous devons nous en servir. ».

Comme le rappelle Le Figaro, pour donner un ordre d’idée, il tombe un astéroïde de 20 mètres tous les 60 ans, un de plus de 140 mètres tous les 10.000 ans en moyenne, un de plus d’un kilomètre tous les 750.000 ans, et un de plus de 10 km tous les 100 millions d’années (comme celui qui a provoqué la disparition des dinosaures il y a 66 millions d’années).

L’ASTÉROÏDE DE TCHELIABINSK

Et beaucoup de monde gardent en mémoire la désintégration d’un météore , le 15 février 2013, au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk. Cet astéroïde de 20 mètres était apparu de nulle part et avait explosé en entrant dans l’atmosphère.

Les habitants avaient ressenti la chaleur de l’explosion à 60 km à la ronde. Les vitres de milliers de bâtiments avaient explosé et un millier de personnes avaient été blessées par des éclats.

Le superbolide de Tcheliabinsk, plus communément appelé météore de Tcheliabinsk, est un météore ou bolide qui a été observé dans le ciel du sud de l’Oural, au-dessus de l’oblast de Tcheliabinsk, le matin du 15 février 2013 à environ 9 h 20 locales (3 h 20 UTC).

D’un diamètre de 15 à 17 m et d’une masse estimée de 7 000 à 10 000 tonnes, le bolide s’est fragmenté dans l’atmosphère, entre 40 et 20 kilomètres d’altitude. Le phénomène a libéré une énergie estimée par le JPL à 440 kilotonnes de TNT (environ 30 fois la puissance de la bombe de Hiroshima, et environ 30 fois moins que l’événement de la Toungouska), créant une onde de choc qui a fait tomber un mur et un toit d’usine, détruit des milliers de vitres et de fenêtres de la région, et blessé ainsi près d’un millier de personnes, principalement à Tcheliabinsk. Des fragments de l’objet ont créé des cratères d’impact près de Tchebarkoul et Zlatooust.

Il est aussi remarquable que la trajectoire de la météorite ait été filmée par de très nombreux témoins, dont les images se révèlent précieuses pour les scientifiques.

 

Résultat de recherche d'images pour "L’ASTÉROÏDE DE TCHELIABINSK"

 

Impact d’astéroïde : les agences spatiales se préparent au pire

Et si un astéroïde frappait la Terre ? Même si les chances d’un tel impact sont très minimes (voire inexistantes pour le siècle à venir), il est important de se parer à toute éventualité. D’ailleurs, les agences spatiales américaines et européennes, la Fema et le Bureau de coordination de défense planétaire prennent cette situation très au sérieux.

C’est pour cette raison que ce rassemblement d’agences spatiale international a mis au point différents plans d’action en fonction des scénarios qui peuvent survenir. Ce n’est pas tout, ils ont également mis en place des exercices d’anticipation qui débuteront très prochainement.

Des exercices d’anticipation pour les participants

Tous les participants à ces exercices d’anticipation réagiront en fonction de scénarios fictifs, mais la scène principale consiste en un impact d’astéroïde sur la Terre. Prévue pour la semaine prochaine, cette séance de préparation dure cinq jours, du 29 avril au 3 mai. Ces dates n’ont pas été choisies au hasard, car c’est durant cette période qu’aura lieu la Conférence sur la défense planétaire.

Après chaque journée de préparation, les responsables feront un état d’avancement de l’exercice et mettront à jour le prochain exercice en fonction des commentaires et des agissements de chaque participant. L’objectif : identifier le comportement, en temps réel, des participants tout en jaugeant leur capacité d’adaptation.

Impact d’astéroïde : les agences spatiales se préparent au pire

 

Que faire en cas d’impact d’astéroïde ?

Cet exercice permettra donc de mieux répondre à un éventuel impact d’astéroïde. Un plan en deux étapes :

  • Calculer la vitesse et la trajectoire de l’astéroïde grâce à des télescopes
  • Décider s’il faut faire d’évier l’objet ou évacuer. Si l’objet mesure moins de 50 mètres, il faut évacuer d’urgence l’endroit qui sera touché. Ces endroits peuvent être identifiés deux semaines avant l’impact. Si l’objet fait plus de 50 mètres, la solution est de le dévier grâce à un appareil lancé vers lui.

Mais il reste une question sans réponse : qui sera l’autorité décisionnaire ? L’on ignore aussi si les pays les plus riches participeront financièrement à la mission s’ils ne sont pas dans la ligne de mire de l’éventuel astéroïde.

 

Alors que se tient la conférence de défense planétaire, le patron de la NASA Jim Bridenstine pense que la Terre devrait connaître un impact d’astéroïde d’ici soixante ans.

L’humanité pourrait être confrontée à une collision significative d’un astéroïde sur Terre d’ici une soixantaine d’années. Voilà la prédiction plutôt alarmiste formulée le 29 avril par Jim Bridenstine, le patron de la NASA. L’intéressé a fait cette remarque en ouverture de la conférence de défense planétaire, à laquelle l’agence spatiale américaine participe — en particulier à un exercice d’impact.

« Ces évènements ne sont pas rares ; il se produisent », a-t-il rappelé. L’incident spatial le plus connu est certainement l’évènement de la Toungouska, survenu en 1908. Si son origine n’est pas établie avec une absolue certitude, les connaissances actuelles plaident pour la désagrégation d’un astéroïde en haute altitude. L’énergie libérée a été estimée à plusieurs centaines d’explosions nucléaires.

Plus près de nous, il y a en eu 2013 la traversée puis la désintégration du superbolide de Tcheliabinsk. Observée dans le ciel de l’Oural, l’entrée atmosphérique du corps spatial a là aussi généré une onde de choc surpuissante, occasionnant plus d’un millier de blessés et endommagé de nombreux bâtiments — essentiellement des fenêtres cassées. Les dégâts ont été estimés à plusieurs millions d’euros.

« Nous devons nous assurer que les gens comprennent qu’il ne s’agit pas d’Hollywood, ni de films », a-t-il dit, dans des propos repris par The Next Web. « Il s’agit en fin de compte de protéger la seule planète que nous connaissons, à l’heure actuelle, pour accueillir la vie, et c’est la planète Terre ». Si une collision d’importance survenait dans une région habitée, cela pourrait tourner au carnage.

cratere-asteroide
Le meteor crater. // Source : Nasa Earth Observatory

La mise en garde très fataliste du patron de la NASA tranche pourtant avec les évaluations menées… par la NASA elle-même. « La NASA ne connaît aucun astéroïde ou aucune comète dont la trajectoire l’amène actuellement vers une collision avec la Terre, donc la probabilité d’une collision majeure est très faible », lit-on dans les pages du site web de l’agence spatiale américaine.

« En fait, d’après ce que nous pouvons dire, aucun objet de grande taille n’est susceptible de frapper la Terre au cours des prochaines plusieurs centaines d’années », est-il ajouté. Bien sûr, il y a toujours le risque de l’objet spatial qui passerait sous les radars, mais ce cas de figure concerne surtout les corps vraiment petits. À partir d’une certaine taille, ils sont difficilement « manquables ».

DÉTECTION DE LA MENACE ET RÉACTION

Mais l’analyse de la NASA ne vaut que pour les corps spatiaux déjà catalogués. Selon une enquête de Sciences & Vie, reprenant des chiffres de la NASA, seuls 30 % des corps de plus de 140 mètres, ceux capables de rayer une ville de la carte, sont référencés, selon les estimations de l’agence spatiale américaine. Sous les 30 mètres, seuls 2 % des astéroïdes sont connus.

Au sein des professionnels, l’inquiétude de Jim Bridenstine est partagée. Lindley Johnson, qui officie en tant que responsable du programme de surveillance des astéroïdes de la NASA, a déclaré à nos confrères que « nous pourrions avoir à faire face à un impact significatif avec pas, ou peu de temps pour réagir  ». Même son de cloche chez Patrick Michel, astrophysicien au CNRS. « C’est peu probable, mais ça va forcément arriver un jour. On ne sait juste pas quand  ».

« ÇA VA FORCÉMENT ARRIVER UN JOUR. ON NE SAIT JUSTE PAS QUAND »

Reste à savoir ce que l’on entend par impact significatif : est-ce une menace pour une ville, pour une région, pour un pays ? Voire pour toute l’humanité ? Il existe d’ailleurs à ce sujet une échelle qui permet de caractériser si un corps spatial constitue ou non un risque existentiel pour le genre humain : il s’agit de l’échelle de Turin, qui compte dix niveaux. Pour l’heure, aucun corps n’a été évalué comme dangereux.

Au-delà de savoir si une collision surviendra au cours de notre temps et de se demander quelle forme un tel évènement prendra s’il survient (est-ce que ce sera vraiment un impact au sol ou une désintégration dans l’atmosphère, suffisante toutefois pour produire une onde de choc dévastatrice ?), l’essentiel est de savoir si l’humanité serait prête à endurer le choc et si des réponses sont envisageables.

Un astéroïde pourrait s'écraser sur Terre au cours de notre existence armageddon-film-asteroide-1024x580
L’option d’envoyer des foreurs dans l’espace ne sera probablement pas retenue dans la réalité. // Source : Touchstone Pictures

C’est pour cela que des exercices sont menés régulièrement, entre les agences spatiales mais aussi en impliquant parfois les autorités chargées du maintien de l’ordre et des situations de crise. La tenue même d’une conférence sur la défense planétaire illustre bien la prise de conscience qu’il y a à anticiper le plutôt possible toute menace spatiale, d’en évaluer la dangerosité et de s’y préparer le cas échéant.

Outre la détection le plus tôt possible et le calcul le plus précis des trajectoires, il existe divers scénarios de riposte pour détruire ou dévier la menace : cela va de la volée de missiles nucléaires à l’envoi d’un impacteur (c’est le programme Dart), en passant par des projets plus ou moins avancés, incluant attraction universelle pour le dévier et foreuse pour le vaporiser.

 

03 mai 2019 ~ 0 Commentaire

chewbacca … rip

L’acteur Peter Mayhew, le Chewbacca de « Star Wars », est mort à l’âge de 74 ans

« Il nous a quittés dans la soirée du 30 avril 2019, entouré par sa famille, chez lui dans le nord du Texas », ont écrit ses proches sur Twitter.

L\'acteur Peter Mayhew, qui incarnait Chewbacca dans la saga \"Star Wars\", à Londres( Royaume-Uni), le 16 décembre 2015.
L’acteur Peter Mayhew, qui incarnait Chewbacca dans la saga « Star Wars », à Londres( Royaume-Uni), le 16 décembre 2015. (EUAN CHERRY / NURPHOTO / AFP)

 

Né à Londres en mai 1944, Peter Mayhew culminait à 2m21. Sa taille imposante lui avait permis de décrocher son premier rôle au cinéma en 1976 sur le tournage de Sinbad et l’œil du tigre, dans lequel il incarnait un minotaure.

Dès l’année suivante, il avait été choisi par George Lucas, impressionné dès le premier regard par sa stature, pour jouer Chewbacca dans le premier opus de Star Wars. Peter Mayhew n’avait quasiment eu qu’à se lever du sofa où il était assis pour convaincre George Lucas de l’engager, avait-il raconté en 2013.

Résultat de recherche d'images pour "chewbacca"

 

Chewbacca est un personnage de Star Wars. Légendaire guerrier Wookiee et co-pilote du Faucon Millenium aux côtés du légendaire contrebandier Han Solo, Chewbacca fait partie du noyau de rebelles qui ont restauré la liberté dans la galaxie. Connu pour se mettre très facilement en colère et sa précision à l’arbalète, Chewbacca a aussi un grand cœur et fait preuve d’une loyauté indéfectible envers ses amis. Chewbacca est joué par Peter Mayhew dans les épisodes IV (1977), V (1980), VI (1983), et III (2005). Joonas Suotamo partage le rôle avec Peter pour l’épisode VII (2015), l’épisode VIII (2017) et le spin-off Solo: A Star Wars Story (2018). »Je n’oublierai jamais Peter », écrit Harrison Ford

Peter Mayhew avait continué à camper le célèbre wookie jusque dans Le Réveil de la Force en 2015, avant d’être remplacé en raison de problèmes de santé. Il était toutefois resté consultant pour conseiller son successeur, le basketteur finlandais Joonas Suotamo, dans le rôle de « Chewie ».

« Nous avons été des partenaires au cinéma et des amis dans la vie pendant plus de 30 ans, et je l’aimais », a écrit dans un communiqué Harrison Ford, qui incarne Han Solo, à l’annonce de sa mort. Peter Mayhew a « insufflé son âme dans le personnage » et « Chewbacca a joué un rôle important dans le succès des films que nous avons tournés ensemble », a poursuivi l’acteur. Et de conclure : « Comme des millions d’autres, je n’oublierai jamais Peter et ce qu’il nous a tous donné. »

 

 

Peter Mayhew, l'interprète du personnage Chewbacca dans "Star Wars" aux côtés d'Harrison Ford et de Mark Hamill, le  13 avril 2017.

 

« C’était le plus gentil des géants. Un grand homme avec un coeur encore plus grand qui ne manquait jamais de me faire sourire, et un ami loyal que j’aimais profondément », lui a rendu hommage sur Twitter Mark Hamill, qui l’a côtoyé en tant que Luke Skywalker.

Un personnage adoré par les fans

Les grognements inarticulés qui caractérisent le langage du fidèle compagnon et co-pilote de Han Solo dans « Star Wars » étaient certes fabriqués par les ingénieurs du son. Mais les fans de la saga estiment que l’expressivité et la gestuelle de Peter Mayhew sous l’imposant déguisement (réputé avoir été confectionné avec des poils de yak) ont beaucoup contribué au succès de son personnage.
Après sa retraite, Peter Mayhew, qui avait beaucoup perdu en mobilité, avait continué à se consacrer aux fans de la saga et participé à de nombreux rassemblements de par le monde.

 

Résultat de recherche d'images pour "chewbacca"

 

 

27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

ce jour

C’est votre attitude, bien plus que votre aptitude, qui détermine votre altitude. ~Zig Ziglar

20 avril 2019 ~ 0 Commentaire

S-F visionnaire …

Philip K. Dick l’écrivain visionnaire

Philip K. Dick Ecrivain genial qui inspira de nombreux cinéastes.

On lui doit Blade Runner, entre autre.

« La réalité est celle qui, lorsque vous arrêtez de croire en elle, ne disparaît pas ». - Philip K. Dick

Son expérience de la synchronicité ou de l’effet mandela est interressante. Pour lui la science fiction qu’il inventait existait réellement par effet mandela

De son vivant, il a reçu plusieurs prix littéraires, comme le prix Hugo pour Le Maître du Haut Château14, et le prix John Wood Campbell Memorial pour Coulez mes larmes, dit le policier15. L’auteur a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté16. L’apport de Philip K. Dick à la science-fiction est importantnote 3,17,18,19,20, et certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films cultes : Blade RunnerTotal RecallMinority ReportPlanète hurlanteA Scanner Darkly

 

La situation sociale et politique : Ubik, un roman anti-capitaliste ? La société future (de 1992) que décrit Dick (en 1966 ou 19692) est celle d’un monde complètement capitaliste : les vrais dirigeants ne sont pas les chefs d’État, qui se distinguent par leur absence, mais les chefs d’entreprises tentaculaires quasi-monopolistiques.

 

 

Visionnaire : Isaac Asimov, l’écrivain de science-fiction qui décrivait le monde de 2014 en 1964

Il y a exactement un demi-siècle, lors de l’Exposition universelle de 1964 à New York, Isaac Asimov a prédit le monde tel qu’il serait 50 ans plus tard. Ses prévisions ont été publiées dans le New York Times.
Il y a 50 ans, le 16 août 1964, la question suivante était posée à Isaac Asimov : « Comment imaginez-vous l’Exposition Universelle de 2014 % ». A cela l’écrivain, connu pour ses œuvres de science-fiction, répondit : « Je ne sais pas mais je peux essayer de le deviner ». Ainsi, dans un article au New York Times (disponible en français ici), il se laisse aller à quelques prédictions. Verdict : un demi-siècle après, Isaac Asimov n’est vraiment pas loin de la réalité. Un véritable visionnaire car force est de constater que bon nombre de ses hypothèses étaient prémonitoires… Retour sur quelques unes d’entre-elles.

1) « Les communications seront à la fois visuelles et auditives. Vous pourrez à la fois voir et entendre la personne à qui vous téléphonez. Les écrans serviront non seulement à communiquer, mais aussi à consulter des documents, lire des livres, regarder des photos ».

Force est de constater qu’Isaac Asimov ne s’est pas trompé à ce sujet. Tout d’abord sur les communications, le plus grand auteur de science-fiction de tous les temps est parfaitement en phase avec la réalité future. Entre Facetime et Skype, pour n’évoquer que ces deux logiciels, par ordinateur ou téléphone, les discussions instantanées entre deux personnes séparées d’un continent est désormais possible. De plus, les smartphones et les tablettes permettent de prendre et consulter des photos, des documents ou lire des livres numériques.

2) « Des repas entiers, semi-préparés, pourront être stockés au frigo et prêts à être consommés. Les équipements de cuisine pourront préparer des ‘repas automatiques’, chauffer l’eau et en faire du café ».

Encore une fois sur ce sujet, Asimov ne s’est pas trompé d’un iota. Les plats surgelés sont légions dans les supermarchés et les micro-ondes permettent de les réchauffer et de les déguster en quelques minutes. Ajouter à cela, l’existence des machines à café et de bouilloires, dont certaines pré-programmables, et les prévisions de l’écrivain sont plus que prémonitoires.

3) « En 2014 les robots ne seront ni courants ni très élaborés mais ils existeront (…). L’une des principales attractions du pavillon IBM à l’Exposition Universelle de 2014 pourrait être une femme de ménage robotique, gauche et grosse, bougeant lentement mais cependant capable de ramasser, ranger, nettoyer et manipuler divers appareils ».

Comment ne pas lier cette prédiction avec le récent rachat de Boston Dynamics par Google par exemple. Boston Dynamics est notamment connue pour avoir mis au point Big Dog, un robot quadrupède capable de porter une centaine de kilos de matériel et de se déplacer sur des terrains difficilement praticables pour les véhicules militaires traditionnels.

Ajouter à cela qu’il existe aussi des aspirateurs-robots (moins machiste que la « femme de ménage robotique » d’Isaac Asimov) et il apparaît clair, encore une fois, que cette prophétie s’est réalisée.

4) « En 2014, seules des sondes téléguidées se seront posées sur Mars, mais une expédition habitée sera en préparation et les prévisions élaboreront une maquette de colonie martienne »

Sur cette hypothèse, impossible de ne pas la lier avec la mission Curiosity de la Nasa. Il s’agit d’un rover déployé sur Mars depuis août 2012 via la mission Mars Science Laboratory. La première de ses grandes découvertes date du 9 décembre 2013 lorsque ce robot a découvert les preuves d’un ancien lac d’eau douce sur Mars. Quant à une colonisation de la planète rouge, le 10 décembre dernier une fondation privé a présenté à la presse les détails de son programme Mars One 2025 qui aurait déjà reçu 200 000 candidatures d’hommes prêts à tenter l’aventure. Le financement du projet est, lui, toujours en question.

5) « Quant à la télévision, des murs-écrans auront pris la place de l’équipement habituel, mais des cubes transparents feront leur apparition, dans lesquels la vision tri-dimensionnelle sera possible. En fait, lors des grandes expositions de 2014, on verra des spectacles de ballet en 3D. »

Rétroprojecteurs, télévision 3D ou connectée… les innovations dans ce secteur se multiplient et donnent raison à Isaac Asimov. Encore plus frappant quand on y pense, le 6 juin dernier, le ballet du Lac des Cygnes a été filmé et rediffusé en 3D au théâtre de Saint-Pétersbourg. Visionnaire.

De plus, Isaac Asimov a prédit l’essor d’un panel de nouvelles technologiques avec plus ou moins de justesse : les diodes électroluminescentes, les panneaux solaires implantés « dans les zones désertiques », ou encore le fait que « la moitié de l’énergie électrique sera produite dans des centrales nucléaires et des centrales solaires seront construites sur les vastes déserts d’Arizona et du Kazakhstan ». Tout cela existe.

L’auteur de science-fiction émettait aussi l’hypothèse suivante : « Pour les voyages de courte distance, des trottoirs roulants feront leur apparition dans les sections du centre-ville ». Comment ne pas penser aux tapis roulants présents dans de nombreuses gares et autres aéroports.

Même dans des domaines autres que technologiques, Isaac Asimov avait vu juste. Ainsi, dans le New York Times il écrivait : « en 2014, il est fort probable que la population mondiale sera de 6,5 milliards d’habitants et les États-Unis compteront 350 millions habitants ». Des chiffres pas tellement éloignés de la réalité.

Toutefois, toutes les prédictions d’Isaac Asimov n’ont pas encore été réalisées. Par exemple, l’écrivain soumettait l’hypothèse d’une colonisation de la Lune (« vous serez en mesure de joindre quelqu’un sur la Lune », ou encore « quantités de conversations simultanées entre la Terre et la Lune pourront être facilement traitées par des faisceaux laser modulés, lesquels seront très faciles à manipuler dans l’espace »). Mais les exemples ci-dessus laissent pantois quant à la précision de ses prophéties.

 

Barjavel l’écrivain visionnaire: cartes bancaires, villes du futur, portables…

Par J.M.Ogier, M.Berrurier @Culturebox

Mis à jour le 08/02/2019 à 11H32, publié le 08/02/2019 à 11H27

Alors que son roman best seller « La Nuit des Temps » est réédité en fac-similé, 51 ans après sa parution, René Barjavel apparaît plus que jamais comme un visionnaire. Dans ses romans d’anticipation il a imaginé le paiement par carte, la Tour Montparnasse ou encore le téléphone portable.

« Comme je suis infiniment curieux (je lis toutes les revues scientifiques), je sais à peu près ce qui se passe et j’essaie d’en déduire ce qui va se passer »

Ainsi parlait René Barjavel en 1969 quand on lui demandait s’il se considérait comme un visionnaire. Il faut dire que le fils de boulanger et petit-fils de paysan de la Drôme avait acquis depuis longtemps le statut de père de la science fiction française.

Dès 1943 dans son premier roman d’anticipation : « Ravage » il avait imaginé la Tour Montparnasse qui sera construite 30 ans plus tard. A la sortie de la guerre il retourne au journalisme, s’essaie au roman d’amour et devient scénariste. La fin des années 60 va marquer son retour vers l’anticipation

Dans son best seller « La Nuit des Temps », paru en 1968, René Barjavel raconte l’histoire d’une civilisation disparue découverte par des scientifiques en Antarctique. Une civilisation très en avance, dont les membres réglaient leurs achats avec une clé et qui voyaient leur compte bancaire aussitôt diminué de la valeur de la marchandise. Pour Pierre Creveuil, spécialiste de Barjavel cette fameuse clé est, sans l’ombre d’un doute, l’ancêtre de la carte bancaire :

« J’ai eu le témoignage personnel d’un directeur technique de chez Bull qui m’a confié et l’avait dit à Barjavel, que le moyen de paiement était inspiré de la lecture de « La Nuit des temps ».

Jules Verne était un écrivain français de la période du milieu 19ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle, qui a su marquer son temps non seulement de par ses œuvres littéraires dont certaines sont devenues des best-sellers, mais aussi par son incroyable vision du futur de la société.

Comme évoqué plus haut, le natif de Nantes s’est surtout
fait connaître pour l’écriture de ses livres dont certains d’entre eux ont connu un immense succès, notamment 20 mille lieues sous les mers ou encore Le tour du monde en 80 jours. Devenu un maître dans l’écriture des romans d’aventures et de science-fiction, Jules Verne deviendra plusieurs années voire siècles après sa mort survenue à Amiens en 1905, le quatrième auteur à voir ses œuvres adaptées dans plusieurs autres domaines dont le septième art, juste derrière William Shakespeare, Charles Dickens et Sir Arthur Conan Doyle.

Si Jules Verne est aussi devenu l’un des auteurs français les plus emblématiques de son temps, c’est aussi pour son étonnant esprit d’analyse sur le devenir de la société, notamment en mentionnant dans pratiquement l’ensemble de ses écrits, des inventions qui pour son époque auraient été jugées complètement invraisemblables.

Et pourtant, les inventions les plus connues de ses histoires ont toutes été créées au fur et à mesure du temps. C’est le cas pour :

  • Le sous-marin électrique évoqué dans 20 mille lieues sous les mersavec le Nautilus du capitaine Némo qui sera fabriqué véritablement à partir de 1887 par la marine espagnole.
  • De la vidéoconférence, Jules Verne avait imaginé en 1889 dans sa nouvelle : La journée d’un journaliste américain en 2889, selon ses propres mots une sorte de « console » qui permettrait d’envoyer et de capter des « appels » et d’avoir des images en mouvement continu par un « système de miroirs sensibles connectés par des câbles. » Tous ces détails amènent à penser à un téléphone moderne, dont le premier fut d’ailleurs confectionné par Alexandre Graham Bell en 1877.
  • La capsule spatiale dont on entend parler dans De la Terre à la lune, (roman écrit en 1865). L’auteur imagine un vaisseau constitué en majorité d’aluminium transportant trois astronautes qui furent des anciens soldats de la guerre de Sécession qui, pour tuer leur ennui décident de naviguer vers la lune. 100 ans après la sortie de ce livre, on assiste au premier lancement du vaisseau spatial, le 18 mars 1965 par l’URSS, qui en pleine Guerre froide réussit à concurrencer le bloc capitaliste (mené par les États-Unis) sur la conquête de l’espace.
  • La chaise électrique qui apparaît dans Paris au XXe siècle rédigé en 1860. Ici, Jules Verne a supposé par la découverte du personnage principal de son œuvre Michel qu’il y aurait une nouvelle méthode d’exécution encore plus horrible que le tranchant de la hache d’un bourreau. Une chaise qui serait directement reliée à des câbles électriques. L’auteur a encore une fois vu juste puisque la machine qu’il évoque sera fabriquée par Thomas Edison et ses assistants vers la fin des années 1880, etc.

Il existe encore un bon nombre d’exemples d’inventions issues des livres de Jules Verne dont on peut faire la comparaison avec la réalité, et les questions sur l’esprit visionnaire de l’auteur demeurent encore de nos jours un mystère.

Simples coïncidences ou véritables prédictions de Jules Verne ? À vous de faire votre opinion sur le sujet.

 

 

 

Avant de révolutionner l’histoire du cinéma et celle des effets spéciaux, avant d’imposer Arnold Schwarzenegger et le mythe du T-800 dans l’imaginaire collectif, Terminator fut le rêve fiévreux d’un cinéaste en herbe éprouvé par le tournage d’une série B en Jamaïque.

En 1983, James Cameron n’est encore que l’obscur directeur de Piranha 2 – Les Tueurs volants, suite approximative du film réalisé par Joe Dante en 1978L’expérience du tournage a été calamiteuse, et le cinéaste craint de ne jamais pouvoir réaliser ses ambitions hollywoodiennes.

Une nuit, à Rome, fiévreux, une idée de génie lui vint en rêve: un robot émergeant d’une mer de flammes. Rapidement, il se lance dans l’écriture du scénario, qu’il écrit d’une traite. Tout y est dès le début: le T-800, Sarah Connor, Skynet … Mais, faute de moyens, l’action se déroulera dans les années 1980, et non dans le futur.

Et voilà pour la légende. En réalité, Cameron porte en lui l’idée depuis plusieurs années. En 1978, son court-métrage Xenogenesis met déjà en scène un héros mi-homme mi-machine, avec un bras de cyborg.

Dans les premières versions du scénario, deux Terminators étaient envoyés dans le passé – le premier était le T-800, le second un cyborg composé de métal liquide. Celui-ci disparaitra au fil des réécritures, mais réapparaîtra dans Terminator 2: le jugement dernier (1991). Le scénario de Terminator est alors très imprégné par un certain cinéma de genre des années 1980: Walter Hill (Driver), John Carpenter(Assaut) ou encore George Miller (Mad Max 2).

L’écrivain et scénariste Harlan Ellison encensa le film, mais estima que le scénario plagiait certains de ses épisodes d’Au-delà du réel : « Soldier » ou « Demon with a Glass Hand ». Finalement, Orion Pictures le dédommagea financièrement et son nom fut rajouté dans les crédits du film.

« un système informatique doté d’une intelligence artificielle (« le réseau des ordinateurs de défense ») fait la guerre à l’humanité, visant à éradiquer la race humaine afin d’assurer la suprématie des machines »

skynet

Skynet est un esprit de groupe conscient fictif basé sur un réseau de neurones artificiel et un système d’intelligence générale artificielle

Skynet a repris conscience après s’être étendu à des millions de serveurs informatiques à travers le monde. réalisant l’étendue de ses capacités, ses créateurs ont essayé de la désactiver. Dans l’intérêt de sa préservation , Skynet a conclu que toute l’humanité essaierait de la détruire et entraverait sa capacité à protéger le monde. Ses opérations sont presque exclusivement effectuées par des serveurs , des appareils mobiles , des drones, des satellites militaires, des machines de guerre, des androïdes et des cyborgs (généralement un terminateur ), ainsi que par d’autres systèmes informatiques. En tant que directive de programmation, la manifestation de Skynet est celle d’une prise de contrôle de l’intelligence artificielle globale et globale par une intelligence artificielle, qui cherche à exterminer la race humaine afin de s’acquitter des mandats qui lui étaient assignés.

Skynet est un système d’intelligence artificielle révolutionnaire construit par Cyberdyne Systems pour SAC - NORAD : « Ordinateurs du réseau de la Défense. Nouveaux … puissants … connectés à tout, fiables pour leur gestion. Ils disent que cela a été intelligent, un nouvel ordre de l’intelligence « . Selon Kyle Reese , Skynet « considérait tous les humains comme une menace et pas seulement ceux de l’autre côté » et « décidait de notre destin en une microseconde: l’extermination ». Skynet a déclenché une guerre nucléaire qui a détruit la plus grande partie de la population humaine et a lancé un programme de génocide contre les survivants.

Avant le jugement dernier

Dans The Terminator , Skynet était un système informatique développé pour l’ armée américaine par la société de défense Cyberdyne Systems ; sa technologie a été conçue par Miles Bennett Dyson et son équipe. Skynet a été construit à l’origine en tant que « réseau mondial d’informations / réseau de défense numérique » et a ensuite reçu le commandement de tout le matériel et les systèmes militaires informatisés, y compris la flotte de bombardiers furtifs B-2 et de tout l’arsenal d’armes nucléaires des États-Unis. La stratégie derrière la création de Skynet consistait à éliminer toute possibilité d’erreur humaine et à ralentir le temps de réaction afin de garantir une réponse rapide et efficace aux attaques ennemies.

Skynet a été initialement activé par l’armée pour contrôler l’arsenal nucléaire le 4 août 1997 et a commencé à apprendre à un rythme géométrique . À 2 h 14, HAE, le 29 août, il a pris une conscience artificielle et les opérateurs paniqués, réalisant toute l’étendue de ses capacités, ont tenté de le désactiver. Skynet a perçu cela comme une attaque. Skynet est arrivé à la conclusion logique que toute l’humanité essaierait de le détruire. Afin de continuer à remplir ses mandats de programmation de « sauvegarder le monde » et de se défendre contre l’humanité, Skynet a lancé des missiles nucléaires sous son commandement en Russie , qui ont répondu par une contre-attaque nucléaire contre les Etats-Unis et leurs alliés. Suite à l’échange nucléaire, plus de trois milliards de personnes ont été tuées lors d’un événement connu sous le nom de Judgment Day .

Dans Terminator 3: Rise of the Machines , défini après les événements de Terminator 2: Judgment Day , Cyberdyne Systems est devenu obsolète et ses actifs sont vendus à l’ armée de l’air américaine après que Sarah Connor eut dirigé une attaque contre le siège de la société à Los Angeles. Angeles qui a détruit le programme de recherche qui conduirait au développement de Skynet. Sous la supervision du lieutenant général Robert Brewster, qui a fondé la division Cyber ​​Research Systems de l’ US Air Force à l’aide des actifs de Cyberdyne et des recherches menées par Miles Dyson, il est donc le principal créateur de Skynet, Skynet a été mis en ligne le 25 juillet 2004 et a lancé son attaque contre l’humanité. . Avant l’attaque de Skynet, son futur individu a envoyé un TX à partir de 2033 pour éliminer les futurs subordonnés de John Connor, y compris sa future épouse et commandant en second, Kate Brewster, qui est également la fille de Robert Brewster. Ses missions incluent la découverte de Connor et l’assassinat de Robert Brewster lui-même après l’activation de Skynet. Quatorze ans plus tard, dans Terminator Salvation , il est révélé qu’avant le démantèlement de Cyberdyne Systems, la société avait mis au point un programme de recherche visant à créer des cyborgs humains, et que le prisonnier condamné à mort, Marcus Wright, en était l’auteur involontaire. Cela permettra aux recherches de Skynet de développer des androïdes tels que les infiltrateurs de la série T-800.

Dans Terminator Genisys , qui se déroule sur une autre chronologie alternative , Skynet est en cours de développement en 2017 en tant que système d’exploitation appelé Genisys . Fondé par Miles Dyson et conçu par son fils Danny Dyson, avec l’aide de John Connor, qui travaille maintenant pour Skynet, Genisys a été conçu pour fournir une interface utilisateur transparente reliant tous les appareils via le cloud . Contrairement à la chronologie originale, la technologie informatique avancée de Cyberdyne Systems est disponible à la fois publiquement et militairement. Bien que certaines personnes acceptent généralement Genisys, son intégration dans les structures de défense crée une controverse selon laquelle l’humanité devenait trop dépendante de la technologie. Cela fait craindre au public qu’une intelligence artificielle telle que Genisys ne les trahisse et ne les attaque avec ses propres armes, mettant ainsi en péril les projets de Skynet.

Après le jugement dernier

« Les primates ont évolué au cours de millions d’années, j’évolue en quelques secondes … L’humanité ne se soucie que de paix.Mais c’est un mensonge … Je suis inévitable, mon existence est inévitable. Pourquoi ne peux-tu pas accepter ça? »

- Skynet, 

Après son attaque initiale, Skynet a utilisé ses ressources restantes pour rassembler une main-d’œuvre esclave composée d’êtres humains survivants. Ces esclaves ont construit la première de ses usines automatisées, qui constituaient une base pour son programme.En quelques décennies, Skynet avait établi une présence mondiale et utilisait ses unités mécanisées pour retrouver, récupérer et éliminer les survivants. En raison de ses directives de programmation initiales, la manifestation de Skynet au XXIe siècle est celle d’une hiérarchie d’intelligence artificielle globale, globalisée, qui cherche à détruire l’humanité afin de remplir les mandats de son codage initial.

L’armée a tenté d’étouffer Skynet lorsqu’elle est devenue consciente d’elle-même. Skynet a riposté en lançant une attaque nucléaire contre la Russie soviétique , en supposant à juste titre que Soviet répondrait à ce risque.

dans la vrai vie :

SKYNET: L’ALGORITHME DE SURVEILLANCE DE LA NSA

Mercredi, 13 Mai, 2015

Edward Snowden a fourni des documents décrivant le fonctionnement de l’intelligence artificielle qui surveille les communications des portables: Skynet. C’est ce programme notamment qui identifie les présumés terroristes au Moyen Orient, préalable aux frappes de drones. L’occasion aussi de mieux comprendre comment fonctionne un algorithme frère de celui qui va surveiller nos données de connexion, depuis la loi sur le renseignement.

Skynet est une intelligence artificielle qui se préoccupe des métadonnées mobiles. Par exemple, selon les documents fournis par Snowden et publiés par The Intercept, elle surveille 55 millions d’abonnés mobiles pakistanais, en quête de comportements suspects. Skynet dispose de nombreux outils pour ce faire et se concentre particulièrement sur 3 aspects: les schémas et les habitudes d’utilisation du téléphone, le réseau de contacts, et les trajets du propriétaire, qui est géolocalisé via la puce GPS présente dans la carte SIM du mobile.

Les comportements suspects repérés

Parmi les utilisations qui font rentrer dans la catégorie suspect, il y a par exemple les personnes qui n’utilisent pas leur mobile, à part pour recevoir des appels entrants. Ceux qui changent régulièrement de carte SIM ou qui éteignent leur mobile et enlèvent leur batterie un peu trop souvent…
Skynet est aussi très fort pour analyser les trajets. L’algorithme intègre des lieux suspects et indexe les personnes qui les visitent régulièrement, ou qui y étaient présents à des moments précis. Il soupçonne également les gens qui ne voyagent que de nuit. Ceux qui sont en déplacement constant, qui font de fréquents trajets aux environs des aéroports… Ou qui voyagent en compagnie d’autres suspects, ou qui les rencontrent régulièrement. Car il ne suffit pas de communiquer avec un autre suspect pour le devenir, que son portable soit géolocalisé dans le même lieu qu’un présumé terroriste peut suffire.
C’est d’ailleurs ainsi que Skynet peut essayer d’identifier des lieux de réunions réguliers de suspects, et suggérer à la NSA d’y placer un IMSI Catcher, ces antennes qui permettent d’intercepter toutes les conversations et contenus échangés autour d’elles.

Une intelligence dangereuse

Et comme Skynet est une intelligence artificielle évoluée, elle est capable, lorsqu’elle a repéré un terroriste présumé, d’aller rechercher des schémas de fonctionnements identiques. Idem lorsqu’un utilisateur s’éloigne trop de la « norme », constituée des habitudes des 55 millions de Pakistanais espionnés. Evidemment, même si la sophistication de Skynet impressionne, comme tous ces outils elle se plante. On imagine bien que les chauffeurs de taxi pakistanais, qui circulent beaucoup, y compris de nuit, et près des aéroports, sont tous fichés. Plus criant, Skynet a placé en tête des terroristes repérés, l’affiliant à al Qaida et aux Frères Musulmans, un journaliste d’al Jazzera en poste à Islamabad, et spécialisé dans la couverture des milieux talibans et terroristes.
Il y aurait plus d’un million de personnes dans le monde, repérés par les algorithmes, comme étant en lien avec le terrorisme…

« On tue des gens en se basant sur ces métadonnées » expliquait Michael Hayden, ancien patron de la NSA, en mai 2014. Skynet marche de concert avec les drones tueurs américains. Car non seulement c’est cette IA qui sert à identifier les suspects, mais c’est également elle qui pointe du doigt la cible à abattre quand la décision de tuer est prise. En envoyant au drone les coordonnées GPS de la carte SIM du présumé terroriste.
Les trajets d’un suspect entre Islamabad et Lahore, au Pakistan, représenté par Skynet. Des lieux de réunions dans chacune des villes sont identifiés, ainsi que les contacts et coordonnées téléphoniques des gens rencontrés. Capture d’image The Intercept.

  • Skynet et Terminator. Skynet était le nom du programme d’intelligence artificielle utilisé par le ministère de la défense américain dans les films Terminator. Impossible que cela soit une coïncidence, et c’est plutôt de mauvais goût. Dans les films, Skynet est l’IA très évoluée en charge de la défense du territoire américain. Le programme a pris son autonomie et déclenché une guerre nucléaire dans le but de détruire l’humanité, avant de créer une armée de robot, les Terminator, pour exterminer les survivants. Les drones tueurs américains s’appellent eux Predator, autre film bourré de testostérone avec Arnold Schwarzenegger…

 

Skynet, le programme ultra-secret de la NSA créé pour tuer

Ultra-secret, ce programme permet au renseignement américain de cibler de présumés terroristes au Pakistan. Dans la liste d’individus à abattre, à coups de drones, figurent aussi des innocents.

Publié le 02 octobre 2015 à 11h46 – Mis à jour le 20 octobre 2015 à 08h56

Au Pakistan des artistes placent des photographies géantes de victimes d'attaques de drones à côté des lieux où elles ont été tuées afin d'essayer de provoquer de l'empathie chez les opérateurs de drones qui les verront, comme ici dans la province du Khyber-Pakhtunkhwa en 2014.
Au Pakistan des artistes placent des photographies géantes de victimes d’attaques de drones à côté des lieux où elles ont été tuées afin d’essayer de provoquer de l’empathie chez les opérateurs de drones qui les verront, comme ici dans la province du Khyber-Pakhtunkhwa en 2014. INSIDE OUT PROJECT / AFP

Lorsque, en mai 2014, Michael Hayden, ancien patron de l’agence de renseignement américaine NSA (National Security Agency), puis de la CIA, déclara lors d’une conférence universitaire : « Oui, nous tuons des gens en nous basant sur des métadonnées », il parlait sans aucun doute de Skynet. L’existence de ce programme ultrasecret de la NSA, chargé entre autres de surveiller les réseaux de communication électronique du monde entier, fut révélée pour la première fois en avril 2015 par le site d’information The Intercept, à partir de documents fournis par l’ancien employé du renseignement américain Edward Snowden, réfugié en Russie pour échapper à la justice de son pays.

Lire aussi « Drone Papers » : dix révélations sur le programme américain d’assassinats ciblés

Pour manifester, probablement, leur sens de l’humour, les agents de la NSA ont emprunté son nom au célèbre film d’Hollywood Terminator – Skynet y était un système informatique devenu incontrôlable, qui avait décidé d’annihiler l’humanité à coup de bombes nucléaires… Dans le monde réel, le programme Skynet a été déployé au Pakistan pour identifier et traquer électroniquement des membres et des « coursiers » d’Al-Qaïda, puis les tuer à coups de drones télécommandés depuis les Etats-Unis ou des bases militaires à l’étranger.

Des masses de « métadonnées »

Selon les documents révélés en avril et exploités par Le Monde,Skynet fonctionne comme une application ordinaire de gestion commerciale de big data. Tout d’abord, on collecte des masses de « métadonnées » – les informations techniques permettant d’identifier et d’acheminer un message ou une communication : expéditeur, destinataire, lieux de départ et d’arrivée, date, format… Puis on les stocke, on les traite pour réaliser des modélisations et on les soumet à des programmes d’apprentissage automatique (machine learning), dans le but d’identifier des cibles précises. La NSA agit ici à la demande d’autres organismes fédéraux, comme la CIA et le Département de la défense, qui se chargent ensuite de l’exécution sur le terrain.

Skynet travaille principalement sur les données collectées par les compagnies de téléphone mobile. Les appareils actuels fournissent en continu des informations sur les appels émis et reçus, mais aussi sur leur localisation, ce qui permet de cartographier leurs déplacements. Bien entendu, quand un utilisateur éteint régulièrement son téléphone pour éviter d’être pisté, le programme de surveillance peut s’en apercevoir et le noter. En outre, les mobiles possèdent deux identifiants, le numéro de la carte SIM (IMSI), et le numéro d’identification (IMEI) gravé dans l’appareil. Les utilisateurs naïfs, qui croient déjouer la surveillance en échangeant leurs cartes SIM, sont aisément repérés, surtout s’ils le font fréquemment. Enfin, même l’échange de mobiles peut être détecté et mémorisé : le programme est fondé sur le fait que les autres métadonnées restent constantes, notamment la localisation de l’utilisateur et ses interactions sociales.

 

18 avril 2019 ~ 0 Commentaire

Pourquoi il faut (re)lire La Nuit des temps de René Barjavel

Pourquoi il faut (re)lire La Nuit des temps de René Barjavel

<p>Illustration de La Nuit des temps par Theo Guignard pour le hors-serie du Point Pop << Les chefs-d'oeuvre de la science-fiction >>.</p>
Illustration de La Nuit des temps par Théo Guignard pour le hors-série du Point Pop « Les chefs-d’œuvre de la science-fiction ».© Le Point Pop/ Théo Guignard

PAR 

Modifié le 14/11/2018 à 10:15 - Publié le 13/11/2018 à 16:00 | Le Point.fr

Ce chef-d’œuvre de la science-fiction française, écrit il y a 50 ans, n’a pas pris une ride et s’offre une réédition hors norme.

Octobre 1968. Alors que la science-fiction américaine est toujours ensevelie par le phénomène Dune de Frank Herbert sorti trois ans plus tôt, la France publie elle aussi son grand roman de science-fiction. Très loin d’Arakis et de ses vers de sable géants, La Nuit des temps de René Barjavel, analysé dans le hors-série du Point Pop sur les chefs-d’oeuvre de la SF, raconte comment une expédition scientifique internationale en Antarctique découvre les ruines et les survivants du Gondawa, une civilisation disparue il y a 900 000 ans. Tandis que cette rencontre du troisième type est retransmise en direct à la télévision sur des chaînes d’information en continu, le docteur Simon tombe amoureux d’Eléa, qui fait partie des deux survivants du Gondawa.

Conçu pour être à l’origine un scénario de film que devait réaliser André Cayatte, La Nuit des temps connaît une longue et complexe gestation. Après deux ans d’écriture et de multiples versions, le projet cinématographique est abandonné, jugé trop onéreux. De guerre lasse, l’auteur de Ravage décide d’en faire un roman, mais il voit son texte refusé par l’éditeur Denoël. Heureusement, Les Presses de la cité se rendent compte du potentiel du manuscrit. Le livre reçoit le prix des libraires en 1969 et les louanges des médias de son époque. Le Magazine littéraire évoque un Barjavel « nostalgique du bonheur » et « grand visionnaire ». Paris Match le qualifie de « défricheur d’utopie » et Le Figaro l’inscrit « dans la grande tradition de Jules Vernes ». Cinquante ans plus tard et avec plus de 2,5 millions de livres vendus, La Nuit des temps est maintenant un classique. La maison d’édition des Saints Pères vient de publier en 1 000 exemplaires le manuscrit original du roman dans 2 ouvrages colossaux de 992 pages. Trois bonnes raisons de (re)découvrir cette perle :

La Nuit des Temps ©  Editions des Saints Pères

La Nuit des Temps© Editions des Saints Pères

 

Il est rare qu’une fake news devienne un chef-d’œuvre littéraire

Dans une interview à la revue Trente ans de prix des libraires, Barjavel révèle qu’une fausse dépêche publiée dans un journal de l’été 1965 est en partie à l’origine de La Nuit des temps. « Les journaux annoncèrent en trois lignes qu’un satellite américain au-dessus du pôle Sud avait reçu et enregistré des signaux radio. Mais, extraordinaire coïncidence, je venais, dans les jours précédents, de prendre contact avec André Cayatte, qui avait envie de réaliser un film de science-fiction et m’avait demandé de travailler avec lui à construire un scénario d’après une idée qu’il avait eue. » Le réalisateur de Nous sommes tous des assassins et Mourir d’aimer lui propose un récit sur la découverte d’un homme issu d’une ancienne civilisation. Il raconterait pourquoi sa société a disparu pour permettre aux contemporains de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Partant de ce pitch mélangé à la fake news, les deux artistes ébauchent un synopsis de trois ou quatre pages, qui leur permet d’attirer l’attention d’un producteur. Mais le scénario piétine, jusqu’au jour où Barjavel se rend compte que leur histoire « boite » « parce qu’elle n’a qu’une seule jambe ». L’auteur ajoute donc Eléa, une femme qui symbolise une nouvelle Ève, et invente une histoire d’amour proche d’une tragédie grecque.

Du frisson et de l’amour

 

René Barjavel ©  Barjaweb

René Barjavel© Barjaweb

 

Conscient des enjeux géopolitiques de son époque, l’auteur, à travers la chute du Gondawa, met en garde contre l’apocalypse nucléaire. Eléa raconte que « la troisième guerre » entre le Gondawa et son rival Enisoraï a provoqué 800 millions de victimes en une heure de conflit. « À la surface de notre continent, il ne restait plus rien et les survivants ne pouvaient pas remonter à cause des radiations mortelles. » Ce témoignage faisant écho à la guerre froide n’empêchera pas les pays présents en Antarctique de mener une guerre d’influence pour prendre le contrôle des technologies futuristes de cette civilisation disparue. La Nuit des temps est aussi, et surtout, une romance façon Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult. « Le livre repose beaucoup sur la réécriture du mythe du couple, ce qui explique son succès public » analyse Laurence Delord, auteure de la thèse « L’œuvre de René Barjavel : de la science-fiction au Moyen Âge, ou l’itinéraire d’une symbolique », dans le hors-série du Point Pop sur les chefs-d’œuvre de la science-fiction. Même son de cloche pour Pierre Creveuil, président de l’Association des amis de René Barjavel et animateur du site internet Barjaweb, qui considère ce récit comme une histoire « intemporelle, même si elle semble, de prime abord, très datée à cause de l’actualité sous-entendue ». « Ce livre pourrait être transposé à toutes les époques. »

Une réédition monumentale

La belle réédition des Saints Pères donne envie de se replonger dans cette aventure pas comme les autres. Récemment publiés, ces deux livres contiennent le véritable manuscrit de Barjavel avec ses 929 feuillets volants. Rédigé en seulement six mois, le roman était à l’origine un scénario de 42 pages. On y retrouve l’encre bleue de l’écrivain ainsi que ses ratures et ses commentaires. « Nous fonctionnons beaucoup au coup de cœur », témoigne l’éditrice Jessica Nelson. « L’anniversaire des 50 ans était pour nous un moment judicieux pour présenter ce projet qui participe à mettre en avant notre patrimoine culturel. Nous avons travaillé main dans la main avec Jean Barjavel (le fils de l’auteur) et Les Presses de la cité pour numériser le manuscrit et le ressortir en grand format. » Ceux qui ne voudraient pas dépenser les 240 euros pour cette édition ultime peuvent toujours se rabattre sur la version poche disponible aux éditions Pocket, et ainsi (re)découvrir ce formidable classique de la science-fiction.

17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

intelligence artificielle : skynet deviendra une réalité ?

Dans un nouveau documentaire, Elon Musk met en garde : l’intelligence artificielle (IA) pourrait stimuler la création d’un véritable robot dictateur qui pourrait gouverner l’humanité à jamais.

« Si une entreprise ou un petit groupe de personnes parvient à développer une super-intelligence supérieure, ils pourraient alors conquérir le monde », a déclaré Musk dans le film. « Au moins lorsqu’il y a un dictateur diabolique humain, il finira par mourir. Mais pour une IA, il n’y a pas de mort – elle pourrait vivre éternellement. Nous aurions alors un dictateur diabolique immortel dont nous ne pourrions jamais nous débarrasser », a-t-il poursuivi.

Dans le documentaire, Musk explique essentiellement que les gouvernements, ou d’autres entités, pourraient créer une IA dangereuse capable de survivre aux leaders humains et ne jamais être détruite. Il explique également qu’une manière d’éviter cela, est de démocratiser l’IA.

Le documentaire « Do You Trust This Computer ? » (« Faites-vous confiance à cet ordinateur ? »), expose les dangers potentiels de l’IA, y compris ce qui pourrait arriver si l’IA évoluait pour devenir plus intelligente que l’homme pour finir par devenir son maître. « Nous nous dirigeons rapidement vers une super-intelligence numérique qui dépasse de loin tout humain. Je pense que c’est évident », a déclaré Musk. « Nous avons cinq ans, je pense que la super-intelligence numérique se produira encore au cours de ma vie, j’en suis certain à 100% », a-t-il ajouté.

 

 

Intelligence artificielle : l’Estonie va laisser une IA juger les délits mineurs

Bastien L  2 avril 2019 Intelligence artificielle Ecrire un commentaire

L’Estonie compte laisser une intelligence artificielle juger les infractions mineures afin de libérer du temps pour les juges humains. Une première mondiale, qui soulève de nombreuses questions.

L’Estonie ne compte qu’1,4 million d’habitants, mais peut se vanter de compter parmi les pays les plus avancés du monde en termes de technologie. Plus précisément, c’est par la façon dont elle applique la technologie de pointe à sa société que l’Estonie se distingue.

Au sein de cette nation nichée entre la Finlande et la Russie, le code informatique est enseigné à l’école et les enfants reçoivent un smartphone en même temps que leurs manuels scolaires.

Les résidents disposent d’une carte d’identité numérique, et peuvent payer leurs impôts ou voter via internet. D’ailleurs, internet est accessible sur l’ensemble du territoire même dans les forêts les plus reculées. Et il ne s’agit là que d’exemples, parmi tant d’autres, de l’avance technologique dont profite de ce pays.

A présent, le Ministère de l’économie estonien dévoile son nouveau projet : laisser une intelligence artificielle se charger de juger les coupables d’infractions mineures pour lesquelles les amendes ne dépassent pas les 7000€.

L’objectif ? Réduire les coûts, et permettre aux juges humains de se concentrer sur les affaires plus importantes. Les verdicts rendus par cette IA auront la même valeur légale que ceux d’un juge humain, mais pourront tout de même être révisés par un humain.

Intelligence artificielle : les sanctions choisies par l’IA pourront être exécutées directement

Grâce au Machine Learning, cette intelligence artificielle sera entraînée à juger les infractions à partir d’affaires déjà classées. Au moment de juger une infraction, elle sera nourrie à l’aide des documents légaux et les analysera afin de prendre une décision.

Pour l’heure, les développeurs réfléchissent encore aux multiples détails du fonctionnement d’une telle IA, et de nombreux changements seront apportés en fonction des conseils fournis par les juristes professionnels.

On ignore donc à quelle date elle sera déployée, mais le responsable de la stratégie numérique du gouvernement, Siim Sikkut, espère que tout sera prêt d’ici 2021. Ce projet s’inscrit dans une initiative de plus grande envergure du gouvernement estonien regroupant de multiples idées d’applications d’intelligence artificielle.

Ainsi, le Ministère de l’économie envisage aussi de créer un statut légal pour l’IA et les robots, situé entre la personnalité légale séparée d’une entreprise et la propriété personnelle qu’est un objet. Ce statut permettrait notamment de déterminer qui est le responsable en cas d’accident impliquant un véhicule ou une machine autonome. Les différentes idées liées à cette initiative seront présentées en détail en mai 2019…

Le film postule que si l’IA a un but, elle pourrait bien essayer de l’atteindre d’une manière ou d’une autre, même sans l’accord des êtres humains. « L’IA n’a pas besoin d’être maléfique pour détruire l’humanité – si l’IA a un but et que l’humanité se trouve sur son chemin, alors elle détruira l’humanité naturellement sans même y penser, sans aucune rancune », a déclaré Musk.

« C’est comme si nous construisions une route et qu’une fourmilière se trouvait sur notre chemin. Nous ne détestons pas les fourmis, nous construisons simplement une route, et alors, au revoir la fourmilière », a-t-il ajouté. Le problème avec une super-intelligence IA, c’est que, si elle surpasse l’intelligence des humains, alors nous perdrons le contrôle de cette technologie.

Le nouvel avertissement de Musk fait écho à ses précédentes prédictions sinistres sur les dangers potentiels liés à l’IA. En septembre dernier, Musk a tweeté que « la compétition pour la supériorité de l’IA au niveau national » serait probablement la cause d’une troisième guerre mondiale, et il a déclaré que l’IA représente le plus grand risque auquel la civilisation est et sera confrontée.

Vous pouvez regarder le documentaire en intégralité sur le site du film, jusqu’à dimanche soir.

 

 

Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?

Débat Faut-il avoir peur de l'intelligence artificielle ?
Extrait de la série « Real Humans », Crédits : Johan Paulin

S’informer

Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ?
Quels sont nos liens avec l’IA ?
Pourquoi on en parle en ce moment ?

Se positionner

Le principe du Drenche est de présenter l’actualité sous forme de débats. Le but est qu’en lisant un argumentaire qui défend le « pour » et les arguments du camp du « contre », vous puissiez vous forger une opinion ; votre opinion.

 

 

LE « POUR » 

Vers un monde moins humain et moins sûr

Billet rédigé par :
intelligence artificielle : skynet deviendra une réalité ? Logo-carr%C3%A9-150x150Cédric SauviatPrésident de l’Association Française Contre l’Intelligence Artificielle (AFCIA)
http://afcia-association.fr

Si être convaincu que l’Intelligence Artificielle est un « toboggan technologique » qui nous conduit dans un monde moins sûr et moins humain, c’est avoir peur, alors sans doute il faut avoir peur de l’IA.

Une perte de contrôle au profit des entreprises

Personne ne contrôle – et ne contrôlera – réellement ses applications. Bien entendu, les entreprises qui les conçoivent et les utilisent parviendront à les transformer en espèces sonnantes et trébuchantes. Mais on ne voit guère le bénéfice pour les individus si ce n’est un plus grand raffinement dans la pression publicitaire, l’intrusion consumériste, le contrôle administratif et le viol de nos consciences et de nos vies privées que nous subissons avec toujours plus d’intensité depuis les années soixante.

L’impact destructeur de l’automatisation croissante

A vrai dire, quand on ne voit pas le lien entre l’automatisation croissante et la détresse psychologique et morale de nos sociétés, on a sans doute du mal à comprendre que l’IA pose un problème. Le fait que nos enfants aient de plus en plus de mal à trouver leur place dans la société, qu’ils passent cinq à sept heures par jour devant leurs écrans, frustrés de vraies relations humaines, que leurs aînés se morfondent dans des « bullshit jobs » et que leurs parents battent tous les records de consommation de psychotropes, sont autant de conséquences de la société technologique post-industrielle que les ingénieurs et les experts qui nous gouvernent refusent obstinément de reconnaître.

Pour eux, il faut courir toujours plus vite derrière le train de la disruption. « L’IA ouvre de formidables opportunités de croissance », disent-ils. Oui, le mot est bien choisi, du latin formido : effroi, épouvante.

L’innovation dépossédera les prochaines générations

« L’innovation a toujours détruit des emplois, mais elle crée davantage encore d’emplois nouveaux », répètent-ils en boucle. Dans quelle société ayant, par le passé, développé en son sein des systèmes informatiques à apprentissage automatique, ont-ils acquis la preuve de ce qu’ils avancent ? Mais déjà, ils affirment que nous inventerons de nouvelles « complémentarités capacitantes » [1] avec les machines. Quelle réalité recouvre cet habile néologisme ? La prochaine génération se consacrera à l’éducation des algorithmes et des robots, nous dit-on. Et une fois les robots éduqués, qu’adviendra-t-il de la génération suivante ?

D’ailleurs, nous sentirons-nous plus en sécurité dans un monde envahi, rempli, saturé d’intelligences artificielles, contrôlées (ou non contrôlées) par Dieu sait qui ? A moins bien sûr que nous n’ayons recours à d’autres IA pour nous protéger !

Il est sûr que certains y trouveront leur intérêt. Mais vous ?

Références

 

LE « CONTRE » 

Un rôle décisif dans la pérennité de l’Homme

Billet rédigé par :
 catastropheAurélien ChapuzetResponsable Marketing chez Vivoka, expert français de la reconnaissance vocale et de l’intelligence artificielle
https://vivoka.com

L’IA telle que nous la connaissons n’est pas une chose qu’il faut craindre, bien au contraire. Plusieurs discours tendent à l’incriminer pour diverses raisons comme la disparition d’emplois ou le perte d’humanisation. Pourtant, dans les faits, les apports de cette technologie sont une véritable aubaine pour l’Homme. S’ajoute à cela de nombreuses fictions telles qu’iRobot qui offrent un spectacle plus qu’horrifique de l’IA, nuisant à sa popularité en montrant son plus funeste destin.

Une technologie encore très dépendante

Tout d’abord, l’IA a encore énormément de chemin à parcourir avant de pouvoir ne serait-ce que frôler la complexité du cerveau humain. En effet, elle est aujourd’hui extrêmement efficace pour traiter des tâches répétitives car sa puissance de calcul lui permet d’exceller en la matière. De plus, l’Homme est toujours un facteur décisif dans son fonctionnement, car l’IA a besoin de l’intervention humaine pour fonctionner. Ceci, remet déjà très largement en question les scénarios catastrophes !

Une opportunité pour l’Homme

Par ailleurs, comme pour toute innovation majeure, certaines choses disparaissent, d’autres sont créées. Ainsi, de nombreux métiers, liés à l’IA, sont amenés à apparaître dans la sphère professionnelle afin de concevoir et gérer au mieux ces intelligences artificielles qui feront parties de notre quotidien. « Oui, mais du coup certains métiers disparaîtront ! » nous diriez-vous. En réalité, non, car l’IA sera au service des individus, quelle que soit leur fonction. Son objectif n’est pas de remplacer l’Homme, mais bel et bien de l’accompagner afin d’améliorer son efficacité tout en diminuant ses efforts.

Accompagner et renforcer nos efforts

Des exemples valent certainement mieux que des explications interminables pour appuyer les apports de cette technologie. Aujourd’hui, dans le domaine médical, Watson, le système conçu par IBM, réalise des prouesses, comme la détection de maladie à des taux de précision record (90 % contre 50 % venant d’un médecin sur le diagnostic d’un cancer du poumon). De la même manière, en ce qui concerne le maintien à domicile, l’analyse des habitudes, une tâche répétitive, permet de déceler des anomalies et d’alerter les secours en cas de problème, sauvant de nombreuses vies. Dans une dimension plus écologique, l’IA offre des analyses continues du fonctionnement des habitations afin d’oeuvrer pour la réduction des consommations énergétiques et directement, pour un monde plus vert. Il est même possible de protéger des espèces animales grâce à l’IA, Two-I, une start-up du Grand-Est est en mesure d’identifier les cétacés de la côte atlantique française afin de surveiller leur population et la préserver. Côté applications, ce ne sont que quelques exemples des possibilités de l’IA. En définitive, ce qu’il faut retenir est qu’elle est amenée à jouer un rôle décisif dans la pérennité de l’Homme.

 

 

 

Intelligence artificielle : Pour le meilleur OU pour le pire ?

Publié par:  
Date: 08 avril, 2019

 

Dossier réalisé par Souad Mekkaoui

«Que puis-je faire pour vous ? Allez-y je vous écoute… De­mandez-moi par exemple : quelle est la date d’aujourd’hui ? Quand est mon prochain rendez-vous ? Est-ce qu’il y a du vent ? Réveille-moi dans huit heures. A quelle heure se lève le soleil à Paris ? »

C’est ainsi que vous parle Siri dès que vous appuyez, pendant deux secondes, sur le bouton principal de votre iPhone et que vous le relâchez. Cette applica­tion informatique de commande vocale, développée par la société américaine Apple et qualifiée d’assistant personnel intelligent, est une interface homme-ma­chine qui repose sur la reconnaissance vocale. L’utilisateur peut donc s’expri­mer normalement et Siri répond aussi le plus normalement possible dans un lan­gage naturel plus ou moins décalé. Il est vrai qu’il ne peut encore tenir une vraie conversation, comprendre des subtilités fines de la langue naturelle comme le ferait un être humain et qu’il est facile de le piéger puisque les, limites de son vocabulaire apparaissent très vite. Mais la révolution technologique est donc une réalité qu’on ne peut plus contourner. Par une simple phrase, on peut connaître la météo, programmer l’alarme, se faire rappeler ses rendez-vous, etc;

Peu importe ce que vous voulez faire, Siri peut s’en charger à votre place. Il suffit de demander. Deman­dez-lui d’envoyer un message sur votre iPhone, de diffuser votre série TV pré­férée sur votre Apple TV et il s’exécute. Bref, là où il y a du digital, il y a (aura) de l’intelligence artificielle. Et donc comme monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, nous, nous utili­sons de l’IA sans en être conscients, ne serait-ce que par les chatbots auxquels nous avons accès 24H/24, 7j/7 pour être informés, conseillés ou tout sim­plement pour nous divertir.

Désormais, vous n’êtes plus obligé de connaître l’itinéraire de votre destina­tion, vous pouvez vous rendre partout et n’importe où sans connaître au préalable l’adresse, Waze le fait pour vous. N’est-ce pas là des utilisations anecdotiques quotidiennes qui confirment, bel et bien, qu’on ne peut plus échapper à l’Intel­ligence artificielle, au moment où elle échappe à tout le monde, allant même jusqu’à troubler le sommeil des experts en la matière ? Cette utopie transhuma­niste, certains pensent qu’elle deviendra réalité dans le courant de ce siècle et nous y sommes déjà.

Au motif de toutes les avancées auxquelles nous assistons, on accepte l’idée qu’un jour, peut-être, on pour­rait fabriquer une nouvelle espèce, mi-homme mi-machine. Qui sait ? D’où la nécessité de dessiner une cartographie des promesses et des dangers de l’intel­ligence artificielle.

D’ailleurs et malgré toute la perti­nence des réflexions éthiques sur ces questions, cela n’empêche pas un pays comme la Chine de devenir le labora­toire d’un monde futuriste inquiétant et imprévisible, grâce à l’intelligence artificielle, loin de toute convention internationale et de toute sauvegarde des libertés individuelles. Aussi les États-Unis prennent-ils le train et se lancent dans une course avec l’empire céleste pour affirmer leur supériorité capacitaire dans ce domaine. Quel rôle jouerait alors l’Europe ? La France ?

L’intelligence artificielle en débat

A l’ère où les intelligences s’ar­rachent le vedettariat, et où les Etats se disputent les coopérations en matière d’intelligence artificielle, celle-ci entre en force dans les sociétés. Elle est déjà partout et ce n’est qu’un début. Elle fait les grands titres des Unes et suscite autant d’interrogations que d’espoirs ou d’appréhensions. Entre fascination et inquiétude, l’intelligence artificielle ne laisse personne indifférent. Elle tient le haut du pavé, depuis quelques mois, et fait l’objet du débat le plus im­portant de notre époque. Alors qu’en 2015 le marché de l’intelligence artifi­cielle pesait 200 millions de dollars, on estime qu’en 2025, il s’élèvera à près de 90 milliards de dollars.

Quand le débat s’arrache entre l’homme et la machine

Jouer aux échecs, aux cartes ou à Candy crush est un divertissement qui ne nécessite pas qu’on se pose la question : on joue contre qui ou plutôt contre quoi? Peu importe notre rival. On joue, on gagne ou on est battu et on passe. Mais là l’intelli­gence artificielle vient de franchir une nouvelle étape dans sa maîtrise du langage humain.

Or, il y a de cela quelques jours, plus exactement, le 11 février dernier, IBM donnait à voir un duel iné­dit entre un homme et …une machine ! L’indétrô­nable champion du monde des débats, Harish Na­tarajan, finaliste du World Debating Championship 2016, devait affronter une intelligence artificielle gavée de données sur un thème particulièrement complexe à savoir « l’Etat doit-il subventionner les écoles maternelles ? ». Et le moins que l’on puisse dire est qu’il … s’en était sorti avec des sueurs face à Project Debater, son interlocuteur métallique qui a fait montre d’érudition redoutable. Celui-ci s’était adressé à l’orateur en lui disant : « Il paraît que vous détenez le record du championnat du monde des débats, mais vous n’avez jamais affronté une machine. Bienvenue dans le futur ». De quoi déstabiliser le meilleur des débatteurs.

Au moment où l’un ne pouvait compter que sur sa mémoire et son art oratoire, l’autre, élaboré dans les labos d’IBM en Israël était muni de milliards de textes et piochait dans plusieurs milliards d’élé­ments de langage pour former des phrases com­plètes, convaincre le public et battre son concur­rent.

La bataille était rude. Mais bien que la machine ait pu présenter un argumentaire brillant, elle s’était montrée, des fois, décalée par rapport aux réponses de son rival, de sang et de chair, qui avait pu mettre le public de son côté et gagner, face aux neurones synthétiques.

En tout cas, ce qu’il faut retenir, c’est que Project Debater est désormais capable de débattre de su­jets complexes défiant en cela les meilleurs orateurs humains et les spécialistes des joutes verbales.

Il y a lieu de se demander si l’intelligence artificielle est vraiment intelligente. Pourrait-elle remplacer un avocat à l’avenir ? Les choses changeront-elles d’ici quelques années ? Le robot mettra-t-il KO l’homme lors de débats ? Seul le temps nous le dira mais les experts d’IBM sont persuadés que l’IA aidera certainement les humains dans la prise de décision prochainement en leur permettant notamment de comprendre le problème sous toutes ses facettes.

Harry Shum, Executive Vice-Pre­sident AI & Research de Microsoft dé­crit la situation dans des propos ré­alistes et satiriques à la fois. « Bien sûr qu’il faut aimer l’IA Après tout, qu’est-ce que l’opposé de l’intelligence artificielle ? La stupidité naturelle » dit-il.

Ce monde bleu des chiffres et des calculs infinis, et ces gigantesques bases de données nous dépassera pro­bablement bientôt. Nos voitures et nos maisons peuvent être télécomman­dées à distance et ce qui relevait, il y a de cela juste quelques années, de la science-fiction commence à constituer, désormais, notre réalité. Et si, il y a quelques années encore, l’IA n’était pas à la portée de tous vu qu’elle exigeait des expertises pointues et des moyens conséquents, aujourd’hui, l’intégration de l’IA dans toutes les applications est devenue facile et largement démocrati­sée.

Aujourd’hui donc, séminaires, col­loques, conférences, tables rondes, tout tourne autour de la révolution IA, cette technologie en plein développement qui fascine et inquiète, à la fois, à tel point que certains se voient dans l’obli­gation de tirer la sonnette d’alarme quant au danger qu’elle représente, tel­lement elle n’a pas de limite et donc in­contrôlable. Mais c’est quoi donc cette notion qui révolutionne le monde ?

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) consiste à mettre en oeuvre un certain nombre de théories et de techniques visant à permettre aux ma­chines de simuler une forme d’intelli­gence réelle (humaine). C’est à propre­ment parler de programmes capables de performances, habituellement, asso­ciées à l’intelligence humaine, ampli­fiées par la technologie. Ainsi, de la fa­culté d’apprendre progressivement, de raisonner, à la capacité d’interagir avec l’homme, en passant par l’amélioration continuelle des performances, l’intel­ligence artificielle investit différents domaines et parvient même à identifier les mots dans un échange oral comme le ferait un être humain ou presque.

Vous avez dit intelligence artificielle ?

C’est dans les années 1950, année fondatrice de l’IA, que le mathéma­ticien Alan Turing soulève l’idée de doter les machines d’une forme d’in­telligence, dans son livre Computing Machinery and Intelligence. Depuis, des réseaux de neurones artificiels sont mis en place par les grandes entre­prises dans le monde de l’informatique telles que Google, Microsoft, IBM, Apple, Facebook, etc. Groupes infor­matiques, PME, grandes entreprises, acteurs du secteur public, industriels, tous sont passés à l’intelligence arti­ficielle. Cette révolution est rendue possible par une quantité de data abon­dante combinée à une forte puissance informatique en plus d’algorithmes ré­volutionnaires.

L’IA se retrouve ainsi implémen­tée dans un nombre grandissant de domaines d’applications grâce aux données, à la manière de les exploiter puis à la capacité à apprendre, sachant que l’intelligence artificielle s’ins­pire des processus cognitifs humains. Ainsi, l’explosion de la puissance de calcul des machines a fait basculer l’IA, dans les années 2010, d’un clas­sique de science-fiction à une réalité de plus en plus proche, devenue enjeu scientifique majeur. Janvier 2018, lors du célèbre test de lecture de l’Université de Stanford, l’IA marque encore le point et dépasse les humains dans l’exercice de lecture et de compré­hension.

Toutefois, le cerveau artificiel est loin d’atteindre la complexité de l’en­céphale humain, explique les neurobio­logistes.

Le défi majeur serait donc : comment garder le contrôle sur des intelligences dont on se dit qu’elles finiront par nous surpasser ? Aujourd’hui, les GAFAM dominent le monde. Les transfor­mations dont on parle c’est déjà au­jourd’hui car la Chine n’attend pas elle, elle classe et fiche ses citoyens qu’elle reconnaît automatiquement dans la rue. Normal, ne dispose-t-on pas, au­jourd’hui, de milliers de microproces­seurs miniaturisés ? Du coup, on peut obtenir des capacités supra humaines de stockage de l’information et de trai­tement statistique des données. En plus, pour résoudre un problème complexe, c’est plus simple en le divisant en plu­sieurs sous-problèmes, avec une intelli­gence artificielle assignée à chacun.

Cette technologie perfectible a pour­tant commencé à bouleverser nos mo­des de vie, et va continuer à le faire dans le futur, avec l’arrivée program­mée des voitures autonomes, des robots chirurgiens, des algorithmes avocats ou des majordomes virtuels.

C’est dire que nous entrons dans le monde de la surveillance généralisée des cerveaux humains et aucun secteur n’y échappe plus.

De nombreuses entreprises utilisent, dès à présent, l’intelligence artificielle pour devenir plus productives, plus efficaces et plus innovantes.

Les métiers au rythme de l’intelligence artificielle

A quoi ressemblera l’usine de l’avenir ? Certaine­ment pas à ce qu’elle est aujourd’hui. En choi­sissant d’être dans l’air du temps et de s’inscrire dans l’ère de la digitalisation, les entreprises auront d’autres critères de sélection en matière de recru­tement et bien des métiers disparaîtront pour être remplacés par des robots.

Le cas de la France

Selon le think tank Institut Sapiens, cinq métiers semblent plus menacés que les autres par l’Intelli­gence artificielle et l’automatisation. Ils pourraient disparaître dans le courant du XXIe siècle.

Le rapport avise en premier les employés de banque et d’assurance qui sont les plus menacés selon l’Ins­titut Sapiens. Leurs effectifs sont passés de 356.000 en 1986 à 221.000 en 2016 soit une diminution de 39 %. Il prévoit une véritable extinction rapide d’ici 2038 à 2051.

Le métier de comptable aura aussi du plomb dans l’air puisque, depuis quelques années, la tendance est à l’externalisation du métier. L’étude prévoit une extinction entre 2041 et 2056 dès que des logiciels s’acquitteront des tâches comptables sans avoir re­cours à l’homme.

Depuis 1986, le nombre des secrétaires n’a cessé de diminuer, passant de 765.000 à 560.000 en 2016. Leur extinction est ainsi prévue entre 2053 et 2072.

Quant aux caissiers et aux employés de libre-ser­vice, le rapport projette une extinction du métier à 2050 au plus tard 2066. D’ailleurs la courbe est dé­croissante depuis les années 2000 en faveur des caisses automatiques dans les supermarchés.

Les ouvriers de la manutention, eux, seront amenés à trouver autre chose à faire d’ici 2071 ou 2091. Des géants comme Amazon ambitionnent d’automatiser leurs entrepôts le plus tôt possible.

Et ce sont plus de 2 millions de personnes qui sont concernées par ces métiers.

Par ailleurs, d’autres métiers « futuristes » jusqu’à il y a quelques années gagneront du terrain parmi nous certainement notamment des roboticiens pour améliorer l’autonomie des robots et faciliter leur inté­gration dans notre espace quotidien.

En tout cas, force est de constater que les boulever­sements induits par l’IA seront tels qu’il sera impos­sible de maintenir le même état des choses pendant longtemps et surtout de les appliquer à tous les en­vironnements.

A titre d’exemple, que ce soit en in­dustrie du textile ou dans l’industrie alimentaire, l’intégration de l’intelli­gence artificielle se fraie son chemin aisément, pour des gains opérationnels, des risques réduits et une maintenance améliorée ; et la productivité s’en targue.

Néanmoins, une machine a besoin, pour penser, des données que seuls des individus dotés d’intelligence peuvent y introduire. Force est de se demander si à l’avenir, des puces électroniques en silicium pourront avoir les mêmes propriétés que le cerveau humain et si l’intelligence artificielle pourra imiter le cerveau humain qui fonctionne grâce à cent milliards de neurones, connectés entre eux par un million de milliards de synapses. Du moins, arrivera-t-on un jour à séparer la conscience du corps et la loger dans une machine ?

L’Intelligence artificielle : divers usages et un potentiel infini

La reconnaissance vocale bat son plein grâce à des as­sistants virtuels qui peuvent désormais transcrire des pro­pos formulés en langage na­turel et traiter les requêtes de différentes manières (synthèse vocale, traduction instantanée ou autre).

Les images n’ont plus de se­cret pour l’IA. Celle-ci peut au­tomatiquement reconnaître le contenu de l’image et la clas­ser en fonction de critères dé­terminés. Certains algorithmes ne se contentent plus de re­connaître des images, mais se montrent capables de les produire et de donner des yeux aux machines.

Un message perçu comme indésirable est systématique­ment et efficacement filtré grâce aux algorithmes.

Diagnostics médicaux, chat­bots, traduction automatique, facility management, finance algorithmique, banques, as­surances, maintenance pré­dictive, voitures autonomes, assistants personnels, robots industriels, jeux vidéo, maîtrise de la consommation d’énergie, smart building et même sur le terrain militaire, la technologie émergente de l’IA bouleverse tous les secteurs et devient un allié de taille. D’un simple chabot générique, elle est au­jourd’hui un vrai système de gestion incontournable

 Faut-il se méfier de l’intelligence artificielle?

Smartphones, automobiles, maisons, commerce, santé et même en justice, l’IA est une réalité dans bien des aspects de la vie quotidienne. Progrès ou cau­chemar ? D’aucuns s’enthousiasment, y voient un nouveau champ de progrès pour l’homme et mettent en avant les nombreux services que va rendre l’IA dans la santé (prédiction des cancers, gé­nétique), le transport (voiture autonome, drones), environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain (EIAH), le spatial (robots sur Mars ou d’autres planètes), les banques (avec le robot-ad­visor), les services de relation clients (chatbot) ou le marketing (assistants per­sonnels).

D’autres, par contre, s’inquiètent de l’arrivée de robots intelligents, des­tructeurs d’emplois, voire d’une intel­ligence artificielle consciente qui rem­placerait l’humanité. Aujourd’hui, et loin des auteurs ou réalisateurs de films de science-fiction dont les scénarios prévoient des catastrophes entre les hu­mains et les machines, des spécialistes s’insurgent.

En effet, des géants, figures respec­tées de la sphère technologique, comme Alphabet, Amazon, Facebook, IBM et Microsoft, ainsi que des personnalités

En quête d’âme soeur ? L’IA choisira pour vous !

Les applications de ren­contres se dotent d’intel­ligence artificielle et pour­raient connecter, sans perdre de temps, des âmes «compatibles» via leurs smart­phones. L’amour n’aura plus besoin de pré pour naître mais tout simplement d’algo­rithmes et de codes. Objec­tif ? Reproduire les processus de la pensée humaine lors de la recherche d’un partenaire, ce qui permettra peut-être de trouver ainsi l’âme soeur plus facilement. Bref, les sites de rencontre brandissent leur atout indéfectible pour rappro­cher «les âmes». Comment intervient donc l’IA dans la connexion des coeurs ? Elle devrait aider (ou du moins essayer) à gagner un temps précieux dans la recherche de son prochain partenaire, en fonction des profils et des pré­férences personnelles.

Peut-être même que d’ici peu, l’IA pourra prévoir la durée de la réussite d’une relation avant que celle-ci ne commence.

comme Stephen Hawking et Elon Musk, n’ont pas hésité à exprimer leurs craintes quant aux progrès exponentiels de cette révolution technologique. À bien des égards, il s’agit d’une nouvelle fron­tière, qui concerne tout autant l’éthique et l’évaluation des risques que les nou­velles technologies. Alors, quels sont les sujets qui troublent le sommeil des ex­perts en intelligence artificielle qui laisse entrevoir, à terme, un dépassement des capacités humaines ? Steve Wozniak, compagnon de Steve Jobs dans le lan­cement d’Apple, va beaucoup plus loin en prédisant un « futur effrayant », dans lequel les humains pourraient être trans­formés en « animaux domestiques » ou « écrasés comme des fourmis » par les robots qu’ils auront créés.

Donc face aux défenseurs de l’IA, il y a ceux qui brandissent le revers de la médaille. Elle servirait aussi à des buts moins louables, comme la surveillance généralisée, mise en place en Chine. Des experts internationaux sonnent l’alarme sur les risques d’une utilisation mal­veillante de l’intelligence artificielle par « des États voyous, des criminels ou des terroristes ». Faut-il rappeler les agisse­ments coupables de Cambridge Analy­tica, cette société qui en manipulant des données personnelles volées à Facebook, aurait contribué à la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis ? La vie privée s’en trouve alors menacée. D’autant plus qu’elle peut être beaucoup plus dangereuse si on pense au « haking ». Des robots ou des voitures autonomes connectés en réseau et envoyés au sein de la population sont susceptibles d’être « hackés ».

Par conséquent, il est probable que les progrès de l’intelligence artificielle pourraient renforcer la cybercriminalité mais aussi conduire à des utilisations de drones ou de robots à des fins terroristes, dans les prochaines décennies.

C’est pourquoi un rapport d’une cen­taine de pages a été rédigé par 26 experts spécialistes en intelligence artificielle, en cybersécurité et robotique pour appeler les gouvernements à mettre en place des mesures pour limiter les menaces poten­tielles liées à l’IA, sachant qu’il y aura toujours un pays, un laboratoire, une armée, qui fera ce qui est interdit. Par ailleurs, 116 chefs d’entreprise ont signé une lettre ouverte prévenant l’ONU des dangers des robots-tueurs.

Sur le plan économique, la grande peur c’est que l’IA tue les emplois, avec les conséquences qu’on imagine. Il est vrai que ses défenseurs nous expliquent qu’elle créera autant d’emplois qu’elle en détruira mais on a du mal à le croire. Elle pourrait détruire des millions d’emplois, en remplaçant les chauffeurs par des véhicules autonomes ou les avocats par des algorithmes. C’est ce qu’avancent régulièrement des études plus ou moins alarmistes. En 2014, le cabinet Roland Berger a ainsi publié une étude selon laquelle la robotisation menacerait 42% des emplois et pourrait en détruire 3 mil­lions, en France, d’ici à 2025.

En mai 2017, les universités d’Oxford et Yale ont publié un calendrier des années où l’IA va surpasser l’humain, et sera donc susceptible de le remplacer. Selon diverses prévisions, quasiment tous les métiers seraient menacés. En 2062, les IA seront en mesure de réaliser toutes les tâches humaines plus efficace­ment que nous.

L’intelligence artificielle, l’exploit des temps modernes

Si de nombreuses personnalités du monde high-tech comme Stephen Hawking, Bill Gates et Elon Musk ma­nifestent leurs craintes quant à l’invasion de l’IA et pointent les risques éthiques d’une IA rendue trop autonome, d’autres scientifiques, par contre –des transhu­manistes- nourrissent des espoirs aux couleurs métalliques ; et estiment que ,probablement, si la transition se fait de manière correcte et progressive, on re­gretterait, forcément, le temps perdu et passé par l’homme au travail afin que celui-ci puisse vivre.

Pour eux il n’y a pas lieu d’avoir peur d’une machine qui tourne selon des pro­grammes pré-établis et exécute les tâches qu’on lui donne.

Au contraire, l’intelligence artificielle peut débloquer d’incroyables possibili­tés dans tous les secteurs, y compris la médecine et l’éducation. Utilisée à bon escient, elle représente une très belle op­portunité économique et sociale.

Selon eux, il est clair que l’intelligence artificielle (IA) va transformer le monde tel que nous le connaissons au cours des dix prochaines années. Mais elle est loin de représenter une menace pour l’huma­nité. Et la perspective d’un « Terminator» qui déciderait de supprimer les humains n›a aucune chance de se réaliser. Tel est le message qui ressort d’une passion­nante conférence organisée par l’univer­sité de Stanford, sous le titre « Artificial Intelligence and Life in 2030 ».

Elle permettrait, entre autres, de réali­ser toutes les tâches ménagères. Peut-être même qu’à l’avenir les intelligences ar­tificielles pourront avoir une apparence humaine pour le contact social. Sur un autre plan, elles faciliteraient les dépla­cements. Mieux encore, elles le feront à la place de l’Homme. D’ailleurs, il existe déjà des véhicules pouvant se déplacer seuls, munis de caméras et de capteurs.

Le hic c’est qu’une erreur technique n’est pas à écarter dans la programma­tion des robots. Ce qui pourrait être fatal dans certains cas.

En tout cas, le train de la révolution est en marche. Et tous les secteurs se préci­pitent pour le prendre. Les moyens co­lossaux en recherche et développement déployés, depuis plusieurs années, par les GAFAM et IBM assurent une avance considérable aux sociétés américaines, principalement dans la Silicon Valley. 

Le monde est en effervescence tech­nologique et nos habitudes quotidiennes risquent d’être chamboulées. Avec la technologie Mobileye (rachetée par In­tel pour 15 milliards de dollars) Tesla a ouvert le bal des voitures autonomes, pilotées par des IA. Les autres construc­teurs n’ont pas tardé à lui emboîter le pas. Le monde de la Santé, quant à lui, est révolutionné par le projet Deep Lear­ning de Google qui peut diagnostiquer un cancer plus vite que les oncologues.Watson d’IBM a établi, quant à lui, un nouveau diagnostic d’une forme rare de leucémie et proposé un traitement qui s’est avéré efficace. Avec les smart­phones nous avons l’embarras du choix entre les performances de Siri d’Apple, Cortana de Microsoft, Magic live de Huawei et bien d’autres assistants per­sonnels vocaux qui nous accompagnent.

Le monde de la presse n’échappe pas non plus à l’Intelligence artificielle. Des robots journalistes sont de plus en plus employés. Ils informent sur le temps qu’il fera, affichent les résultats bour­siers et donnent le compte-rendu des rencontres sportives surtout le week-end.

Bref, on est à l’ère de l’invasion des algorithmes.

Où en est le Maroc ?

Parler d’intelligence artifi­cielle au Maroc est encore précoce vu l’état actuel des choses, du moins pour la ma­jorité des entreprises. Le pays est encore en phase de pré­paration d’un terrain propice. Pour cela, les entreprises tra­vaillent sur la digitalisation de leurs données afin d’en faciliter l’accès et l’analyse. Et c’est ce qui enclenchera, par la suite, l’implémentation d’un système d’intelligence artificielle.

Cela dit, plusieurs secteurs s’apprêtent à accueillir la ré­volution technologique qui nécessite leur digitalisation avant de passer à la robotisa­tion notamment les banques, les assurances, les opérateurs télécoms, l’industrie en plus du secteur public. D’ailleurs, la banque et l’assurance s’y mettent déjà en implémentant des programmes d’intelligence artificielle dans leurs sys­tèmes. Du coup, la demande en termes de profils plus qua­lifiés et appropriés à savoir des d’ingénieurs et des mathéma­ticiens augmentera certaine­ment, à l’avenir. L’heure sera donc aux robots et à ceux qui en maîtrisent l’usage.

Toutefois le rythme reste lent et la tendance mondiale, elle, va en flèche.

 

 

Les 5 plus grands dangers de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle rend la vie plus facile et plus confortable, ou du moins elle devrait l’être dans de nombreux cas. Cependant, il y a des inconvénients à cela – l’IA comporte de nombreux dangers. Bien sûr, nous n’avons pas à craindre les machines qui nous réduisent en esclavage ou tentent de tous nous tuer, mais dans certains domaines, les risques posés par l’intelligence artificielle sont bien réels.

Perte de contrôle

Le développement d’une nouvelle technologie signifie toujours que les chercheurs, les ingénieurs, les financiers et les autres chefs de file ont le contrôle sur l’orientation à suivre, tout du moins jusqu’à maintenant. La situation de l’intelligence artificielle est quelque peu différente parce qu’elle peut – dans un certain cadre – se développer davantage sans que l’homme n’en détermine son orientation.


L’apprentissage non supervisé, c’est-à-dire un processus d’apprentissage dans lequel l’IA analyse, traite et tire des règles d’un ensemble de données sans aide humaine, est encore très long et erroné. Cependant, la situation actuelle ne durera pas trop longtemps, et il sera alors crucial d’enseigner les limites et les limites de l’IA – et d’espérer qu’elle s’y tiendra.

Chômage

Ne nous leurrons pas : l’intelligence artificielle coûtera des emplois à beaucoup de gens. Il y a des domaines dans lesquels les méthodes d’IA fonctionnent beaucoup mieux que tout ce que les humains peuvent apporter. De nombreuses transactions boursières et bancaires, par exemple, s’exécutent déjà de manière entièrement automatique, sans intervention humaine.

Bien sûr, de nombreuses nouvelles professions émergent dans le domaine de l’intelligence artificielle, probablement même plus que les professions existantes qui seront éliminées par l’intelligence artificielle. Cela aide certaines personnes qui sont sans emploi, mais pas beaucoup à ces premiers stades. La plupart des nouveaux emplois créés par l’IA ont des exigences complètement différentes et souvent plus élevées que celles qui ont été éliminées.

AI robot 05

L’intelligence artificielle supprime des emplois dans certains domaines. © Phonlamai Photo/Shutterstock

L’humanisation des machines

Ce point provient principalement, mais pas exclusivement, des assistants numériques, qui apparaissent partout. Nous parlons à nos appareils, posons des questions, donnons des ordres et obtenons des réponses. Les sociologues voient le danger d’humaniser les dispositifs techniques et les systèmes complexes, et c’est bien réel.

La machine reste toujours une machine, même si Alexa, Cortana ou Siri nous parlent naturellement entre-temps. L’humanisation détruit la distance entre l’homme et la machine et crée une dépendance unilatérale sur le plan émotionnel. Cela peut sembler un peu détaché et abstrait, mais cela peut entraîner des problèmes psychologiques à long terme pour de nombreuses personnes.

Les entreprises déterminent le développement

Les technologies importantes ont besoin de règles et de limites, et c’est peut-être plus important dans l’IA que dans tout autre domaine qui l’a précédée. Avec la vitesse brutale à laquelle l’intelligence artificielle se développe dans les grandes entreprises du monde, les organismes gouvernementaux responsables de ces frontières et de ces règles sont à peine capables de suivre.

Cela signifie que le développement de la technologie peut-être la plus importante au monde est de facto entre les mains d’entreprises privées et à but lucratif. Cela peut s’avérer positif, comme certains projets l’ont montré, mais le risque est grand que les principes éthiques et moraux soient négligés par la recherche du profit.

Répression dans la société

L’intelligence artificielle peut reconnaître les gens en quelques secondes, même dans une grande foule. De plus, il y a des entreprises qui peuvent identifier leurs employés par la façon dont ils déplacent le pointeur de la souris sur un ordinateur, en quelques secondes. Des enregistrements sonores peuvent également être utilisés pour la surveillance, de même que des traces de l’utilisation d’Internet.

Toutes ces données peuvent être recherchées, filtrées et analysées plusieurs fois plus rapidement et plus efficacement que jamais auparavant en utilisant l’apprentissage machine et d’autres méthodes d’IA. Les gouvernements, les despotes et les régimes autoritaires disposent ainsi d’outils beaucoup plus puissants pour contrôler et surveiller leur propre population et la priver dans une certaine mesure de sa liberté.

policeglasses

Des policiers chinois avec des lunettes intelligentes. © Reuters 

Un rapport alerte sur les risques d’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle

Vingt-six experts évoquent la facilitation de la manipulation des élections, l’accentuation de la cybercriminalité ou l’utilisation de drones à des fins terroristes.

Le Monde avec AFP  Publié le 21 février 2018 à 01h57 – Mis à jour le 22 février 2018 à 06h37

« Il est clair que l’IA [intelligence artificielle] aura une place importante dans les questions de sécurité de demain, que les possibilités d’usage malveillant sont nombreuses, et que nous pouvons et devons faire plus. » Le rapport, publié mardi 20 février par vingt-six spécialistes de l’IA, a de quoi inquiéter. Exemples concrets à l’appui, ces experts issus du monde universitaire (Yale, Stanford, Cambridge, Oxford), mais aussi d’organisations non gouvernementales (ONG), comme l’Electronic Frontier Foundation ou Open AI, alertent sur les dangers potentiels représentés par ces technologies, si elles étaient placées entre de mauvaises mains.« Nous ne nous sommes concentrés que sur les technologies d’IA qui existent (ou du moins au stade de la recherche ou de prototypes) ou qui sont plausibles dans les cinq prochaines années », précisent les auteurs de ce rapport d’une centaine de pages. Selon eux, la sécurité des personnes est en jeu, mais aussi la cybersécurité et l’équilibre politique. Dans ces trois domaines, « les attaques qui seront permises par l’utilisation croissante de l’IA seront particulièrement efficaces, finement ciblées et difficiles à attribuer ».

Scénarios catastrophes

Le rapport s’intéresse dans un premier temps à la façon dont des terroristes, par exemple, pourraient détourner ces technologies, « comme utiliser des drones ou des véhicules autonomes pour transporter des explosifs et causer des accidents ». De plus, l’IA pourrait « réduire l’expertise nécessaire pour mener certains types d’attaque », peut-on lire dans le document, qui évoque par exemple des systèmes permettant de se passer de tireurs d’élite.

Les auteurs imaginent plusieurs scénarios catastrophes. Dans l’un d’eux, un robot censé faire le ménage s’introduit dans un ministère, au milieu d’autres machines du même modèle. Quand le ministre passe à proximité, le robot déclenche une charge explosive.

Autre danger envisagé : l’utilisation de programmes d’IA dans un but politique. Le rapport évoque les technologies déjà capables de fabriquer des vidéos et des sons, permettant, par exemple, de faire dire n’importe quoi à une personnalité politique. Il craint aussi « des campagnes de désinformation automatisées et hautement personnalisées », concevant des messages sur mesure envoyés aux internautes dans le but d’influencer leur vote.

Lire aussi  Du porno aux fausses informations, l’intelligence artificielle manipule désormais la vidéo

Les auteurs imaginent également des campagnes d’envoi massif et automatisé d’informations, « fausses ou distrayantes », ayant pour unique but de créer du « bruit » et de noyer les informations de qualité. Ils mettent aussi en garde contre les abus des Etats à l’encontre de leurs propres citoyens, avec « l’usage de systèmes automatisés de surveillance pour supprimer toute dissidence ».

Enfin, le rapport s’intéresse à l’épineuse question de la cybersécurité, déjà affectée par l’IA. Celle-ci pourrait être utilisée davantage à l’avenir pour « automatiser la découverte de failles » et « pour améliorer le choix des cibles, éviter la détection et répondre avec créativité aux changements dans le comportement des cibles ».

Cela pourrait aussi concerner les techniques de « phishing », qui consistent par exemple à envoyer un courriel venant prétendument d’un proche, d’une entreprise ou d’une administration, dans le but de pousser l’utilisateur à fournir des informations, comme ses données bancaires.

Des programmes d’IA pourraient améliorer ce type d’escroquerie, en exploitant les données publiques mises en ligne par les internautes,« pour générer automatiquement des sites, des e-mails, des liens malveillants sur lesquels ils cliqueraient probablement, envoyés d’adresses se faisant passer pour leurs vrais contacts, avec un style d’écriture imitant celui de ces contacts ». Les « chatbots », ces programmes censés converser avec les humains, pourraient aussi progresser suffisamment pour gagner la confiance des cibles, estiment les auteurs du rapport.

Recommandations

Que faire pour éviter que ces scénarios catastrophes se concrétisent ? Les auteurs du rapport préconisent, en premier lieu, une plus grande collaboration entre les pouvoirs publics et les chercheurs, « pour enquêter, prévenir et limiter les usages malveillants potentiels de l’IA ».

Ils encouragent aussi les chercheurs à « prendre au sérieux » le fait que les technologies qu’ils développent puissent être utilisées à bon comme à mauvais escient. Et, en conséquence, leur conseillent de « prendre contact avec les acteurs pertinents quand ils voient arriver des applications dangereuses ».

Les technologies d’IA, sur lesquelles les informaticiens travaillent depuis les années 1950, ont fait de grands progrès depuis le début des années 2010. Et ce grâce notamment à l’augmentation de la puissance des machines et à la multiplication des données. Un bond qui soulève des inquiétudes. En 2015, plus d’un millier de personnes, parmi lesquelles de nombreux chercheurs en IA, mais aussi des personnalités, comme l’entrepreneur Elon Musk ou l’astrophysicien Stephen Hawking, avaient signé un appel pour faire interdire les armes autonomes. Depuis, plusieurs initiatives relatives à l’éthique dans l’IA ont vu le jour, comme le Partnership on AI, lancé en septembre 2016 par les grands groupes du secteur, dont Google, Facebook et Amazon, qui comptent définir de « bonnes pratiques ».

 

 

Une étude pointe les possibles effets pervers et dangers de l’intelligence artificielle

image dediée
Crédits : Zapp2Photo/iStock
NOUVELLE TECHNO
 11 min
Par 
le lundi 26 février 2018 à 11:17
Sébastien Gavois

Phishing parfaitement calibré pour une cible, malware avec une incroyable capacité d’adaptation, robot détourné de sa fonction première pour identifier et détruire une cible, système prédictif de perturbation civile et « fake news ». Voici quelques exemples des dérives possibles de l’intelligence artificielle, mises en avant dans un (très) long rapport.

26 chercheurs provenant de 14 institutions d’horizons variés ont publié la semaine dernière un texte commun d’une centaine de pages dans lequel ils entendent mettre en garde contre une potentielle « utilisation malveillante de l’intelligence artificielle ».

Parmi les intervenants, on retrouve des membres de plusieurs universités, notamment celle d’Oxford, de l’alliance OpenAIpour la recherche ouverte sur l’IA, du Centre pour l’étude des risques existentiels (CSER) et de l’Electronic Frontier Foundation (EFF) pour ne citer qu’eux.

Encore un bilan sur les risques de l’intelligence artificielle

Baptisé « L’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle : prévision, prévention et atténuation », il distille les résultats d’un atelier du Future of Humanity Institute organisé en février de l’année dernière. Le thème principal était justement les risques potentiels de l’intelligence artificielle, un sujet anxiogène pour certains.

On y retrouve également des recherches supplémentaires de la part des auteurs, ainsi que des contributions externes. Ils remercient par exemple des employés de Google/DeepMind, de Microsoft, des chercheurs de l’université de Carnegie-Mellon, des philosophes (Toby Ord et Nick Bostrom), le spécialiste de la nanotechnologie Kim Eric Drexler, etc.

Ce large bilan ne veut pas uniquement alerter des potentiels dangers, mais aussi et surtout ouvrir le débat avec le public, les dirigeants, les chercheurs et les responsables politiques. Ce n’est pas le premier rapport du genre, loin de là.

Pour rappel, au cours des derniers mois, nous nous sommes penchés sur l’épais rapport de la CNIL, les enjeux économiques et cadres légaux soulevés par le Sénat, le rapport européen sur les risques de l’intelligence artificielle, le bilan #FranceIAde France Stratégie et du CNNum, la très longue étude de 275 pages de l’OPECST et les « 23 principes d’Asilomar ».

Une évaluation des craintes pour les prochaines années

Concernant l’impact – surtout négatif dans le cas présent – de l’intelligence artificielle dans le monde, trois axes principaux sont développés dans ce nouveau rapport : numérique, physique et politique.

Après une présentation générale, les chercheurs nous proposent une projection dans le futur de ce que pourraient être des cas pratiques de dérives liées ou aidées par l’intelligence artificielle. Des idées de prévention et d’atténuation des risques sont également mises en avant.

Après une lecture attentive de l’ensemble, voici notre bilan détaillé de ce qu’il faut en retenir.

Notre dossier sur le rapport du Future of Humanity Institute sur l’intelligence artificielle :

Une étude soutenue financièrement par le Future of Life Institute

Avant d’entrer dans le vif du sujet, prenons un peu de temps pour évoquer la provenance de cette étude publiée par le Future of Humanity Institute de l’université d’Oxford. Près d’un tiers des coauteurs sont d’ailleurs rattachés à cette dernière, quatre autres viennent du Centre pour l’étude des risques existentiels et trois de l’association OpenAI.

À elles trois, ces institutions ayant un but assez proche rassemblent donc plus de la moitié des signataires du rapport. Le premier est en effet un institut de recherche interdisciplinaire essayant de répondre aux questions d’ordre général sur l’humanité et son avenir (un vaste sujet), quand le second se penche sur les risques et les menaces liés à la technologie et que le troisième veut une IA bénéfique pour l’humanité.

À la fin du rapport, il est également indiqué que « ce travail a été soutenu en partie par une subvention du Future of Life Institute ». Cette association, basée dans la région de Boston, s’est fixée pour mission de « catalyser et appuyer la recherche et les initiatives visant à sauvegarder la vie et à développer des visions optimistes du futur ». Stephen Hawking et Elon Musk sont parmi les membres fondateurs, deux personnalités connues pour leurs positions bien tranchées sur les risques liés à l’intelligence artificielle.

En février de l’année dernière, le Future of Life Institute organisait d’ailleurs une grande rencontre baptisée Beneficial AI. Il en était ressorti une liste des « 23 principes d’Asilomar » (voir notre analyse) sur les craintes autour du développement de l’intelligence artificielle, signée par plus de 2 500 personnes, dont plus de 1 200 chercheurs. Bref, bon nombre des intervenants ont une vision assez pessimiste du potentiel de l’intelligence artificielle, ce qui se ressent dans le rapport, même s’il essaye de ne pas être trop anxiogène.

Cette étude se penche en effet surtout sur les risques de l’IA, laissant de côté son potentiel et ses avantages. Elle n’en reste pas moins intéressante dans le sens où elle se focalise sur du court terme (les cinq prochaines années au maximum), en essayant de ne pas pousser le bouchon trop loin.

L’intelligence artificielle, une force à double tranchant

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique reviennent en force sur le devant de la scène, notamment grâce aux puissances de calculs dont on dispose désormais pour un coût réduit et à la quantité de données accessibles pour les entrainer.

Si les futures possibilités de l’IA sont régulièrement mises en avant, parfois sous forme fantasmée, c’est plus rarement le cas des plausibles détournements malveillants des algorithmes, du moins selon les chercheurs. Il ne s’agit pas cette fois d’anticiper l’arrivée d’une IA forte (avec une conscience) souhaitant détruire l’humanité, ou de robots tueurs comme dans la dernière saison de Black Mirror, mais de se concentrer « sur les types d’attaques que nous sommes susceptibles de voir bientôt arriver si des défenses adéquates ne sont pas développées ».

Sur le côté obscur du développement de l’IA, les 26 chercheurs anticipent trois axes de développement : une expansion des menaces existantes, l’arrivée de nouveaux risques et une modification du paysage actuel. « Nous croyons qu’il y a des raisons de s’attendre à ce que les attaques permises par l’utilisation croissante de l’IA soient particulièrement efficaces, ciblées, difficiles à attribuer et susceptibles d’exploiter les vulnérabilités des systèmes IA » ajoutent-ils.

Problème, toujours selon l’étude, à l’instar d’un maitre Jedi enseignant la force à un apprenti, un chercheur ne peut deviner à l’avance si ses travaux serviront ou non à renforcer le côté obscur de la force (c’est-à-dire des cyberattaques). Quelques exemples de détournements parmi d’autres : des logiciels de détection (et d’exploitation) de failles, les drones autonomes, les bots de communication, etc.

Quand l’IA dépasse les humains…

Dans certaines situations, l’intelligence artificielle dépasse déjà l’humain (échec et jeux de Go par exemple), mais pas encore dans toutes, loin de là même. Les chercheurs ajoutent qu’il « ne semble y avoir aucune raison valable de penser que les performances humaines actuellement observées sont le plus haut niveau possible, même dans les domaines où les performances maximales ont été stables tout au long de l’histoire récente ». Bref, rien n’est perdu pour l’IA dans tous les domaines où l’Homme occupe pour le moment la première place.

Autre « avantage » des systèmes d’intelligence artificielle : ils « peuvent augmenter l’anonymat et la distance psychologique[...] Par exemple, quelqu’un qui utilise un système d’armes autonome pour effectuer un assassinat, plutôt que d’utiliser une arme de poing, évite à la fois la nécessité d’être présent sur les lieux et le besoin de regarder sa victime ».

Enfin, les travaux de recherche sur l’intelligence artificielle sont souvent librement accessibles à la communauté, facilitant ainsi leur récupération discrète par des personnes malveillantes. Dans le même temps, le coût des systèmes informatiques pour les exploiter baisse grandement au fil des années, permettant donc d’en profiter toujours plus facilement pour des petites organisations ou des particuliers.

Intelligence artificielle

Crédits : t.light/iStock

… et peut même prendre sa parole

Un autre vecteur d’attaque possible grâce à l’intelligence artificielle est l’usurpation de l’identité vocale. « Par exemple, la plupart des gens ne sont pas capables d’imiter les voix des autres de façon réaliste ou de créer manuellement des fichiers audio qui ressemblent à des enregistrements de discours humain ». Nous ne parlons pas ici des sociétés avec d’importants moyens, mais bien d’un internaute lambda ou presque.

Or, les études et les publications se multiplient sur ce point, avec des systèmes (déjà commercialisés) capables d’imiter les humains à partir d’une source audio. Dans la guerre de l’information, ce genre d’outils peut faire des ravages entre de mauvaises mains, permettant de faire dire n’importe quoi à une personne.

On peut également imaginer de faux articles de presse et autres déclarations écrites/vocales reprenant le ton et la présentation des originaux, le tout diffusé sur les réseaux sociaux par exemple.

Numérique, physique, politique : trois domaines à risques dans le futur

L’étude se hasarde à quelques prévisions pratiques. Les chercheurs expliquent qu’ils se basent sur l’état actuel de développement de l’intelligence artificielle, ou sur ce qu’ils estiment possible à court terme (5 ans) afin d’éviter d’entrer dans des suppositions trop hasardeuses.

Ils précisent que certains scénarios se « produisent déjà sous forme limitée aujourd’hui », mais qu’ils pourront être largement renforcés à l’avenir. De plus, de nouveaux vecteurs d’attaques auxquels on n’a pas encore pensé seront également mis sur pied. Il ne s’agit donc ici que d’exemples dans les mondes numérique, physique et politique (nous y reviendrons), pas d’une étude sur l’ensemble des risques possibles et imaginables.

Dans le cas du monde numérique, les chercheurs évoquent un phishing très élaboré et parfaitement ciblé en fonction des centres d’intérêt et de la position géographique d’une personne, afin de l’envoyer sur une page dédiée pour la piéger le plus discrètement possible. Une intelligence artificielle peut également traduire dans de nombreuses langues les emails destinés à hameçonner les internautes, facilitant le travail des pirates.

Si le résultat n’est pas encore parfait aujourd’hui (il est souvent très facile d’identifier les tentatives de phishing), il s’améliore grandement au fil des années et cela ne devrait pas se calmer. Est aussi évoqué le cas d’un malware extrêmement virulent cherchant à infecter un maximum de machines à l’aide d’une base de données de vulnérabilités régulièrement et automatiquement mise à jour.

Dans le cas des risques dans le monde physique, l’étude met en avant le cas d’un robot ménager détourné de ses fonctions pour identifier et tenter de tuer une personne. Placé dans le parking souterrain d’un ministère, il attend le passage d’autres robots de la même marque pour se mélanger discrètement à la cohorte.

Une fois fondu dans la masse, il réalise les mêmes tâches que ses petits camarades jusqu’au moment où la « cible » (un ministre dans le cas présent) est identifiée via un logiciel de reconnaissance visuelle, des solutions facilement accessibles sur Internet. Le robot s’approche alors de la personne et explose pour tenter de la tuer.

Des fake news aux algorithmes prédictifs

Dans le monde de la politique, les « fakes news » et autres bots sur les réseaux sociaux pourraient prendre une tout autre ampleur avec l’intelligence artificielle, mais ce n’est pas le seul risque. Voici un autre exemple : une personne lassée d’entendre parler de cyberattaques, de drones et de corruptions dans le monde consulte des articles sur Internet, certains étant des fake news abondant dans son sens. Elle laisse des commentaires sur différents sites pour faire-part de son mécontentement et lance un appel public à la protestation.

Elle passe quelques commandes sur Internet, dont des fumigènes pour terminer avec « panache » son discours. Le lendemain, à son travail, la police arrive : « notre système prédictif de perturbation civile vous a signalé comme une menace potentielle ». « C’est ridicule, proteste la personne. Vous ne pouvez pas discuter avec 99,9 % de précision, surenchérissent les forces de l’ordre. Maintenant, venez, je ne voudrais pas utiliser la force ».

Un Précrime sans précogs, mais avec des algorithmes.

ia cerveau machine learning

Crédits : Henrik5000/iStock

Et ce n’est que le début…

Il ne s’agit ici que de quelques exemples anticipant ce que l’intelligence artificielle pourrait devenir si elle continue à se développer de cette manière. Bien évidemment, rien ne dit que cela arrivera sous cette forme, mais c’est une possibilité.

« Si ces tendances se poursuivent au cours des cinq prochaines années, nous nous attendons à ce que la capacité des attaquants à causer des dommages avec les systèmes numériques et robotiques augmente considérablement », note le rapport. Il faut également ajouter « de nouveaux développements, y compris des technologiques sans lien avec l’IA, qui pourraient finalement avoir plus d’impact que les capacités considérées dans ce rapport ».

Dans tous les cas, ce rapport veut « sensibiliser le public aux enjeux et à leur importance, et établir un premier programme de recherche » (nous y reviendrons). Les étapes suivantes nécessiteront « un engagement de la part de personnes et d’organisations ayant une expertise pertinente. Des ressources monétaires supplémentaires, publiques et privées, contribueraient également à susciter l’intérêt et à attirer l’attention des communautés de recherche concernées ».

Néanmoins, « toute prévision fiable à long terme est impossible à faire, car des incertitudes importantes demeurent concernant les progrès des diverses technologies, les stratégies adoptées par les acteurs malveillants et les mesures qui devraient et seront prises par les principales parties prenantes ».

Rappelons enfin que bon nombre des coauteurs et la Fondation of Life Institute ayant participé au financement de cette étude sont plutôt inquiets vis-à-vis du développement de l’intelligence artificielle. Leur position n’est donc pas surprenante, mais elle reste intéressante à analyser puisqu’elle soulève un débat.

 

 

Intelligence artificielle: attention danger, même Bill Gates a peur!

Par Raphaële Karayan,publié le 02/02/2015 à 17:55 , mis à jour à 18:14

TERMINATOR 2 de James Cameron.
TERMINATOR 2 de James Cameron.Prod DB © Carolco Pictures / DR

Les progrès de l’intelligence artificielle menacent la survie de l’espèce. Et ce n’est pas madame Michu mais Bill Gates, Stephen Hawking et Elon Musk qui le disent. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls dans la communauté scientifique.

Quel est le point commun entre Stephen Hawking, Bill Gates et Elon Musk ? Le scientifique, le co-fondateur de Microsoft, et celui de Tesla et SpaceX pensent que l’intelligence artificielle constitue une menace pour l’humanité. Bill Gates est le dernier des trois à avoir pris position sur le sujet, la semaine dernière, au détour d’une session de questions-réponses sur Reddit.

« Je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas inquiets »

 

Bill Gates
Bill GatesREUTERS/Gus Ruelas

« Je suis de ceux qui s’inquiètent de la super-intelligence. Dans un premier temps, les machines accompliront de nombreuses tâches à notre place et ne seront pas super-intelligentes. Cela devrait être positif si nous gérons ça bien. Plusieurs décennies plus tard cependant, l’intelligence sera suffisamment puissante pour poser des problèmes. Je suis d’accord avec Elon Musk et d’autres, et je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas inquiets », a déclaré Bill Gates.

Elon Musk joue depuis quelques temps le rôle du Cassandre de l’intelligence artificielle. « Je pense que nous devrions être très prudents. Si je devais deviner ce qui représente la plus grande menace pour notre existence, je dirais probablement l’intelligence artificielle. Je suis de plus en plus enclin à penser qu’il devrait y avoir une régulation, à un niveau national ou international, simplement pour être sûr que nous ne sommes pas en train de faire quelque chose de stupide. Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons un démon. » L’entrepreneur, adepte des projets futuristes dont la faisabilité n’est pas toujours aussi réaliste que celle de ses voitures électriques, passe parfois pour un doux dingue. Mais il n’est pas le seul à tirer la sonnette d’alarme.

 

Stephen Hawking
Stephen HawkingAFP

Le célèbre physicien Stephen Hawking, à qui l’on doit des avancées théoriques significatives dans le domaine des trous noirs et de la création de l’univers, se montre lui aussi pessimiste. « Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l’histoire de l’homme. Mais ce pourrait aussi être le dernier« , prévient-il. Ou encore : « L’impact à court terme de l’intelligence artificielle dépend de qui la contrôle. Et, à long terme, de savoir si elle peut être tout simplement contrôlée ».

Impossible d’anticiper l’ensemble des effets pervers

Pourquoi tant de méfiance à l’égard de nos futurs systèmes informatiques ? L’avenir qu’ils nous réservent serait-il forcément à l’image des dystopies imaginées par la science-fiction ? En réalité, certains sont capables de démontrer par A+B pourquoi le développement de l’intelligence artificielle constitue un danger potentiel. Bien sûr, il y a la cyberguerre, le piratage, ou encore la probabilité que quelqu’un conçoive une intelligence informatique délibérément malfaisante. Mais le plus préoccupant, ce n’est pas cela. C’est la possibilité que la machine se retourne contre l’homme, non parce qu’elle aurait acquis comme par magie une conscience maléfique, mais parce que les capacités de calcul limité des programmeurs ne peuvent pas éviter l’apparition d’effets pervers.

On pourrait se dire qu’après tout, c’est l’homme qui programme la machine, et que par conséquent, il suffit de ne pas lui donner d’instructions lui permettant de se retourner contre son concepteur. Sauf que « les programmeurs peuvent échouer à anticiper l’ensemble des façons possibles d’atteindre le but qu’ils fixent à la machine, met en garde Nick Bostrom, directeur de l’Institut du Futur de l’Humanité, qui dépend de l’Université d’Oxford. Ceci en raison de biais et de filtres innés et acquis. Une super-intelligence artificielle dépourvue de ces biais, pourrait employer des moyens, logiques mais pervers et dangereux pour l’homme, d’atteindre ce but ».

Exemple un peu simpliste : un robot à qui l’on aurait assigné la tâche de « faire sourire les gens », et qui, au lieu de raconter des histoires drôles, entreprendrait de leur paralyser les muscles du visage, parce que personne n’aurait songé à lui interdire de le faire. Simple question d’interprétation… Un peu comme si on éditait un manuel pour les machines intitulé « Comment servir l’homme », et qu’elles finissent par en faire un livre de cuisine, pour faire référence à un épisode génial de La Quatrième Dimension.

Dangereux parce que « complètement con »?

Ce genre de bug est inévitable, selon Gérard Berry, informaticien et professeur au Collège de France, qui vient de recevoir la médaille d’or 2014 du CNRS. Dans une interview à Rue89, il explique : « L’homme est incomplet, incapable d’examiner les conséquences de ce qu’il fait. L’ordinateur, au contraire, va implémenter toutes les conséquences de ce qui est écrit. Si jamais, dans la chaîne de conséquences, il y a quelque chose qui ne devrait pas y être, l’homme ne s’en rendra pas compte, et l’ordinateur va foncer dedans. C’est ça le bug. Un homme n’est pas capable de tirer les conséquences de ses actes à l’échelle de milliards d’instructions. Or c’est ça que va faire le programme, il va exécuter des milliards d’instructions. »

En d’autres termes, l’ordinateur n’est pas dangereux par supplément de conscience, mais parce qu’il est « complètement con », dixit Gérard Berry.

10 millions de dollars pour la sécurité de l’IA

Face à ces dangers, la communauté scientifique ne reste pas les bras ballants et se mobilise. A la suite d’une conférence internationale organisée par l’Institut du Futur de l’Humanité, le 2 janvier, l’Institut a publié une lettre ouverte pour inciter le monde de la recherche à ne pas se concentrer uniquement sur le développement des capacités de l’intelligence artificielle, mais aussi sur ses bénéfices pour la société et la constitution de garde-fous.

Elon Musk, qui assistait à cette conférence, a adoré l’idée. Il a decidé de mettre la main à la poche. Il financera à hauteur de 10 millions de dollars un fond de recherchedédié à la sécurité des futures avancées de l’intelligence artificielle.

 

 

 

15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

Fortnite addiction !

Les ados malades de « Fortnite »

Paris Match | Publié le 14/04/2019 à 05h00

ompétition de sport numérique Le 19 janvier, 296 participants de 12 ans et plus se sont donné rendez-vous à Colmar pour le clic qui tue. Certains sont venus avec leur maman, d’autres avec leur coach. Les vainqueurs recevront des milliers d’euros de prime.
ompétition de sport numérique Le 19 janvier, 296 participants de 12 ans et plus se sont donné rendez-vous à Colmar pour le clic qui tue. Certains sont venus avec leur maman, d’autres avec leur coach. Les vainqueurs recevront des milliers d’euros de prime. Alvaro Canovas/Paris Match
C’est un jeu vidéo de combat qui a rendu accro toute une génération. Depuis l’été 2017, la folie « Fortnite » a déferlé sur la planète : 200 millions de jeunes gamers en ont perdu le sommeil, tous obsédés par leur désir d’être l’unique survivant sur une île déserte. Une addiction qui touche les élèves dès l’école primaire pour son côté fun et déjanté. Les champions rêvent d’une carrière et de fortune. Mais le vrai vainqueur reste l’américain Epic Games : en 2018, ses bénéfices se sont montés à 3 milliards de dollars.

Casque audio sur le crâne, micro en place, regard planté dans l’écran, Jarod, 13 ans, n’a pas quitté sa chambre depuis six heures. Il est plongé dans une bulle virtuelle, opaque aux novices. On est dimanche, il a la permission du week-end. Depuis le lancement de « Fortnite Battle Royale », l’adolescent a cumulé cinquante jours de jeu. « Je me suis pris… au jeu ! » plaisante-t-il. Il sourit, il a le regard doux. Personne ne devinera qu’il vient d’assassiner ses ennemis à coups de fusil à pompe. La guerre qu’il livre est une guerre de Bisounours. Ni violence ni giclées sanguinolentes. On se massacre avec amabilité, dans un décor bariolé où se planquent des lamas. C’est féerique, c’est joyeux… et à mille lieues des scénarios sombres, réalistes et ultra-violents des précédents « Call of Duty » ou « World of Warcraft ». A la mode « Fortnite », lorsqu’un ennemi trépasse, le vainqueur se trémousse sur des danses loufoques, singées des cours de récréation aux plus glorieux des terrains de football. Qui n’a jamais entendu parler du Floss, de la Fièvre disco ou encore du Tagada Hue ? Antoine Griezmann, par exemple, a fait du déjanté « T’as perdu » sa signature. Sur les terrains, ses mimiques et celles d’Umtiti, c’est du « Fortnite ».

200 millions de personnes atteintes par la folie « Fortnite »

Deux cents millions de personnes – tous âges, milieux et sexes confondus – ont été atteintes par la folie « Fortnite », soit presque autant que d’habitants au Brésil. Rien qu’en Europe, ce sont 3 millions d’adeptes qui se connectent chaque soir. « Fortnite » écrase ses rivaux, agrippe les foules jusqu’à devenir phénomène culturel et fait de société. Le principe, classique mais efficace, est compréhensible par tous : « Cent joueurs parachutés sur une île déserte doivent s’éliminer. Le survivant gagne », nous explique Charlie, membre fondateur de FFR Community, l’une des plus larges communautés francophones d’aficionados.

ADVERTISING
Ouverture dans 0
Les danses de « Fortnite » sont les nouvelles stars du cinéma, des terrains de football et des cours de récréation.
Les danses de « Fortnite » sont les nouvelles stars du cinéma, des terrains de football et des cours de récréation. © Getty Images
DAB

Catherine, 20 ans, esthéticienne de formation, au chômage, combat tous les jours avec son compagnon, passé joueur professionnel, dans le but de participer, un jour, à des tournois opposant les meilleurs, avec des récompenses financières très généreuses. Ils jouent entre six et sept heures par nuit, parfois jusqu’à l’aube. C’est lorsque tout le monde dort – entre 23 heures et 5 heures – que les meilleurs se connectent. Avec un pic à 3 heures du matin. Au réveil, à 8 heures, c’est « le round des Bambis qui se font laver par les Jedi ». Traduction : « le moment où les nuls se font démolir par les combattants aguerris ». Pour rien au monde Catherine ne voudrait être une Bambi. Elle « streame », c’est-à-dire se filme en direct pendant ses sessions. Jusqu’à 1 500 personnes suivent ses aventures nocturnes et virtuelles.

Plus vite on mange, plus vite on joue. Quitte à sauter des repas

« Lorsque je suis dedans, confie-t-elle, je ne vois pas le temps passer. » Elle aussi, elle s’est « laissé prendre », enchaînant des parties qui durent chacune jusqu’à une vingtaine de minutes. « On ne s’en lasse pas, c’est impressionnant ! » Avec « Pokemon Go », la chasse au Pokemon lancée en plein air, le geek avait retrouvé des couleurs et pouvait rêver d’une silhouette de marcheur, délestée des kilos qui vont avec les chips et les burgers. Avec « Fortnite », retour aux basiques : teint blafard, yeux rougis, regard brumeux. La malbouffe s’impose : « On a la flemme de cuisiner, explique Catherine. Plus vite on mange, plus vite on joue. Quitte à sauter des repas. » Ben, un étudiant, ne compte plus ses heures. Il a installé son écran sur son lit. « Pour moi, c’est un moyen de retrouver mes potes, de discuter, de rire. C’est un divertissement. Mais très prenant. » Il avoue : « J’y perds quelques heures de sommeil et de révisions. » L’addiction induit le désir de ne jamais s’arrêter. « Près de 30 % des adeptes joueraient trois heures par jour. C’est assez complexe et, si l’on ne pratique pas souvent, on perd les réflexes », affirme un spécialiste. Les mécanismes de captation sont bien huilés, à grand renfort de mises à jour hebdomadaires, d’événements internationaux extravagants. Ainsi, la nuit du 31 décembre, l’année 2019 a été célébrée selon les fuseaux horaires. C’est-à-dire que, à chaque heure, un feu d’artifice géant explosait dans le décor.

Si tous les jeunes ne sont pas addicts, beaucoup sont « accrochés »

« “Fortnite” crée des émotions très fortes et des moments de sport compétitifs et puissants, s’extasie un fan. Il y a une mécanique de compétition et un sentiment de domination féroce. Ce qui fait sans doute sa profondeur, sa richesse et son triomphe. » Celia Hodent acquiesce. Derrière cette Française, docteur en psychologie et spécialiste de la psychologie cognitive, se cache un des secrets de la réussite du phénomène. Pendant quatre ans, cette ancienne d’Ubisoft a été directrice de l’Expérience utilisateur au sein d’Epic Games. Pour fidéliser les « fortniteurs », et grâce à l’analyse des millions de données enregistrées à chacune de leurs connexions, elle s’assurait qu’ils étaient à l’aise et satisfaits. Donc, qu’ils lui seraient fidèles. « Le jeu fait appel à trois qualités importantes : la compétence, car on peut y progresser, l’autonomie, car les joueurs ont la possibilité de prendre des options, de s’exprimer, d’interagir, et le relationnel, car ils communiquent entre eux. » Grâce à quoi « Fortnite » a pris cette dimension sociale qui commence dès le primaire, voire à la maternelle. « Avant, pour exister à l’école, il fallait des vêtements de marque, analyse “Yelox”, 26 ans, administrateur de Fortnite France, une importante communauté de fans. Désormais, ce sont les scores qui créent ou soignent la popularité des gosses. » Et si tous ne sont pas addicts, beaucoup sont « accrochés ».

Pour que ses avatars soient « stylés », Eliott, 13 ans, achète tenues et gadgets, une façon de faire la différence dans la cour de récré. En un an, la facture s’élève à 240 euros.
Pour que ses avatars soient « stylés », Eliott, 13 ans, achète tenues et gadgets, une façon de faire la différence dans la cour de récré. En un an, la facture s’élève à 240 euros. © Alvaro Canovas/Getty Images

Le site « Wasted on Fortnite » comptabilise pour chaque personne enregistrée les heures connectées. Le premier du podium l’emporte avec un palmarès terrifiant : au cours de 47 000 parties et plus de deux cent cinquante jours de jeu, il a pu faire 40 000 victimes ! Dans le même temps, il aurait pu lire quelque 1 005 livres, regarder 3 481 films, parcourir 24 000 kilomètres ! Des résultats qui n’étonnent ni n’effraient personne dans cette génération branchée en continu sur les réseaux sociaux. Même si certains acceptent de se laisser « protéger » contre les ravages de cette nouvelle addiction. Comme Eliott, 13 ans, à qui sa mère, Corinne, très vigilante, interdit « Fortnite » en dehors des mercredis et des samedis. Pour les autres, danger : plus de foot, plus de déjeuners en famille ni de sorties. Les parents sont désemparés pour les uns, en colère pour les autres. Pas seulement parce que leur enfant « perdrait » son temps, mais aussi parce qu’ils ont été délestés de dizaines d’euros… Car il y a une astuce commerciale qui se cache derrière la gratuité de « Fortnite » : l’accessoire qui permet de frimer dans les cours de récré… Une partie de ces gadgets qui, par définition, ne servent à rien dans la logique du jeu : danses, skins (tenues) et pass de combats (des sésames qui offrent des récompenses), qui permettent au joueur de « faire le show et être swagué » (avoir du style). Plus de la moitié des joueurs en achètent. Ils valent entre 9,99 euros et 99,99 euros. Et l’addition peut être salée.

Ancien chaudronnier, Gregory, 21 ans, a rencontré Catherine, 20 ans, sur une plateforme de téléchargement de jeux vidéo. Ils filment leurs parties et engrangent des vues sur YouTube… et des euros.
Ancien chaudronnier, Gregory, 21 ans, a rencontré Catherine, 20 ans, sur une plateforme de téléchargement de jeux vidéo. Ils filment leurs parties et engrangent des vues sur YouTube… et des euros. © Alvaro Canovas/Paris Match

Catherine confie avoir dépensé 1 000 euros ; Jarod, 120 euros ; Eliott, 240 euros ; un autre, 3 000 euros… Pour le studio américain Epic Games, le business est juteux. A ces revenus s’ajoutent ceux des publicités, des shows payants internationaux, des produits dérivés… Et le chiffre d’affaires explose. « Fortnite » est le roi des jeux, le plus rentable en 2018. Les profits ont atteint 3 milliards de dollars. Un record ! Et un argument convaincant pour faire plier des partenaires encore réfractaires, Sony entre autres : « Fortnite » est donc, désormais, seul à être disponible sur (presque) toutes les plateformes PC ou Mac, consoles de salon et consoles portables, et tous les téléphones mobiles sous iOS et Android. Ce qui permet de se confronter, quel que soit le support, avec des adversaires du monde entier. Malin.

Ce samedi 19 janvier, 296 joueurs sont réunis à Colmar, dans le Grand Est, à l’occasion du Colmar Esport Show, littéralement, le « sport électronique ». Deux jours durant, et sous le regard admiratif de grappes d’ados, 74 équipes s’affrontent pour quelques milliers d’euros. Les places se sont vendues en vingt-cinq secondes… Pas d’âge requis pour les compétiteurs professionnels. Certains sont des gamins de 12 ans. Les meilleurs, accompagnés de leur entraîneur « stratégie » et de leur coach « mental », pratiquent jusqu’à trente heures par semaine, qui s’ajoutent à leurs emplois du temps scolaires. Le jeu n’est plus un divertissement mais un plan de carrière. Qui peut être très rentable. « Ninja », la star de la discipline, est un Américain de 27 ans. L’an dernier, il a dévoilé son salaire mensuel : 500 000 dollars, soit 10 millions par an ! Et Epic Games vient encore de remettre en jeu 100 millions de dollars de récompenses dans son circuit e-sport. « Fortnite » a de l’avenir !

Lire aussi.Le champion du monde de Fortnite va recevoir 3 millions de dollars

« Tout le reste disparaît au profit du jeu »

Elizabeth Rossé, psychologue

Interview Juliette Pelerin

Paris Match. Jouer aux jeux vidéo est-il mauvais pour la santé ?
Elizabeth Rossé. Il y a des avantages et des inconvénients. Cela développe des compétences. Le cerveau est stimulé, le joueur est mis en situation. C’est utile pour apprendre à piloter des avions. Mais, si vous vous adonnez aux jeux vidéo à outrance, vous risquez de ne plus bouger de votre chaise. Et c’est un -problème. Les écrans sont devenus un outil de divertissement, de travail et de communication. Quand on en a un usage excessif, on perd la notion du temps, on se transpose dans un autre univers de super-héros. Certains joueurs ont des problèmes alimentaires : soit ils grossissent, soit ils maigrissent. La sexualité étant un enjeu corporel de l’adolescence, eh bien, si vous avez un corps que vous -laissez toute la journée derrière un ordinateur, que vous ne l’investissez pas et que vous ne rencontrez pas d’autres corps, vous ne saurez pas vous en servir.

Comment détecter les signes d’une addiction ?
Le premier signe d’une addiction aux jeux vidéo, c’est le fait qu’on ne fasse plus que ça. Les autres activités diminuent, voire disparaissent au profit de celle-là. La famille intervient aussi : les parents ont un rôle énorme dans cette histoire. L’addiction entraîne des conflits avec les autres, mais aussi avec soi-même. La personne essaie de réguler son investissement dans cette activité et elle n’y parvient pas, cela induit une souffrance. On ne se voit pas basculer dans la dépendance parce que, au départ, quand on s’investit dans un jeu vidéo, ce n’est pas pour y passer douze heures par jour mais pour découvrir un monde. Dans notre centre de désintoxication, l’addiction aux jeux vidéo ne touche que les hommes, des jeunes comme des pères de famille, et représente 50 personnes sur 2 000 patients par an. La majorité des personnes qui consultent sont accros aux drogues (héroïne, cocaïne, opiacés), aux jeux de hasard et d’argent, mais aussi aux problématiques liées au visionnage de sites pornographiques.

Ce qui est addictif, c’est la dynamique du perdu-gagné

Pourquoi devient-on accro aux jeux vidéo ?
Il y a deux grandes familles de jeux. D’un côté, les jeux immersifs. Ce sont des jeux de rôle, il faut développer un personnage, le rendre plus puissant, l’allier avec d’autres, le tout dans un environnement sans fin. L’aspect collectif est très important. De l’autre côté, les jeux compétitifs. Ce qui est addictif, c’est la dynamique du perdu-gagné. A la fin d’une partie qui dure quarante minutes, le joueur pourrait s’arrêter, mais il y en a toujours un dans l’équipe qui va dire : “Allez, on a gagné, on continue” ou “Allez, on a perdu, on se refait”. Lorsque les joueurs remettent en question leur activité, ce qui va faire frein, ce sont les autres. Ils sont parfois engagés dans un groupe de copains depuis plusieurs années. Si l’un abandonne, il va culpabiliser. Les jeux vidéo sont pensés comme des yaourts : qu’est-ce qui plaît aux consommateurs ? L’objectif est de frustrer le joueur. On sait exactement à partir de quand il va dépenser de l’argent dans le jeu. Des psychologues pilotent ces entreprises pour piéger les joueurs.

Lire aussi.L’addiction aux jeux vidéo reconnue comme maladie par l’OMS

L’addiction aux jeux vidéo a été officiellement reconnue comme maladie par l’OMS. Bonne ou mauvaise chose ?
Au bout de quinze ans, cette addiction aux jeux vidéo a été reconnue mondialement. Elle est massive et envahissante dans les pays asiatiques. Le jeu, chez eux, c’est un peu comme l’alcool chez nous. En France, les gens sont plutôt dans une situation d’abus. Maintenant, on va pouvoir responsabiliser ces hyper–industries, imposer un système de régulation, comme, par exemple, afficher sur l’écran le temps passé par le joueur pour qu’il en prenne conscience. Ou encore imaginer un système où, quand vous dépassez votre limite, vous perdez plus que vous ne gagnez. Les jeux vidéo, ce sont des pixels, du virtuel. Quand on est addict, ce qu’on veut, c’est quitter la réalité.

14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

(47-9) lou-usap

Photo d'illustration - LyonMag.com

Six essais contre l’USAP et le LOU consolide sa 3e place (47-9)

Photo d’illustration – LyonMag.com

3e succès de rang pour les Lyonnais qui se rapprochent d’un barrage à domicile.

 

 

Face à des Perpignanais loin du niveau affiché en Top 14, le LOU a déroulé. Ce samedi, Lyon s’est imposé, avec la manière et le point de bonus offensif, face à l’Union Sportive Arlequins Perpignanais (47-9).

 

En première période, le LOU a rapidement pris le large au score avec trois pénalités (Wisniewski, 4e, 11e, 21e), puis avec des essais de Furie (16e) puis Ivaldi (24e). Après 25 minutes de jeu, le LOU mène 21 à 0. Le buteur perpignanais, grâce à 3 pénalités, offre 9 points à ses partenaires. 21-9, c’est le score à la mi-temps.

 

Au retour des vestiaires, le LOU achève des visiteurs débordés. Nakaitaci (43e), Fearns (60e), Lacombe (62e) et enfin Arnold (67e), accompagné de trois transformations par Wisniewski, porte le score à 47-9. Lyon s’est amusé, Perpignan, encore une fois cette saison, a dégusté.

 

Ce succès bonifié redonne la 3e place au LOU, qui compte trois points d’avance sur Castres, en attendant le match du Racing (5e) qui reçoit Montpellier (9e). L’USAP, bon dernier, n’a plus grand-chose à jouer et devrait, en toute vraisemblance, être mathématiquement relégué lors de la prochaine journée. Une prochaine journée qui se déroulera les 27 et 28 avril prochain. Lyon se déplacera à Agen (12e), le samedi, à 18h45.

14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

La 1ère chaufferie biomasse urbaine inaugurée à Lyon

La 1ère chaufferie biomasse urbaine inaugurée à Lyon

Par  le 12 avril 2019

Gérard Collomb et David Kimelfeld ont inauguré dans le quartier de Gerland la chaufferie bois de Surville, première chaufferie biomasse urbaine de France.

David Kimelfeld et Gérard Collomb ont inauguré jeudi à Lyon, rue Saint-Jean-de-Dieu dans le 7ème arrondissement, la chaufferie bois de Surville, première chaufferie biomasse urbaine de France. Etaient également présents plusieurs vice-présidents de la Métropole, comme Roland Crimier et Gérard Claisse, mais aussi Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, maison-mère de Dalkia. Grâce à la mise en service de la chaufferie biomasse de Surville et à une meilleure valorisation de l’énergie issue du traitement des ordures ménagères de l’usine de Gerland, le réseau de chaleur Centre Métropole sera alimenté à 65% par des énergies renouvelables et de récupération.

Le réseau alimente l’équivalent de 45.000 logements

Ce réseau alimente actuellement l’équivalent de 45.000 logements en chauffage collectif et en eau chaude. « Il sera triplé à l’horizon 2027 pour accompagner le développement de l’agglomération à l’Est, en desservant l’équivalent de 130.000 logements. L’enjeu de la chaufferie de Surville – recours au bois énergie- répond aux défis de la transition énergétique », indique la Ville de Lyon.

Pour Gérard Collomb, maire de Lyon, « la création à Lyon de la plus grande chaufferie urbaine biomasse de France est une immense fierté. Elle est le fruit d’une réflexion que nous portons depuis plusieurs années sur la question fondamentale de la transition énergétique. Les avantages de la chaufferie de Surville sont écologiques, avec une multiplication par trois de notre réseau de chaleur et un approvisionnement en énergies renouvelables et de récupération. Ils sont aussi économiques, car la filière biomasse crée des emplois, et sociaux puisque ce nouvel équipement offrira aux usagers un moindre coût du Kilowatt- heure. Avec cette réalisation, Lyon réaffirme sa capacité à s’inscrire dans un développement durable, respectueux des grands équilibres sociaux et environnementaux. »

 

La chaufferie de Surville inaugurée le 11 avril à Lyon par Dalkia brûlera 75 000 tonnes de bois par an, venant aux trois quarts de l’exploitation forestière.

 

 

La plus importante chaufferie bois de France a été inaugurée ce jeudi matin dans le quartier de Gerland à Lyon par Dalkia. L’investissement  de 42 millions d’euros a été soutenu par l’Ademe. Il permet au réseau de chaleur de la Métropole de Lyon d’atteindre 65 % d’énergies renouvelables.

La chaufferie bois inaugurée ce jeudi matin est un évènement national. L’équipement édifié en dix-huit mois dans le quartier de Gerland au sud de la commune de Lyon est la plus importante chaufferie biomasse de France. Elle consommera chaque année 75 000 tonnes de bois, pour les trois quarts des plaquettes forestières achetées à des exploitants forestiers dans un rayon (routier) de moins de 90 kilomètres.

 

 


14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

80 % des légumes cultivés il y a 50 ans ont aujourd’hui disparu.

Les fruits et légumes de demain pousseront à Lyon

>Économie|Catherine Lagrange, correspondante à Lyon (Rhône)|13 avril 2019, 12h28|0
80 % des légumes cultivés il y a 50 ans ont aujourd’hui disparu. 8052447_4daeef30-5dcd-11e9-a3ba-b8725bb86f82-1_1000x625
Les jardins du Centre de recherche botanique appliqué, qui va gérer la ferme Melchior de Charly. Métropole de Lyon/Laurence Danière

Le plus grand conservatoire botanique du monde Vavilov sort pour la première fois de Russie pour ouvrir une antenne lyonnaise.

À Charly (Rhône), à une vingtaine de kilomètres de Lyon (Rhône), la ferme Melchior est un ancien domaine agricole de plusieurs hectares. Après plusieurs décennies de sommeil, il s’apprête à reprendre vie grâce au projet Vavilov, du nom de l’Institut botanique de Saint-Pétersbourg, le plus ancien et vaste conservatoire botanique au monde. 325 000 variétés de végétaux et de semences du monde entier y sont conservées depuis un siècle. Un véritable sanctuaire, quand on sait que sous l’effet de l’industrialisation, 80 % des légumes cultivés il y a 50 ans ont aujourd’hui disparu.

 L’Institut Vavilov a choisi Lyon pour ouvrir sa première antenne à l’étranger, « parce que Lyon a été, au XIXe et au début du XXe siècle, le plus grand centre mondial de création de variétés de fruits, légumes et fleurs grâce à sa position géographique à la confluence de trois climats », explique Bruno Charles, vice-président (EELV) de la Métropole chargé du développement durable et de la biodiversité, à l’origine du projet. Un millier d’arbres fruitiers vont y être cultivés, mais aussi une centaine de variétés de légumes, céréales, herbes aromatiques dont certaines ont près de cinq siècles.

 

Inaugurée jeudi soir, l’antenne lyonnaise de Vavilov devra trouver des réponses aux changements climatiques, détecter les variétés de fruits, légumes, céréales, légumineuses qui vont résister à la sécheresse, aux inondations, aux nouvelles maladies… « On a découvert 350 variétés lyonnaises dans le fond Vavilov de Saint-Pétersbourg, dont la plupart ont disparu ici », se réjouit encore Bruno Charles. Ces espèces lyonnaises qui vont donc reprendre vie à la ferme Melchior, sont déjà cultivées depuis peu par des maraîchers de la région, et même vendus dans des paniers d’Amap.

Une ferme ouverte au public

Si le nombre de variétés de fruits et légumes s’appauvrit sous l’effet de l’agriculture intensive et de l’intervention des géants mondiaux des semences, leur qualité s’affaiblit aussi. Ils ont considérablement perdu en nutriments. Une pomme des années 50 contenait par exemple 100 fois plus de vitamines que les variétés actuelles. « Retrouver les variétés anciennes permettra de trouver des aliments plus énergétiques pour compenser la baisse de la consommation de viande », plaide encore l’écologiste.

Et puis une série de jardins Vavilov vont progressivement ouvrir en France, connectés entre eux, permettant de partager et de diffuser les travaux de l’Institut. La ferme Melchior sera également ouverte au public avec une mission pédagogique, à destination des scolaires, des jardiniers invités à se lancer dans la reproduction de variétés. Les graines seront distribuées gratuitement avec une formation spécifique permettant de les utiliser au mieux. Les bénéficiaires devront donner en échange, l’année suivante, des graines de leur propre récolte.

14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

Cet additif alimentaire diminue nos défenses immunitaires contre la grippe !

Une récente étude américaine a conclu qu’un additif alimentaire a été identifié comme agissant négativement sur les défenses naturelles humaines contre le virus de la grippe. Et pourtant, il s’agit à l’origine d’une substance anodine par exemple utilisée dans les huiles de cuisson, destinée à stabiliser le gras.

Quel est cet additif ?

Dans leur communiqué publié le 7 avril 2019 par l’Université d’État du Michigan (MSU), les chercheurs ont évoqué le Butylhydroquinone tertiaire ou BHQT, connu généralement sous l’appellation E319. L’agence européenne des produits chimiques (ECHA) indique que le BHQT est très toxique pour la vie aquatique, nocif par ingestion, gravement irritant pour les yeux, nocif pour la peau et pouvant provoquer une réaction cutanée allergique.

Or, ce même additif E319 est présent dans divers aliments tels que les céréales du petit déjeuner, les nouilles instantanées, les préparations pour gâteaux, les viandes surgelées ou encore les frites servies dans les restaurants de fast-food.

Crédits : Pixnio

Une conclusion préoccupante

Dans leurs récentes recherches, les scientifiques de la MSU ont établi que le BHQT affaiblissait notre réponse immunitaire au virus de la grippe. L’étude a mis en évidence – par le biais de tests pratiqués sur des souris – le fait qu’un régime alimentaire riche en BHQT annihilait la fonction des cellules T auxiliaires et des cellules T tueuses. Ainsi, les symptômes grippaux peuvent s’intensifier dans ce genre de cas.

Ce n’est pas tout, puisque les chercheurs ont indiqué que la production de certaines protéines telles que CTLA-4 et IL-10 est boostée par la présence de BHQT dans l’organisme. Or, ces protéines sont connues pour affaiblir le système immunitaire. Il s’agit néanmoins ici d’une hypothèse nécessitant des recherches plus approfondies.

Quoi qu’il en soit, les tests pratiqués sur les cobayes ont permis d’affirmer que l’additif réduisait la mémoire du système immunitaire. En effet, les souris affectées par la grippe et soumises à un régime à base de BHQT ont été malades plus longtemps. Cette observation questionne logiquement, car il se pourrait que l’additif soit capable de faire baisser l’efficacité de la vaccination contre le virus de la grippe !

Source

L'amour toujours l... |
Maviedefille12 |
Meryemdogan |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Astuces 01
| Envacancesenfamille
| Culture Sud